‹ Pathologie interne (volume 2)Chapitre 12 sur 96 · III. — CARNIVORES · texte numérisé non relu

III. — CARNIVORES

Étiologie et pathogénie. — Le catarrhe bronchique chronique est un attribut de la vieillesse et de la diathèse dartreuse. Plus de la moitié des vieux chiens sont simul-

tanément obèses, eczémateux eibronchitiques. La bronchite peut, comme l'eczéma du dos, rétrograder: ces affections guérissent rarement et s'influencent réciproquement. Les bronches se comportent à l'égard de la diathèse dartreiise comme des prolongements intei'nes du tégument cutané.

D'ailleurs la peau et la mmiueuse bronchique ont la même origine embryonnaire : toutes les deux proviennent de lectoderme.

Les maladies chroniques du cœur et dnpéricarde, accompagnées de stase, sont suivies d'infections bronchiques persistantes.

Les tumeurs du poumon, des ganglions bronchiques, Vemphysème pulmonaire troublent la circulation de Tair et du sang et préparent le terrain aux invasions microbiennes ultérieures.

La bronchite chronique peut se développer d'emblée, sous l'influence d'une faiblesse native des bronches ou à la suite dune ou plusiem^s atteintes de bronchite aiguë.

La bronchite chronique survient quelquefois dans le cours de la lymphadénie. de l'anémie et des néphrites chroniques.

Symptômes. — Les meilleurs signes sont la toux et la dysp)ice.

La toux est fréquente, surtout la nuit; elle est tantôt sèche, quinteuse. tantôt humide et grasse, accompagnée de nausées, de vomissements; lejetage manque totalement ou est plus ou moins abondant.

La bronchite sèche n'est pas rare ; la toux est fréquente, pénible, et non suivie d'expectoration; la muqueuse bronchique demeure sèche, turgescente. Le catarrhe devient tôt. ou tard, humide; on observe un jetage tantôt mucoso-purulent, tantôt clair etmuqueux. pai'ïols purulent et fétide qui obstrue les bronches et les orifices extérieurs des cavités nasales.

La dyspnée est très intense; les animaux qui viennent

de courir sont haletants; la bouche est ouverte, la langue lait saillie au dehors; les quintes de toux sont continues et les vomissements alimentaires et glaireux presque inévitables. Lair expiré répand quelquefois une mauvaise odeur.

Les signes physiques du catarrhe chronique n'offrent rien de spécial; ce sont ceux de la bronchite aiguë. La percussion donne des résultats normaux ; Vauscultation lait percevoir des râles ronflants, sibilants et muqueux dont les caractères sont en rapport avec les dimensions des bronches.

Marche. Terminaison. — L'évolution de la bronchite chronique est apyrctique ; beaucoup de chiens de six à huit ans et au delà, qui en sont affectés, sont très gras. Les signes s'atténuent ou disparaissent de temps en temps, pour réappai'aître ensuite ; quelquefois ils persistent sans discontinuité. On observe presque toujours des l'ecrudescences pendant l'hiver, l'automne ou le printemps; il se produit une véritable alternance entre les manifestations eczémateuses et les manifestations bronchitiques. Le catarrhe bronchique s'améliore pendant l'été, au moment où Ycczéma du dos augmente d'intensité.

Pronostic. — La bronchite chronique est, comme l'eczéma, une affection opiniâtre, rebelle à la plupart des traitements; elle subit des alternatives d'amélioration et d'aggravation jusqu'au moment où elle est permanente. Le sujet devient emphysémateux et finalement il s'essouffle tellement qu'il ne peut plus se déplacer. On fera bien de s'assurer qu'il n'est pas tuberculeux en le soumettant à l'épreuve de la tuberculine.

Anatomie pathologique. — A l'autopsie, on rencontre les lésions propres à la bronchite chronique et diverses complications, telles que des dilatations bronchiques, de V emphysème et de V atélcctasie pulmonaire . La muqueuse bronchique offre une couleur grisâtre ou ardoisée; elle est épaissie, inégale, hérissée quelquefois de petites

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excroissances papillaires. recouverte d'une sécrétion muqueuse, mucopurulente ou franchement purulente, dodeur douceâlre ou fétide.

On peut constater aussi des rétrécissements bronchiques, dus à la tuméfaction de la muqueuse et à Taccumulation des sécrétions muco-puriilentes ; à ce niveau, le poumon est atélectasié, dur et foncé; ailleurs, les bronches sont dilatées; les bronches ectasiées sont cvlindi'iques, fusiformes ou en culs-de-sac; elles sont quelquefois le siège de végétations tuberculeuses (Cadiot).

L'emphysème pulmonaire, du à la bronchite et aux accès violents de toux, circonscrit les foyers atélectasiés et domine sur les bords du poumon ; les parties emphysémateuses sont claires, presque blanches, molles. Sectionnées, elles retombent sur elles-mêmes.

Traitement. — 11 faut tenir les animaux chaudement, les nourrir de viande crue, de soupes additionnées de lait.

On administi'e, à l'intérieur, de l'essence de térébenthine, du goudron, de la terpine, du terpinol pour tarir les sécrétions bronchiques. Les inhalations de goudron, lie fleur de sureau, d'eau phéniquée ou crésylée sont beaucoup moins efficaces.

Ueau phéniquée, à la dose de 23 à 30 grammes, suivant la taille des animaux, dans une potion, produit de bons effets.

La médication stupéfiante est indiquée pom* combattre la toux. On peut employer les formules suivantes :

1» Kermès 10 ù 15 centigr.

Laudanum 15 à 50 gouttes.

Sirop de gomme 30 grammes.

Infusion de bourrache O. S.

On fait prendre, toutes les heures, une cuillerée de cette potion.

-o Chloral hydraté 5 grammes.

Chlorhydrate de inoi-phiiie 30 centigr.

Sirop diacode 40 grammes.

Eau distillée 250 —

Administrer une cuillerée toutes les trois heures.

3o Alcoolature d'aconit 2 grammes.

Sirop diacode 30 —

Kermès minéral 10 centigr.

Tisane d'orge 120 grammes.

Administrer par cuillerées à bouche toutes les deux heures ; — cesser deux heures avant le repas, reprendre deux heures après. Pour un petit chien, on ne met qu'un gramme d'aconit.

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