‹ Pathologie générale et expérimentaleChapitre 9 sur 72 · NOTIONS DE CHIMIE ET DE PHYSIOLOGIE CELLULAIRES · texte numérisé non relu

NOTIONS DE CHIMIE ET DE PHYSIOLOGIE CELLULAIRES

Pristiurus, permettent de sc rendre compte des modifications qui surgissent au cours de la période de croissance de 1 œuf. Pendant le stage de repos les chromosomes sont petits et se colorent avec intensité sous l’influence des agents teignant la chromatine. Pendant la période de croissance de l’œuf, les chromosomes augmentent beaucoup de volume et perdent leur capacité tinctoriale. Quand l’œuf approche de son plein développement, les chromosomes diminuent rapidement et reprennent leur pouvoir de coloration. Cette observation montre qu'à un certain moment les chromosomes absorbent une grande quantité de matière avec laquelle ils forment une combinaison douée d'un faible pouvoir tinctorial et qu’en fin de compte ils éliminent cette substance pour retrouver leur étal ancien. Leur augmentation de volume ne facilite pas seulement les échanges entre la chromatine et la substance environnante, elle a un autre effet qui se constate par le changement des affinités de coloration. 11 survient en effet une combinaison de la matière chromatique avec une grande quantité de substance albumineuse, laquelle aboutit à la création d’un corps de la série nucléique, peutêtre à la nucléo-albumine. Le retour à l’état normal se fait par l’élimination dans le cytoplasme de cette matière albuminoïde de nouvelle formation. Lorsque les chromosomes sont revenus à l’état ordinaire de volume et de couleur, toute activité de construction cesse dans le cytoplasme.

Ces faits confirment l hypothèse émise il y a vingt ans par Cl. Bernard, qui plaçait dans le cytoplasme le siège des phénomènes de dépense vitale et qui réservait au noyau le pouvoir de synthèse organique. Il semble, disait-

il, « que la cellule qui a perdu son noyau soit stérilisée au point de vue de la génération, c’est-à-dire de la synthèse morphologique, el qu’elle le soit aussi au point de vue de la synthèse chimique, car elle cesse de produire des principes immédiats el ne peut guère qu’oxyder et détruire ceux qui s’y étaient accumulés par une élaboration antérieure du noyau. Il semble donc que le noyau soit le germe de nutrition de la cellule; il attire autour de lui et élabore les matériaux nutritifs. » Quelques^années plus tard, des observations faites sur les infusoires allaient donner une éclatante confirmation de la justesse de cette hypothèse. Nussbaum, en 1884, chez les oxytrichées, Gruber, en 1 885, chez le Stentor, ont montré que le sort des fragments de l’animal sectionné en deux parties dépendait de la présence ou de l’absence du noyau. Le fragment qui 11e renfermait cpie le cytoplasme mourait plus ou moins vite; le fragment nucléé guérissait ses blessures el: continuait à vivre. Verworn a indiqué récemment que des fragments de certains rhizopodcs, non nucléés,

Fig. 3;. — Cellules hépatiques dans un cas de diabète suci'é à marche rapide. Les noyaux ont subi une division directe (amitosique) par bourgeonnement.

HISTOIRE NATURE RLE DE LA MALADIE

pouvaient vivre longtemps, garder leurs mouvements caractéristiques, absorber même de la nourriture, mais qu’ils avaient perdu le pouvoir de digérer et de sécréter.

Quelques-uns des problèmes qui se rattachent à la biologie et à l'énergétique cellulaire générale peuvent être abordés par l’étude des greffes fP. Carnot). Si l'on choisit des cellules pigmentées dont les propriétés colorimétriques permettent de retrouver la descendance de la cellule greffée et d’en suivre à l’œil nu le développement, on pourra étudier les conditions qui assurent la réussite, l'évolution et la prolifération de cellules transplantées d’un organisme dans un autre où elles vivent à l’état de parasites. Certaines variétés de cellules (cellules de l’épiderme noir prises sur des cobayes bigarrés et transplantées sur l’épiderme blanc d’un autre cobaye bigarré) prospèrent, constituent des greffes qui s’accroissent et qui persistent pendant très longtemps. Dans les premières périodes de l’évolution de la greffe, on voit les cellules noires s’accroître rapidement de nombre et prendre la place des cellules de l’épiderme blanc qui disparaissent devant elles. Au bout d’un certain temps, la résistance est pour ainsi dire organisée dans le camp des cellules blanches et la greffe noire ne s’étend plus. Il suffit de brûler légèrement les zones-frontières du côté des cellules blanches, c’est-à-dire d’affaiblir la vitalité de celles-ci, pour qu’aussitôt la greffe noire reprenne son extension.

