CHAPITRE Mil
TROUBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE (Suite) INCRUSTATIONS. DÉPÔTS. CONCRÉTIONS
Dans cette catégorie rentrent tous les processus atrophiques de l’organisme dus à l'in /titration , à i incrustation des éléments des tissus pur des particules plus ou moins denses et pur des sels insolubles. L’infiltration, comme nous l’avons signalé déjà, joue un rôle important dans l'origine de certaines dégénérescences, surtout dans les atrophies pigmentaires. Toutefois, dans les lésions dégénératives, la modification phvsioo-ohimique de la cellule est le résultat de l'activité moléculaire du protoplasme lui-mème, tandis que, dans les dépôts calcaires, il y a pénétration dans la substance cellulaire et dans le tissu de corps étrangers venus du dehors, ou encore précipitation entre les molécules d’allmmine de sels insolubles qui, à l’état normal, restent en dissolution dans les sucs du tissu ou en combinaison avec le protoplasme lui-mème. Les substances solides qui iularcissent les cellules et les libres reconnaissent une double origine : elles peuvent se former dans l’organisme même, aux dépens des sucs cellulaires soumis à une modification quelconque de leur composition chimique, ou bien pénétrer du dehors par les voies digestives ou pulmonaires. Nous étudierons séparément les dépôts endogènes et les dépôts exogènes.
Dépôts endogènes.
L'infiltration par des sels insolubles et des corps d’origine endogène s'exerce dans les cellules, dans les fentes et dans les cavités des tissus. Elle se rattache à la précipitation des sels calcaires , de la cholestérine , du pigment biliaire , des tirâtes. Plus rarement se dépose V acide oxalique , formé en quantité surabondante. Lorsque tics régions entières sont inlareies de cristaux salins précipités, on dit qu’il y a pétrification.
La précipitation des sels sous la forme insoluble, dans I intimité dos cellules et des tissus de l’organisme, peut s’effectuer sous les conditions suivantes :
TROUBLES AT RO P H IQl' ES DE EA MTRITIOX CELLULAIRE
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i» A l’étal normal, l'albumine du protoplasme vivant contracte avec la charpente minérale une combinaison intime cpii empêche le dépôt des molécules salines; pour que la précipitation se fasse, il faut que l'intimité de la combinaison soit détruite par un trouble quelconque de la nutrition du protoplasme, et que des molécules d'albumine d’un élément donné se trouvent, sinon mortifiées, au moins dans un état de tuméfaction oranuleuse ou de dégénérescence hvaline. Tel est le premier facteur.
■ï° Il faut encore, pour la formation d’un précipité, que les conditions qui maintenaient la solubilité des sels de chaux, de magnésie, de l’acide urique et de la cholestérine, aient subi des modifications plus ou moins profondes.
3° Il faut enfin que l'élimination des substances salines dont nous venons de parler ait rencontré un obstacle quelconque. La conséquence de cette entrave est la concentration des sels qui demeurent dans le sang et dans les sucs de l’organisme.
L’analyse d’une observation d’infiltration des tissus par des sels insolubles laisse toujours reconnaître la coexistence de ces trois conditions causales ou seulement la présence de l’une d’entre elles.
Pour bien saisir les éléments qui concourent à la précipitation des sels insolubles dans l’organisme, il faut avoir présentes à l’esprit les conditions qui assurent leur solubilité et en déterminent le degré. Les sels que les métaux alcahno-terreux forment avec les acides carbonique et phosp/iorique sont solubles dans l eau quand ils sont acides, insolubles quand ils sont neutres ou basiques. Le carbonate tribasique de calcium est insoluble dans l'eau; mais, dans l’eau chargée il acide carbonique, il se transforme en un sel acide, c’est-à-dire en bicarbonate de calcium, et devient soluble. Ce phénomène est encore plus nettement accusé en ce qui concerne les sels calcaires de l’acide phosphorique. Le phosphate de calcium acide se dissout très facilement dans l’eau; au contraire, le phosphate de calcium basique reste absolument insoluble dans ce liquide.
Les sels uratiques offrent des exemples de solubilité inverse : 1 acide urique lui-même est presque insoluble dans l’eau (1 : 14000). Les sels acides de K et de Aa se dissolvent très difficilement, à savoir : l'urate acide de soude se dissout dans 1200 parties d’eau, l’urate acide de potasse dans 800 part, d’eau; au contraire, les urates neutres sont solubles : le sel de sodium dans 120 part, d eau, le sel de^otassium dans 80 part, d’eau.
Il en résulte que la diminution de l’alcalinité des tissus favorisera la précipitation des urates et de l’acide urique, tandis que son accroissement manifestera la même tendance en faveur des dépôts de phosphates et de carbonates.
Dépôts magnésiens et calcaires [Pétrification et. chalycose des tissus .
La précipitation des sels de calcium dans les tissus se manifeste avec une intensité remarquable même à l’état physiologique. L exemple le plus typique se rencontre dans les modifications qui précèdent, ou plutôt