C A LC I FI CA TI O N
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bronches et des alvéoles pulmonaires (■ broncholithes , pneumolithes). Il se produit parfois une véritable écorce pierreuse autour du cœur (cœur pierreux ) et de certaines parties du poumon. Enfin, des parasites animaux peuvent subir aussi la pétrification (pentastom. denticulat. ; trichina spiralis, eChinococcus, etc.), ainsi que les capsules conjonctives qui les entourent. L’incrustation calcaire se manifeste encore dans le contenu des glandes sébacées cl des amygdales.
Le dépôt de substances minérales dans les répians mûries , au sein des tissus vivants, se fait d’après le type qui préside à l’incrustation des corps organiques, non vivants, plongés dans certaines eaux minérales. Les corps mortifiés sont reliés quelquefois aux tissus vivants par des néoformations vasculaires, qui leur apportent avec le sang la matière saline; mais la pétrification peut se laire on dehors de celte voie de conduction, témoins les grains riziformes calcifiés.
1 ai fois le mécanisme des dépôts de sels calcaires dans la trame organique morte s’exerce à l’aide de bactéries. De tous les microbes qui vivent chez l’homme, le Icptothrix buccalis est le plus capable d’extraire le carbonate de chaux des autres sels de calcium. Celte bactérie vit surtout dans la cavité buccale, sur les gencives, et souvent provoque la formation de véritables calculs dans les canaux excréteurs des glandes salivaires et des amygdales. Nous étudierons plus loin (pathologie infectieuse les diverses étapes de la lutte qui se passe entre le bacille de la tuberculose et la cellule phagocytaire qui l’a englobé. Nous verrons sous quelle armure pétrifiée la cellule emprisonne le microbe qu’elle n’a pu digérer.
Les modifications anatomiques dues à l’imprégnation par des sels calcaires ressemblent étroitement à celles qui résultent des dépôts physiologiques (ossification). Les sels apparaissent sous la forme de corpuscules de grandeur variable ou d’amas et de plaques calcaires. Au microscope, les grains donnent, à première vue, l’image de granulations de graisse; cependant, le contraste qu’un certain éclairage montre entre l’éclat de la partie centrale des corpuscules et l’obscurité de leurs contours laisse soupçonner leur nature calcaire, sans livrer beaucoup de prise à l’erreur. A la lumière directe, les grains paraissent, blanchâtres, brillants. L’emploi des réactifs lève tous les doutes. Insolubles dans l’alcool, dans I éther et dans les alcalis, ils se dissolvent au contraire dans les acides, surtout dans l'acide chlorhydrique , avec dégagement de huiles gazeuses. 11 est évident que ce dernier phénomène est lié à la mise en liberté de l’acide carbonique et manquerait si celui-ci faisait défaut, comme, par exemple, dans les incrustations de phosphates calciques. L’acide sulfurique fait apparaître, au lieu des grains amorphes, les cristaux aciculés de sulfate de calcium et de gypse.
Débarrassée des sels calcaires qui l'infarcissaient, la trame organique
riwrni.Es atrophiques de i.à nutrition cellulaire
des tissus se montre, au microscope, considérablement altérée et différente de sa structure normale. On constate que l’imprégnation ne consiste pas seulement dans le dépôt de sels calcaires dans les interstices du tissu, mais qu’une combinaison plus intime de la matière minérale avec la substance fondamentale organique a été réalisée. Celleci a su])i la dégénérescence hyaline d'une manière plus ou moins complète. Sa coloration très intense, sous l’influence de l’hématoxyline et d’autres matières colorantes, traduit extérieurement les modifications qu'elle a subies. Ün peut reconnaître toutefois que la combinaison des corpuscules avec l’albumine du tissu n’est pas aussi intime que celle qui est réalisée dans le processus de la véritable ossification. La, aucun grossissement ne permet de distinguer les uns des autres des grains isolés d’un corpuscule, tandis que les tissus calcifiés ne se dépouillent jamais de l’aspect mat, grenu et poussiéreux qui leur est particulier.
La calcification des tissus se reconnaît à la perte de leur élasticité, à leur rigidité, à la dureté que perçoit le doigt qui les presse artères athéromateuses). Sur les radiographies, les régions calcifiées paraissent noires et donnent une silhouette nette, parce que les sels de calcium sont impénétrables aux rayons de Rontgen.
Les conséquences pathologiques de 1 imprégnation calcaire sont importantes et consistent dans la diminution de la mobilité, de la contractilité et de l’élasticité, dans l’obscurcissement des parties normalement transparentes (cristallin), dans la fragilité et la friabilité des parois vasculaires, d’où découlent les conséquences les plus graves pour 1 organisme (hémorragies, thromboses, etc.). La calcification peut cependant avoir parfois des effets indifférents et même utiles. Elle est la base de certains processus de guérison qui se passent au sein de produits inflammatoires contenant des parasites végétaux et animaux vivants bactéries tubercul., trichine, grains d’actinomycose, etc.). La pétrification, en pareille occurrence, équivaut à un internement des parasites sous la pierre.
Dépôts uraliques.
Aux incrustations des tissus par des sels insolubles appartiennent les dépôts constitués par les tirâtes acides, surtout par / urate de sodium, et par l’acide urique lui-mème. ('.elle lésion anatomique s observe presque exclusivement dans une maladie de la nutrition qui est connue depuis des temps reculés sous le nom de ponde, parce qu on croyait qu’elle était provoquée par l’écoulement goutte à goutte d une humeur
DÉPÔTS UD A TIQ ('ES j-j,
flans les articulations. Maintenant encore le terme de podagre (zcjc, pied; Sypx, proie) désigne une des localisations morbides oii le pied est devenu la proie de la maladie goutteuse.