Cette méthode des greffes permet encore de constater une série de phénomènes intéressants. Les cellules épidermiques prises sur un cobaye vieux constituent une greffe qui évolue lentement et se résorbe si le porte-greffe est jeune. Une greffe prise sur un cobaye jeune, et faite sur l’animal le même jour qu’une greffe de cellule vieille, évolue bien plus vite que cette dernière et persiste. Inversement, une greffe jeune sur un porte-greffe vieux se développe rapidement (P. Carnot). Ce n est pas seulement l’âge, mais encore l’état général de la santé du porte-greffe et du sujet fournisseur d’épiderme dont l’influence se manifeste d’une manière évidente. Les greffes prises sur un animal atteint d’une maladie infectieuse grave (tuberculose) ou intoxiqué par le plomb, transplantées en même temps qu’une greffe prise sur un cobaye normal, évoluent beaucoup moins activement que cette dernière et sont rapidement résorbées.

A côté des influences qui atténuent la vitalité cellulaire, on en constate d’autres qui l’exaltent (jeune âge, excitations mécaniques, chimiques, physiques, etc.). Il est donc permis de penser que la connaissance des variations d évolution d une cellule permettra de préciser les conditions qui déterminent l’augmentation de sa vitalité au point d’en faire un élément qui prenne la place des cellules normales à la façon d’un parasite. La genèse des tumeurs mélaniques, qui partent des cellules pigmentaires de la choroïde, ou celle des épilhéliomes, qui se montrent si fréquemment chez le vieillard, trouvent dans les recherches de P. Carnot de curieux enseignements.

La fédération cellulaire qui constitue l’organisme vit et ne peut vivre que par l’action des influences extérieures qui provoquent ses réactions. Son équilibre est donc forcément instable et provient de l’accommodation plus ou moins parfaite qui existe entre les unes et les autres. C’est dire que théoriquement la santé absolue ne peut pas exister. Tant que les réactions internes contrebalancer exactement les actions externes, l’harmonie des diverses parties de l'économie n’est pas sensiblement modifiée, et l’organisme peut être considéré comme sain. Vienne un

MA ne UE DE LA MALADIE

trouble léger et de courte durée dans celle accommodation, la vie des cellules et des organes ne sera pas profondément modifiée, et ce (pie nous appelons la santé persistera. Vienne encore l’action d’une ou plusieurs causes externes agissant avec une certaine puissance el une certaine lenteur, les réactions internes pourront ne pas les compenser immédiatement, 1 harmonie préalable se trouvera affaiblie et avec elle le degré u energie que tout organisme a la faculté de manifester extérieurement. Quand le trouble fonctionnel persiste, s’accompagnant d’un phénomène inconnu a létal de santé, la sensation de malaise, de souffrance, de douleur, létal de maladie (vôsoç) existe. Le tableau qui se déroule n’appartient plus au domaine de la physiologie normale, il entre dans celui de la physiologie pathologique. Entre ces deux domaines une limite précise 11e peut être tracée. Nous avons dit plus haut qu’un des attributs de la matière vivante était l’éternité; cette faculté implique le pouvoir de tendre par inertie a continuer la vie une fois commencée et de s’adapter dans ce but aux conditions extérieures. L’adaptation imparfaite avec diminution de l’énergie manifestée au dehors et sensation subjective de malaise traduisent la maladie. L’adaptation peut être imparfaite sans qu il y ail d une manière évidente une diminution de l’énergie dégagée, c est-a-dire sans qu’on reconnaisse la présence de symptômes ayant une physionomie clinique nette el tranchée. On ne prononce pas alors le mot de maladie, mais d’indisposition, pour désigner la réaction constatable cliniquement.

Les auteurs lrançais du commencement du siècle, saisis d’admiration pour les découvertes anatomo-pathologiques, ne voyaient dans les maladies que des états organopathiques; quelques-uns y ajoutaient l’idée de troubles fonctionnels; mais il est bien évident que des lésions anatomiques et des perturbations de fonctions ne suffisent pas à faire des malades. L homme qui porte un cal d’une fracture consolidée n’a qu’une lésion; l’aveugle n’est pas un malade, mais un infirme.

La maladie est avant tout l’apanage de l’être vivant; sa définition doit correspondre à celle de la vie, qui est l’accommodation de réactions internes a des actions externes. Nous la définirons donc, en visant non seulement la lutte des forces de l’organisme contre les agents nocifs extérieurs, mais aussi les altérations de fonctions et de structure dues a 1 hérédité : L’ensemble des délions el des réactions provoquées dans les fonctions, la structure et V harmonie de V organisme par une cause morbide.

