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MORPHOLOGIE CELLULAIRE

au point de vue intellectuel et moral. Certaines de ces communautés laborieuses, comme les villes du moyen âge, ont pour unique ambition de vivre, de résister aux causes de destruction -qui les menacent sans trêve ; d’autres se découragent et s’abandonnent; d’autres, très rares, deviennent Rome ou Athènes » (Duclaux). A ce tableau, dessiné depuis longtemps, il ne manque que d’ajouter un trait : celui qui vise la défense de la cité, confiée à une garde, les phagocytes.

Les cellules sont donc les éléments actifs du corps. La santé et la maladie résultent de leur bon ou de leur mauvais état individuel, de leur bonne ou de leur mauvaise harmonie. Dans le cours de cet ouvrage, nous aurons si souvent occasion de parler de leurs modifications anatomiques, qu’il nous semble nécessaire de donner un court résumé des acquisitions récentes de la Cytologie, au point de vue de la structure, de la reproduction et de la constitution chimique cellulaires.

Morphologie cellulaire. — La cellule (fig. i) est une niasse de protoplasme renfermant un noyau. La forme sphérique de cette masse ne s’observe que rarement, parce que l’apparence cellulaire est modifiée par les nécessités du développement, delà différenciation des tissus, par la pression mécanique des cellules adjacentes, etc. Le protoplasme, qui en constitue la base vivante, est une substance granuleuse, transparente, formant une sorte de réseau spongieux qui étend ses mailles dans le corps cellulaire et affecte des modifications de structure variables suivant les régions et suivant leurs propriétés physiologiques. Dans le réseau protoplasmique sont suspendus des corps mixtes, granules alimentaires, particules de pigment, gouttes d’huile ou d’eau et matières excrérnentitielles. Le noyau constitue une des différenciations protoplasmiques de la cellule, et la plus importante. A première vue, il apparaît comme un corps distinct suspendu dans le cytoplasme, mais il a la même base structurale que ce dernier et il est en continuité morphologique intime avec lui. On ne peut cependant considérer le noyau et le corps cellulaire comme de simples expressions topographiques, parce que la constitution chimique de ces deux éléments de la substance vivante diffère. Le noyau est remarquable par l’abondance d’une matière

Fig. i. — Figure demi-schématique de la cellule (d’après Wilson).

A, sphère d’attraction renfermant deux centrosomes; — B, plastide inclus dans le cytoplasme; — C, réseau de linine dans le noyau; — D, réseau de la chromatine dans le noyau ; — E, lcaryosome ou faux nucléole, formé par une accumulation de substance chromatique ; — F, vacuole du protoplasme ; — G, corps étranger inanimé contenu dans le réseau protoplasmique; — H, réticulum du protoplasme constitué par de fines granulations (microsomes) ; — I, substance transparente (suc protoplasmique cylolymphe) contenue dans les mailles de ce réticulum; - — K, noyau ; — L, suc nucléaire (karyolympho) contenu dans les mailles du réseau de la linine ; — M, nucléole vrai ou plasmosome.

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phosphorée, la nucléine; tandis que le cytoplasme renferme surtout des matières protéiques, nucléo-allunuines, albumines, globulines, etc., et seulement une petite quantité de phosphore.

Un troisième élément qui, s’il n’est pas présent dans toutes les cellules, existe dans la plupart d’entre elles et joue un rôle actif dans les processus de division et de reproduction cellulaire, est le centrosome.

Passons en revue les principales propriétés qui distinguent les divers éléments prenant part à la constitution de la cellule.

i° Étudié à un fort grossissement, après l’action de réactifs appropriés, le protoplasme présente une structure compliquée. On y distingue tout d'abord une substance de consistance assez ferme qui forme une sorte de réseau alvéolaire dont les mailles renferment une substance plus liquide, la cytolymphe.

Ces deux substances, d’apparence si dissemblable, sont-elles profondément distinctes l’une de l’autre, ou ne représentent-elles, suivant l’opinion de Butchli et de ses élèves, que les aspects d’une émulsion dont on peut donner une image artificielle en agitant de fines gouttelettes d’huile dans l’eau? La plupart des histologistes modernes se rangent à l’opinion de Flemming et de Vax Bkxkdkx et croient à 1 existence dans le protoplasma d’un réseau cohérent dont les branches s’anastomosent. Dans ce réseau sont inclus non seulement des particules inertes, réserves nutritives, mais encore des granules de protoplasma vivant, véritables microsomes ou bioblastes décrits par Béchamp et Estor et plus récemment par Altmaxx, et qui, d’après ces auteurs, seraient capables de jouer le rôle d unités élémentaires vivantes, c'est-à-dire d’assimiler, de grandir et de se diviser. L’existence de ces unités élémentaires dans le cytoplasma est encore en discussion; il n’en est pas de même des éléments isolés qui se trouvent dans la chromatine du noyau. Nous verrons plus loin le rôle important qu’ils jouent dans les phénomènes de 1 hérédité.

i° Le noyau est le centre coordinateur de l’activité cellulaire. Dans le stade de repos ou plutôt d’activité purement végétative de la cellule, il se présente sous la forme d’un corps arrondi, entouré d’une membrane distincte, parcouru par un réseau de chromatine irrégulier. Sa forme est tantôt sphérique, tantôt polylobée, tantôt enfin annulaire. Sa membrane enveloppante est délicate et le sépare nettement du cytoplasme dans lequel il est plongé. Le réticulum du noyau se compose de deux substances : la première, la plus essentielle, est la chromatine, ainsi nommée par Flemmixg à cause de son avidité pour les couleurs basiques d aniline ; la seconde est la linine, substance transparente qui ne devient visible qu après 1 action des réactifs et qui entoure et supporte les parties de la chromatine pour constituer avec elle le réticulum nucléaire. Dans les mailles de ce réticulum sont contenus un ou plusieurs nucléoles. L’un d eux, vrai nucléole ou plasmbsome, prend les couleurs qui teignent le cytoplasme; on s’accorde à lui dénier une part importante dans 1 activité nucléaire. D’autres nucléoles se colorent comme la chromatine dont ils semblent constituer une partie épaissie. Dans les mailles du réticulum nucléaire est renfermée la karvolymphe, matière semi-liquide dont les affinités vis-à-vis des matières colorantes s’éloignent beaucoup de celles de la chromatine, car les très petits grains (pii la composent fixent de préférence les couleurs acides d’aniline. La membrane nucléaire est elle-même formée par la condensation du réseau général protoplasmique dont elle possède les propriétés à l’égard des matières colorantes.

3" Le centrosome ou centre dynamique de la cellule joue, malgré son extrême petitesse, un rôle très important dans les phénomènes de reproduction cellulaire. 11 siège

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