Parmi les lésions de la goutte, la plus caractéristique est celle qu’on observe sur les articulations et qui a pour signature indélébile la présence d’urate de soude. Gakrod a montré que, même chez les goutteux (pii n ont eu (pie de rares accès et dont les articulations étaient saines en apparence, les cartilages diarthrodiaux présentaient déjà des incrustations d urate de soude. Quand on ouvre la jointure, le cartilage a perdu sa blancheur uniforme; il présente des taches en stries ou en plaques, dont la teinte mate rappelle l’apparence de dépôts de craie disposés sous la couche la plus superficielle du cartilage. Quand les dépôts uraliques sont devenus plus nombreux, ils font saillie à la superficie du cartilage sur laquelle ils dessinent des aspérités et provoquent des érosions. Dans les cas graves, le cartilage peut être détruit: les tissus périarticulaires incrustés de sels de soude circonscrivent une cavité remplie de bouillie crayeuse.
La goutte frappe de préférence les petites articulations et en particulier l'articulation métacarpo-phalangienne du gros orteil; elle atteint aussi fréquemment les petites jointures des os du carpe et du tarse entre eux et avec les phalanges. En général, les grandes jointures ne sont touchées qu’après les petites. C’est au centre du cartilage diarthrodial que commencent les dépôts crayeux; la périphérie ne présente des lésions (pie secondairement. Les points d’insertion ligamenteuse, et de préférence ceux (pii donnent attache aux ligaments interarticulaires, sont envahis avant les autres régions de la jointure. Les masses crayeuses infarcissent les ligaments et les tendons périarticulaires sous la forme de petits nodules, ou sous celle de plaques et de bandes uratiques, suivant la disposition (pie nous avons constatée plus haut dans les phénomènes de pétrification par les carbonates ou les phosphates. Les unîtes se déposent plus rarement dans la synoviale, où ils imprègnent dès le début les appendices des franges synoviales. Cependant, la membrane continue à sécréter la synovie qui présente, dans les premières lésions de la goutte — et ceci a une certaine importance au point de vue de la pathogénie de la maladie — , ses qualités normales d’abondance, de transparence et d’alcalinité.
A côté de l’urale de soude, on trouve parfois des u raies de chaux, de magnésie, du carbonate de chaux, de l’acide urique libre et de l’acide hippurique.
Sous l’influence des dépôts cristallins, le tissu conjonctif finit par s’enflammer; on voit apparaître les éléments du tissu do granulation, dont
33* TROUBLES ATROPHIQUES DE LA NUTRITION CELLULAIRE
quelques-uns prennent l’aspect de cellules géantes, entourant les cristaux uraliques. Quand les phénomènes inflammatoires atteignent un certain degré d’intensité, ils contribuent à l’apparition des déformations articulaires. La surface diarthrodiale se détruit dans les parties centrales du cartilage, tandis qu’à la périphérie la prolifération des éléments du tissu aboutit à une néoforinalion cartilagineuse. Au niveau du rebord, à l’endroit où la synoviale tapisse encore la surface articulaire, une végétation abondante de cellules cartilagineuses se produit, tandis que la substance fondamentale devient cassante, fissurée, et prend l’apparence velvétique. Au centre de la surface articulaire cartilagineuse, où le revêtement synovial manque, les cellules en prolifération se vident dans 1 intérieur de la jointure; il en résulte une atrophie et une usure du cartilage, qui peuvent aboutir à de véritables ulcérations mettant à nu le dépôt uralique et allant même jusqu’à la surface osseuse. C’est dans ces cas qu on trouve dans la jointure une bouillie puriforme ou plâtreuse, colorée quelquefois par la présence d’une petite quantité de sang extravasé.
Ces lésions anatomiques des grandes arthrites goutteuses siègent de préférence dans les jointures du genou ou du cou-de-pied; elles ne sont pas sans analogie avec les altérations de 1 arthrite déformante rhumatismale, mais, dans cette dernière, si les ecchondroses et les ulcérations cartilagineuses existent, les dépôts crayeux manquent.
Le mode d' incrustation sodique des cartilages a été décrit, dès i86.5, par Charcot et Cornil. Les dépôts crayeux qui se dirigent plus ou moins profondément vers le tissu osseux commencent à apparaître dans I épaisseur du cartilage diarthrodial, à une petite distance de la surface libre. L’examen du centre du dépôt donne l’impression d une masse opaque indistincte, mais la périphérie laisse reconnaître nettement une accumulation de cristaux d’urate de soude en aiguilles dirigées en tous sens. L’acide acétique, agissant sur ces masses opaques, les dissout peu à peu.
Les dépôts caractéristiques que l u rate de soude détermine dans les tissus périarl iculaires ou dans certains points des téguments prennent le nom de tophus. Ceux-ci peuvent se rencontrer au voisinage des articulations des mains et des pieds, dans les ligaments et tissus fibreux périarticulaires, dans les gaines tendineuses des fléchisseurs dos doigts et des orteils, dans les bourses séreuses qui siègent au niveau des tubérosités osseuses préarticulaires. L'inflammation suppurative de ces bourses donne lieu à des écoulements de pus et de boue crayeuse. Les incrustations du tissu sous-cutané peuvent aboutir aux ulcérations de la peau. On trouve dans le pavillon de l’oreille de petits tophus Scihamork, Chuveiliiieh, C au rom, Charcot) qui ont pour le clinicien une valeur diagnostique importante. Ces tophus se dissolvent sous l'action de la-