Les cellules et leurs dérivés constituent le substratum matériel des fonctions des tissus et des organes. Lue organisation troublée a pour conséquence une fonction troublée et inversement à une fonction 1110-

Chaîs'temkssk et Podwyssotsky. Processus généraux. 1 3

HISTOIRE NATURELLE UE LA MALADIE

diliée doit correspondre une modification organique. Nulle étude ne permet mieux de se rendre compte de la justesse de cette proposition que celle des glandes en fonctionnement, où l’on voit les modifications morphologiques des cellules correspondre aux phénomènes de la sécrétion. Les recherches de l’histologie pathologique permettent d’affirmer que dans la plupart des cas les altérations des fonctions, des cellules et des tissus, sont adéquates aux changements de leurs états physiques ou chimiques. La plupart des maladies montrent des altérations histologiques déterminées. A la lumière de l’anatomie pathologique et de l’histochimie, les rapports de cause à effet se dégagent d’une manière de plus en plus précise entre les altérations cellulaires physico-chimiques et les troubles fonctionnels. Telle est la source de l’ardeur des pathologistes à chercher dans un groupe déterminé d’éléments cellulaires les modifications matérielles qui correspondent à telles ou telles manifestations morbides. Les découvertes faites pendant ces dernières années dans les maladies du système nerveux n’ont-elles pas eu pour point de départ ce que Ciiaucot appelait l’anatomie médicale .’ Il existe cependant dans le domaine du système nerveux une série de maladies pour lesquelles il n’a pas été possible encore d’appliquer ce principe dans toute son intégralité, où les troubles fonctionnels n’ont pas encore trouvé leur substratum histologique. La solution de ce problème a été reculée par des difficultés techniques. Cependant, même dans le domaine de la pathologie mentale, ce principe anatomique a tracé sa voie. Les recherches histologiques poursuivies avec succès par Ciiaslin, Voisin, Marinesco et Sérieux (1895), Roucoroni (1896), et surtout Popoff (1891-1896), ont signalé chez les individus qui présentent un fonctionnement cérébral imparfait l’existence de déviations dans la structure et le développement du cerveau, déviations appréciables au microscope (développement anormal du tissu conjonctif et des fibres à myéline sur le trajet de quelques troncs nerveux, sclérose des vaisseaux, pigmentation excessive des cellules pyramidales, accumulation dans le tissu cérébral de globules hyaloïdes le long des vaisseaux, etc.).

Deux mots dans la nosographie médicale reviennent fréquemment, surtout dans la littérature française; ce sont les substantifs Affection et Diathèse. Ils ont été employés par les Écoles dans des sens si divers, qu’une confusion profonde en est résultée.

Affection et Maladie sont deux expressions qu’il sera toujours difficile d’imposer au langage médical ordinaire sous le couvert d une détermination précise. Hallopeau donne les définitions suivantes : « les affections représentent les troubles de la santé, considérés dans leurs rapports

MARCHE DE LA MALADIE

avec les processus morbides; les maladies sont des troubles de la santé considérés dans l’ensemble de leur évolution et par conséquent dans leurs rapports avec la cause qui domine celle évolution. » Cette manière de voir n’est pas celle de l'École de Montpellier, ni celle de Bouciiut, ni celle de Maurice Reynaud; elle est celle de Bazin, celle de M. G. -II. Roger. Pour s’y conformer, il faut dire maladie rhumatismale du cœur et afïeefion cardiaque d’origine indéterminée. S’il en est ainsi, nous ne pourrons plus parler de maladie du foie sans être tenu de spécifier quelle est la cause de cette maladie et nous ne pourrons plus envisager l’évolution d'une affection cardiaque, parce qu’il n’y a que la maladie qui évolue. Ce sont là en réalité des querelles de mots, qui n’apportent pas de grands avantages aux descriptions ni à l’intelligence de la nosographie.

La Diathèse a une signification plus précise (oiaOcct;, disposition). Elle implique une manière de la nutrition, un tempérament morbide. Si l'on se lient au sens étymologique du mot, on ne peut en bonne conscience refuser le nom de diathésique au syphilitique qui, guéri en apparence de ses accidents spécifiques, voit survenir au bout de quelques années, avec une si fâcheuse fréquence — au moins en Europe — les phénomènes du tabes ou de la paralysie générale. Ce syphilitique a donc acquis de par son infection antérieure un tempérament morbide spécial, une disposition à de certaines altérations du système nerveux. Ce que l’on sait pour le tempérament du syphilitique, on le sait moins pour d’autres tempéraments créés par diverses maladies infectieuses antécédentes. On connaît mieux en revanche, au point de vue clinique, les relations qui existent entre plusieurs maladies appartenant à la diathèse dite arthritique (Bazin, N. Guéneau de Mussy, Beneke, Bouchard, etc.), diathèse qui est transmise souvent par hérédité. La cause première et profonde de cette disposition morbide n’est pas encore définitivement connue.

Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit à ce sujet dans la préface de ce livre.

L’étude de l’histoire naturelle d’une maladie se compose d’investigations multiples portant sur la cause de la maladie (étiologie), sur les altérations histologiques et chimiques des parties malades, sur les symptômes locaux et généraux qui en découlent (clinique). La connaissance des causes, des processus, des symptômes, des lois qui régissent les phénomènes morbides est l’œuvre et le but de la pathologie générale. Celle-ci représente la synthèse des sciences médicales. Son domaine s’étend non seulement à l’étude de l’homme malade, mais à celle des processus morbides observés chez les animaux supérieurs et chez tous les êtres vivants, animaux et végétaux. Le problème obscur de l’hérédité

HISTOIRE NATURELLE DE LA MALADIE

pathologique, hérédité du germe, hérédité de la fonction, a été résolu par Pasteur dans ses recherches sur les vers à soie; le secret d’une des manifestations les plus fréquentes de la pathologie humaine, l'inflammation, a été demandé aux protozoaires et aux crustacés par Metchmkoff.

Pour pénétrer l’évolution des maladies spontanées, il faut pouvoir* créer des maladies, des troubles, des lésions. La pathologie générale doit s’appuyer sur l’observation et sur l’expérience; c’est dire que la pathologie expérimentale et la pathologie comparée sont ses compléments.

La pathologie expérimentale ne peut donner la solution de tous les problèmes. Une constatation faite sur un animal, soumis à une cause morbide, ne peut s’appliquer toujours étroitement, obstinément, à la pathologie humaine. Cependant un regard jeté sur les découvertes qui ont illustré la médecine dans la seconde moitié de ce siècle montre combien le rôle de la pathologie expérimentale a été prodigieusement fécond. La connaissance des causes des maladies infectieuses appartient à cette science d’investigation; l’étude de la pathogénie des lésions, du développement des altérations anatomiques, des troubles des fonctions, du mécanisme des symptômes, de l’action des médicaments, est de son domaine.

Modifiées par la maladie, quel qu’en soit le mécanisme, les manifestations de la vie portent le nom de symptômes, de signes (ougidr-rw, je coïncide, je corresponds). Leur étude est la symptomatologie ou la séméiotique (-b cYjgsîcv, le signe). Dans la plupart des maladies, malgré les particularités propres à chaque individu, ces symptômes offrent un caractère général de constance et d’uniformité. Ayant les enseignements de l’anatomie pathologique et de l’étiologie, les analogies et les différences symptomatiques servaient seules aux classifications de la nosologie; elles servent encore aujourd’hui quand les autopsies sont muettes et les causes ignorées; le progrès consiste précisément à faire cesser sur ce point l’obscurité.

Quand un symptôme, chose rare, est particulièrement caractéristique d’un état morbide défini, il porte le nom de pathognomonique (yc/vwsîuo, j’indique). Tels sont, par exemple, les crachats rouilles de la pneumonie, la crépitation gazeuse de l’emphysème sous-cutané, etc. Reconnaître d’après les symptômes l’existence d’un processus pathologique constitue l’art du diagnostic.

Modifications dans la quantité ou dans la qualité, et parfois dans l’une et dans l’autre, des actions du monde extérieur et des réactions de l’organisme, voilà les causes des maladies qui comprennent un nombre infini d’espèces cl de formes morbides.

MARCHE DE LA MALADIE

Extension du processus morbide. — Toutes les parties de l’organisme sont rattachées les unes aux autres par des liens anatomiques. Ici les cellules et les tissus sont simplement en contact les uns avec les autres; la, l'union est assurée par des tubes vasculaires ou des fibres nerveuses. On conçoit qu'une altération morbide puisse difficilement rester localisée au point qui primitivement a subi l’injure, et qu’elle ait de la tendance a se transmettre aux tissus et organes du voisinage immédiat ou éloigné, à l’aide de conduites vasculaires et nerveuses. Il en résulte trois modes d’extension.

i° Lorsque celle-ci se fait par continuité ou contiguïté, c’est directement d une cellule à la voisine, d’une fibre ou d’une fente du tissu à une autre, (pie s’exerce la transmission de l’agent pathogène ou celle de 1 altération chimique des tissus. La substance intercellulaire, les anastomoses qui unissent les cellules sont les facteurs de celte propagation. Dans le mode d’invasion par contiguïté , le tissu conjonctif qui relie entre eux les tissus et les organes voisins, même les plus individualisés, assume la principale tâche et la remplit par le jeu des ligaments, des aponévroses, des gaines tendineuses, des revêtements séreux, etc. Qui n’a vu la propagation d’un panaris se faire vers la paume de la main et l’avant-bras? Par continuité, l’extension de la maladie s’observe avec le plus de commodité dans les altérations du revêtement épithélial des voies respiratoires ou digestives. Le coryza, qui débute sur la pituitaire, gagne ordinairement le pharynx, la trachée, les grosses et parfois même les petites bronches. Le catarrhe gastrique atteint le duodénum et quelquefois le cholédoque. L^ne lésion inflammatoire du méat urinaire peut s’étendre à tout le canal de l’urèthre et envahir la vessie. Dans ce mode d’extension, la sécrétion muqueuse renferme des agents pathogènes (microbes ou substances chimiques) qui se propagent progressivement, do place en place, à la faveur des courants liquides humectant les surfaces muqueuses, ou qui s’implantent graduellement dans l'interstice des tissus, comme on le voit dans la prolifération des bactéries ou dans l'infiltration d’une tumeur.

Les lois physiques dirigent, pour une part, l’évolution des lésions en pathologie; ainsi, la propagation du coryza aux bronches et au poumon obéit aux règles qui commandent les phénomènes de la pesanteur. Les lois biologiques agissent avec encore plus de puissance. La transmission d’une maladie infectieuse qui s’exerce par voie ascendante dans l’urèthre est due, en dehors d’un cathétérisme septique, à la pullulation des bactéries pathogènes venues du dehors.

a0 L’extension du processus morbide peut se faire par V intermédiaire du sxjsteme vasculaire, du sang et de la hjmphe. Ce mode de propagation est

HISTOIRE NATURELLE DE LA MALADIE

le plus fréquent et aussi le plus grave par ses conséquences (tumeurs, processus inflammatoires), parce qu’il utilise la voie principale de la généralisation des maladies. Le sang et la lymphe remplissent un système de tubes communicants; ils baignent, nourrissent et purifient tous les tissus et toutes les cellules de l’économie. Lorsqu’ils ont puisé en un point le principe morbide, ils le charrient dans l’organisme, le plus souvent sous la forme d’un corps étranger oblitérant ou d’une embolie. Apportés en un point quelconque par le sang ou la lymphe, les agents pathogènes vivants se multiplient et provoquent la formation de foyers secondaires analogues au foyer primitif. On donne le nom de métastase (p.s-âa 7x<7iç, transposition) à ce transport de microbes, de cellules néoplasiques, etc., par la voie vasculaire. Les lois hémodynamiques de la circulation président à la direction du corps étranger, exception faite de quelques particularités qui relèvent de modifications anatomiques telles que la persistance du trou de Botal ou de la fosse ovale embolies paradoxales).

3° La maladie peut encore être propagée par la voie dit système nerveux. Ce mode d’extension est multiple. On sait, par exemple, que le virus de la rage, cpie le poison du tétanos trouvent dans les fibres nerveuses des voies de cheminement particulièrement propices. Le système nerveux intervient d’habitude dans la propagation des étals morbides par d’autres procédés. LTne excitation anormale des fibres et des terminaisons nerveuses d’un organe atteint peut provoquer dans diverses parties du corps l’apparition d’une série d’altérations sensitives, motrices, vasomotrices, sécrétoires et trophiques, dont le rôle est grand et encore à peine connu. Les troubles trophiques qui, dans le cours des maladies infectieuses et toxiques, sont consécutifs à une intoxication du système nerveux, n’ont été étudiés que dans un pet i t nombre d'affections, la goutte, la blennorrhagie, et cependant leur importance n’est plus négligeable.

Tandis que certaines lésions localisées du système nerveux central amènent dans des organes et tissus correspondants des troubles paralysies, etc.), l’altération du système nerveux périphérique peut retentir sur l’axe encéphalo-médullaire. Les névroses d’origine périphérique, les psychoses traumatiques, les vomissements incoercibles des femmes enceintes dus probablement à l’irritation des plexus et des fibres nerveuses par l’utérus distendu, en offrent des preuves manifestes. Par la section du sciatique, Bkown-Séquard rendait îles cobayes épileptiques; l’excitation violente de nerfs sensitifs amène le phénomène du shock caractérisé par la paralysie réflexe passagère des centres vasomoteurs. Line preuve non moins classique de cette influence est tirée de l’expé-

MARCHE DE LA MALADIE

■Ci

rience de Goltz : la percussion légère et répétée de la région abdominale de la grenouille provoque l’arrêt du cœur. Ces exemples, (pie l’on pourrait multiplier, montrent le rôle considérable que joue le système nerveux dans l’extension des étals morbides. L’explication théorique qu’on peut émettre de ces manifestations fait intervenir la mise enjeu d’actes réflexes et électrotoniques. On sait qu’une excitation électrique ou autre peut aboutir à provoquer l’arrêt complet du courant nerveux; il est donc permis de supposer que l’irritation anormale que subit, dans un organe malade, une partie quelconque du réseau nerveux modifie l’activité fonctionnelle du réseau tout entier et que cette perturbation s’inscrit sur les appareils musculaires, glandulaires, vasculaires, etc.

La clinique avait signalé depuis longtemps que des paralysies d’origine centrale pouvaient faire suite à l’irritation des nerfs périphériques. (Lest dans ce sens que Brown-Séquarü avait appelé paralysies réflexes les phénomènes d’impotence des membres inférieurs qui s’observent chez les vieux urinaires. Les recherches de Nissl, Gombault, Makinesco, Ballet, etc., ont montré que l’excitation prolongée par le courant électrique, la ligature ou la section d’un nerf, provoquent dans le ganglion nerveux le plus rapproché et même dans les parties correspondantes de la moelle une série d’altérations des cellules nerveuses: raréfaction et vacuolisation du protoplasma, gonflement du corps cellulaire, tuméfaction, dégénérescence granuleuse, etc. Les constatations récentes de Sadovsky (Soc. de biolog. 1896), de Marinesco (Presse méd. 1897) ont mis en lumière, à la suite d’altérations de la partie périphérique d’un tronc nerveux, la production de lésions dans les cellules nerveuses des zones correspondantes des cornes antérieures de la moelle. Cette propagation du processus morbide le long des conducteurs nerveux trouve son explication logique dans la théorie du neurone (Purin, thèse, 1896. — Molravieff, Arch. russes de pathol ., 1897).

Disposant d’auxiliaires aussi puissants que le sang, la lymphe et le système nerveux, la maladie conserve rarement, on le conçoit, un caractère purement local. Elle étend d’ordinaire son influence sur des régions multiples, se généralise, c’est-à-dire généralise l’action de son élément causal, représenté soit par des agents vivants, soit par des poisons venus de l’extérieur ou fabriqués sur place. Cette généralisation ne met pas obstacle à des localisations préférées dans certains organes. On réserve cependant plus volontiers le nom de « maladies générales » aux processus morbides dans lesquels les métamorphoses nutritives sont troublées dans toute l’économie sous l’influence d’une cause extérieure ou d’une auto-intoxication. La fièvre, l’ictère, la goutte,

HISTOIRE NATURE ILE DE IA MALADIE

l'obésité, le rachitisme, le diabète, qui peuvent se traduire par des phénomènes purement locaux ou prendre naissance sous 1 influence de I affection primitive d’un seul organe, sont cependant des maladies generales, parce <pie dans chaque cellule, pour ainsi dire, a été apportée une perturbation dans la marche normale des phénomènes d’assimilation et de désassimilation.

Les maladies infectieuses qui débutent par une lésion locale finissent, en multipliant leurs loyers, par se ranger dans le cadre des maladies générales, telles la granulie, la pyémie, la septicémie, la carcinose, etc. Les doctrines humorales de Galien faisaient consister la santé dans un juste mélange des quatre humeurs cardinales : le sang, le phlegme, la bile et l’atrahile ; l’altération quantitative ou qualitative du mélange créant la maladie. Malgré les modifications que l' humorisme ancien a subies pendant la série des siècles, l’idée de troubles dans le mélange des humeurs n'a jamais entièrement quitté l’esprit des médecins. On a appelé maladies dyscrasiques (r, y.p*str, mélange) les maladies générales ou constitutionnelles dans lesquelles l’altération de la composition du sang est admise ou démontrée, ou encore les états morbides déterminés qui s’accompagnent de troubles fonctionnels de tous les organes. Les progrès de la pathologie cellulaire sont venus modifier ces hypothèses vagues et donner une marque anatomique précise aux nomenclatures de la nosographie.

Dans l’étude des maladies de la nutrition et dans celle des maladies infectieuses, un fait frappe tout d’abord l’esprit de l’observateur, c’est la fréquence de certaines localisations du processus morbide; l'anatomo-pathologiste ou le clinicien retrouvent presque toujours dans les mômes régions l’empreinte caractéristique de la maladie. En certaines zones déterminées d’avance s’accumulent, en quantité suffisante pour provoquer l’altération pathologique, les microbes ou les parcelles métastatiques des tumeurs malignes que charrie la circulation. Ce sont les cartilages articulaires et plus fréquemment les surfaces de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil ou encore le bord du cartilage de l’oreille qui reçoivent les dépôts uraliques de la goutte, etc., etc. Pourquoi celte élection, ces localisations particulières? La clinique et l’expérimentation laissent reconnaître que le rôle du hasard en pareille circonstance est à peu près insignifiant. Dans la majorité des cas, les régions atteintes présentent un affaiblissement, une diminution de la résistance vitale à l’agent pathogène, un « locus minoris resistentiæ ». Si les éléments de cette diminution de résistance sont variables suivant les cas, la cause principale, déterminante des foyers, réside dans les

M A li C // E 1) E /. A 1/ ,1 /, A IJ I E

particularités anatomi(|iies de telles ou telles régions et aussi. dans les effets de traumatismes plus ou moins apparents.

Les agents pathogènes, contenus dans le milieu extérieur ou circulant, déjà dans l’économie, exercent de préférence leur action sur des points soumis à des chocs, à des excoriations, par exemple sur l'épiderme ou les muqueuses, en des zones de tissus où le diamètre des capillaires est particulièrement étroit, en îles régions soumises à un changement brusque de température (refroidissement) ou bien enfin en des places exposées à une sorte de traumatisme, résultat presque obligé de la fonction (pylore, orifices du cœur).

La pénurie vasculaire d’un tissu et l’alimentation insuffisante qui en découle, peut-être même la réduction de l’activité fonctionnelle, constituent souvent la prédisposition anatomique à la localisation de l’agent pathogène. Les sommets des poumons, dont l’activité fonctionnelle est relativement faible, offrent une proie facile aux bacilles de la tuberculose, tandis que les malades dont les sommets pulmonaires respirent vigoureusement parce que les bases sont atteintes de congestion hy posta ti (pie (cardiaques) ne présentent à peu près jamais de tubercules au sommet de la poitrine, malgré leur cachexie plus ou moins avancée. La présence d’une lésion antérieure même minime est non moins efficace dans la fixation de certains processus infectieux. On a pu dire, sans trop forcer la vérité, que l’endocardite ulcéreuse ne créait ses loyers que sur les valvules qui avaient déjà été frappées antérieurement d’un processus inflammatoire quelconque.

Les recherches expérimentales qui viennent démontrer le rôle d’une lésion antérieure ou d’un traumatisme dans la fixation d’un processus infectieux sont extrêmement nombreuses, aussi bien pour l’endocarde, dont on lèse les valvules par un traumatisme, (|ue pour toutes les autres régions de l’économie. Aux expériences sur le cœur se rattachent les noms de Ohth, Wissokoavitcii, Weiciiselbaum, Buchner, Kourkounoff, Gilbert et Lion, etc. L'expérience de Roux et Chamberlaxd sur le charbon symptomatique est classique : l’inoculation d’un virus de faible virulence dans la cuisse d’un cobaye ne produit aucune maladie; quand l’inoculation est précédée d’un traumatisme qui froisse les muscles, une tumeur se développe et l’animal succombe à l’infection.

Le rôle que joue le système nerveux dans la défense locale des éléments contre une cause morbide est aussi Lrès important. Les faits de démonstration expérimentale abondent aujourd’hui. En 1 883 , Cornil et Babes, <| ii i avaient inoculé du lupus dans le péritoine d’un cobaye, sectionnèrent le sciatique d’un côté; il en résulta, dans le membre opéré, une arthrite tuberculeuse. Depuis cette époque, le rôle du système ner-

ChaNTKMP.SSK ot PODWYSSOTSKY. ITOCCSSUS gÔnéraUX. 2

HISTOIRE NATURELLE I)E I.A MALADIE

veux dans la défense de l'organisme a ele étudié par beaucoup d auteurs et en particulier par Meunieu (thèse »8ç)6).

Au nombre des causes de prédisposition morbide, il laut c itci le développement incomplet des tissus et des systèmes anatomiques, et en particulier l’aplasie artérielle, la faiblesse congénitale et héréditaire et celle du système vasomoteur. La faiblesse héréditaire ou acquise de

certaines parties de l’organisme, la meiopragie ,1’otain , laisse se développer dans certaines familles les affections des voies respiratoires frappant plusieurs générations et prélever sur d autres le tribut héréditaire des dyspepsies rebelles.

Il est enfin des tissus dont la constitution anatomique offre à certains microbes un milieu de culture particulièrement propice. Pour légitimer cette proposition, il nous suffira de rappeler le nom et le siège ordinaire du gonocoque, du pneumocoque et du bacille de la diphtérie.

Durée. — La durée des maladies est des plus variables. Elle s’étend de quelques heures à quelques jours, à des mois, a des années.

On appelle aigues les maladies dont la durée ne dépasse pas deux ou trois semaines, subaiguès celles qui durent trois, quatre, cinq et six semaines ; on réserve, le nom de maladies chioniques a celles qui ont une durée beaucoup plus longue. La plupart des maladies infectieuses, quelques maladies a fvigore dont la cause n est pas encoie bien établie, les dystrophies des éléments provoquées par des traumatismes, par des brûlures, gelures, poisons, etc., appartiennent au groupe des maladies aiguës. Le caractère principal des affections de te genre est d’évoluer plus ou moins bruyamment, avec un accompagnement de sensations et de perturbations thermiques, sous l'allure d'une marche cyclique plus ou moins disciplinée. La précision des manifestations, l'évolution de la plupart des maladies aiguës oflrent un caiactèie si frappant, que les anciens avaient tenté de fixer les termes réglementaires de leur durée et les jours déterminés de terminaison (jours critiques). Ces règles n’étaient fondées ni sur la connaissance des causes morbides, ni sur celles des modifications anatomiques, ni encoie sui l’élude des réactions individuelles de chaque patient. Elles représentaient des descriptions schématiques qu il fallait utiliser poui établi i le diagnostic et instituer le traitement. On conçoit clans quel dédale elles aboutissaient. Encore pour certaines maladies infectieuses, dont 1 évolution a évidemment servi de* base objective a leur création, ces lègles ont-elles gardé quoique valeur, par exemple pour les étals pathologiques provoqués par le cycle vital des microbes qui vivent en parasites dans l’économie et par la marche des altérations anatomiques qu ils font

DUREE DE LA MALADIE

naître (voir les chapitres de la pathologie infectieuse cl de la fièvre).

Les maladies aiguës cpii ne s’accompagnent pas d’altérations importantes des tissus, ni de pertes de substance, ne laissent pas généralement après elles de modifications anatomiques durables. Quelques-unes paraissent guérir sans laisser de traces bien visibles, et c’est seulement quelques mois ou quelques années plus tard que se manifestent des lésions qui ont pris naissance au cours de la maladie aiguë et qui ont continué a évoluer sourdement, telles les lésions cardiaques tertiaires de la lièvre typhoïde (Landouzy et Siredey).

La maladie chronique se développe suivant deux procédés : elle est originellement chronique d’allure ou elle fait suite à un processus qui a débuté brusquement.

Lorsque la cause provocatrice d'une maladie aiguë continue à agir ou renouvelle ses atteintes à intervalles très rapprochés, les réactions constatées chez le malade s’atténuent plus ou moins dans leurs manifestations fonctionnelles, mais la maladie ne guérit pas et passe à l’état chronique. Les laryngites aiguës, les bronchites, les pleurésies, les pneumonies, les gastrites, les néphrites deviennent chroniques lorsqu’elles sont provoquées par la présence de microbes, par la répétition d’écarts de régime, par 1 influence du tabac, de l’alcool, etc... La chronicité d’une maladie se dévoile dès le début, lorsque sa cause réside dans l’organisme même, dans un trouble de la nutrition, dans des anomalies de développement et de fonctionnement des tissus (rachitisme, diabète, goutte, tumeurs, etc.), ou encore lorsque la lésion anatomique, produite par un agent pathogène, persiste et laisse un trouble fonctionnel permanent. Cette dernière condition peut être la conséquence d'une altération dont l’empreinte a été dès le début très profonde; elle 11’est souvent que le résultat d’une vitalité amoindrie des tissus et des systèmes anatomiques. La défaillance de la vitalité, congénitale d’ordinaire et héréditaire, peut aussi faire suite aux désordres créés par des maladies antérieures ou à des conditions d’hygiène mauvaises et prolongées. Le tempérament scrofuleux répare avec difficulté et lenteur les altérations anatomiques qu’a fait naître une cause morbide, telles que les dilatations vasculaires, les néoformations inflammatoires, les exsudats, etc., et c’est pour cela que se développe chez le scrofuleux la tendance à la chronicité de tous les processus pathologiques.

T. es maladies chroniques évoluent généralement sans phénomènes bruyants, sans douleurs vives, sans fièvre violente. Leur marche est entrecoupée parfois d’aggravations avec poussées fébriles et autres manifestations des formes aiguës; c’est ce qu’on voit souvent dans les néphrites, gastrites, bronchites chroniques.

HISTOIRE NATURELLE DE LA MALADIE

Certaines maladies infectieuses affectent souvent et <1 une maniéré imperturbable, une marche chronique, telles la lèpre, la syphilis, la morve, l'actinomycose, la tuberculose, le rhinoselerome, < t< • le uii< iole spécifique ne sécrète pas dans ces maladies une quantité de toxine capable d'amener rapidement la mort, mais il végète, il pullule, créant les uns après les autres de nouveaux foyers. Il donne naissance ainsi aux maladies vraiment infectieuses qu’il faut distinguer dans le groupe

désaffections microbiennes des maladies toxi infectieuses.

Lorsque les lésions chroniques frappent les voies digestives et respiratoires et entravent l’assimilation, lorsqu’elles occasionnent une abondante déperdition de matériaux albuminoïdes (diarrhée, exsudats, et< . , elles entraînent un épuisement rapide de l’organisme et 1 affaiblissement de toutes les fonctions. On voit alors apparaître la cachexie y.x/t-'.z.

mauvais état) ou le marasme (p.apa(vw, j'épuise).

Terminaisons. — Les maladies se terminent par la guérison complété ou incomplète, ou bien par la mort. Après la guérison peut sunenii une récidive totale ou limitée à la réapparition de quelques symptômes.

Le retour des propriétés physiques et chimiques des éléments figures et des sucs de l'organisme à l’état d’intégrité parfaite, ou tout au moins à un étal compatible avec la santé, constitue le caractère essentiel de la guérison. Celle-ci a pour raison d’être la propriété de la matière vivante de tendre, par inertie, à la conservation de 1 existence une lois commencée. Les procédés par lesquels elle s’exécute sont multiples. On obserxe .

i° La régénération (.les tissus mortifiés par la maladie et leui ■emplacement par du tissu nouveau normalement constitué. Si la peite de substance est grande ou si le tissu est trop spécifié pour a\oir consei\é une énergie histogénique vigoureuse, le remplacement se lait par la multiplication et la néoformation du tissu conjonctif. Quand la mortification a frappé un organe pair ou encore des portions de tissu, en laissant des parties morphologiquement, et fonctionnellement intactes, la guérison s’obtient par une hypertrophie compensatrice et vicariante de I oigane ou des segments respectés. La destruction d une partie ou de la totalité d’un rein provoque l’hvpertrophie compensatrice de ce rein ou de son congénère. La suppression fonctionnelle d une portion du poumon entraîne la suractivité du reste de l’organe; l’extirpation d un lobe hépatique donne naissance à un développement exagéré des autres lobes. Les dilatations variqueuses qui font suite aux phlébites oblitérantes sont connues de tous les médecins. Le principe de la suppléance et la plasticité de celle fonction représentent un des phénomènes biologiques les plus frappants de la matière vivante.

Page 1