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II. — BOVIDÉS

Étiologie et pathogénie. — La bronchite chronique est Tapanage des animaux adultes ou âgés et sévit principalement pendant les saisons froides et humides. Elle est ordinairement le reliquat d'une bronchite aiguë qui s'éternise ou présente des poussées subaiguës sous l'influence de refroidissements successifs. Son étiologie se confond alors avec celle de la bronchite aiguë simple ou parasitaire.

Mais dans une infinité de cas, labi-onchite chronique est l'expression d'une altération générale de l'organisme : les vaches épuisées par la lactation, Vanémie simple ou parasitaire (distomose) toussent et offrent tous les signes d'une bronchite chronique ; cette maladie est la seule manifestation de leur misère physiologique.

L'infestation microbienne de leurs bronches n'a pas d'autre cause que leur débilité. L'étude bactériologique de leurs sécrétions bronchiques y atteste la présence constante d'un bâtonnet court, mince, faiblement coloré par l'aniline et prenant le Gram. Isolé ou en petits amas, il paraît se rattacher aux bacillus pyogenes bovis (Reisinger) (1). Il s'implante sur la muqueuse à la faveur d'une érosion de

(1) Reisinger, Monalshefte fur praktische Tierheilkunde, 1908.

celle-ci; il n'a donc qu'un rôle secondaire dans le développement de celte affection.

La bronchite chronique est souvent une maladie symptomatique; les animaux tuberculeux sont fréquemment bronchitiques.

Symptômes. — Une fOM.r grasse, facile au repos, rauque, pénible et quinteuse après l'exercice, est le symptôme le plus ap])réciable. On peut le constater quand on ouvre, le matin, la porte de Tétable, quand on mène les animaux à l'abreuvoir, et chaque fois qu'ils subissent l'action de l'air froid ; on peut le provoquer en pinçant les reins, en percutant la poitrine; la moindre influence cause une quinte de toux. Le jetage qui accompagne la toux est peu abondant ; il est ordinairement dégluti au moment de son passage dans le pharynx, ou recueilli par la langue dès qu'il arrive à l'ouverture des cavités nasales; il est grisâtre, jaune verdâtre et plus ou moins épais.

La respiration, habituellement régulière, est quelquefois accompagnée d'un temps d'arrêt ou légèrement soubresautante ; elle s'accélère et se régularise par l'exercice quand elle est troublée au repos.

La poitrine percutée fait partout entendre une sonorité normale ou exagérée ; auscultée, on perçoit, disséminés duns les deux côtés de la poitrine, des râles ronflants et sibilants, et des râles nuiqueux à grosses bulles, parfois si nombreux qu'ils peuvent simuler le gargouillement d'une caverne.

'Marche. — La marche est lente, apyrétique ; on observe des améliorations et des aggravations ; elle s'amende à la belle saison et s"exagère au retour des premiers froids, les animaux de travail maigrissent, mais ceux qui demeurent à l'étable ne dépérissent pas d'une manière appréciable.

Complications. — La bronchite chronique, sous la forme la plus bénigne, est une source de complications presque inévitables ; il y en a d'aiguës et de soudaines dans leiu* apparition comme la congestion pulmonaire suivie d'accès

de dyspnée, et les broncho-pneumonies, principalement localisées aux lobes antérieurs et accompagnées d'un mouvement fébrile analogue à celui de la tuberculose àmarcbe lente (Reisinger).

Il y en a de lentes dans leur développement comme ïennphysèntepulmonaire consécutif à la dyspnée respiratoire et qui s'accuse par l'exagération de la sonorité de la poitrine et l'affaiblissement du murmure respiratoire et une expiration prolongée, soubresautante, caractéristique de l'expiration, la dilatation des bronches et la formation des cavernes bronchiectasiqucs. La dilatation du cœur droit, qui complète la chaîne de ces altérations, a pour conséquence une gène croissante de la respiration.

Diagnostic. —La bronchite chronique et la tuberculose offrent de grandes ressemblances et sont difficiles à différencier par la seule analyse des signes cliniques. Toutes les deux évoluent lentement, tendant à se localiser au niveau des lobes antérieurs, c'est-à-dire dans les régions les moins explorables : la tuberculine malgré ses caprices ; l'inoculation au cobaye du jetage expectoré et l'examen bactériologique de ce dernier sont des moyens qui ne peuvent tromper quand ils sont associés.

Anatomie pathologique. — Les bronches malades sont épaissies; le tissu conjonctif sous-muqueux est sclérosé et fait quelquefois saillie sous forme de végétations. Cet épaississement pariétal rétrécit principalement le calibre des grosses bronches; le revêtement épithélial est modifié; il a perdu ses cils vibratiles ou a disparu et la surface muqueuse est suppurante; les cellules jeunes encore mal formées abondent dans ses couches profondes. Cette infiltration embryonnaire s'accompagne de l'inflammation des cartilages, de Tatrophie des fibres musculaires lisses, de la destruction de la plus grande partie des fibres élastiques.

Le tissu conjonctif périphérique s'hypertrophie; il se forme autour des bronches enflammées des anneaux concentriques de sclérose ; mais la lésion principale consiste

Si BRONCHES.

en une dilatation des bronches avec formation de cavernes bronchiectasiques.

L'inflammation peut demeurer confinée à la paroi bronchique sans envahir les lobules pulmonaires voisins; mais souvent les bronches, obstruées ou dilatées, infectent les lobules pulmonaires, y allument une inflammation catarrhale; ses cloisons s'épaississent, sont refoulées par les bronches dilatées et sinueuses qui lui donnent la physionomie d'un adénome. La plèvre viscérale est elle-même épaissie à ce niveau et les ganglions bronchiques sont généralement hypertrophiés.

Traitement. — Les moyens hygiéniques sont les meilleurs moyens de tarir la sécrétion des bronches et de modifier les parties sécrétantes. Il faut maintenir les animaux à l'abri des refroidissements, les couvrir quand la température est basse, les nourrir avec des aliments hachés exempts de poussière, supprimer les drèches.

L'essence de térébenthine aux doses de 10 à 20 grammes par jour en électuaire, l'eau de goudron administrée d'une manière continue, la créosote, 5 à 8 grammes, la terpine à la dose de 2 à 6 grammes, facilitent l'expectoration et modifient les sécrétions bronchiques. L'eau arsenicale (10 grammes d'acide arsénieux dissous dans un litre d'eau) doit être recommandée à la dose de trois cuillerées à bouche le matin et autant le soir dans un peu de son frisé.

Les fumigations de goudron devraient être employées si elles n'étaient, le plus souvent, diflîciles à administrer. Les révulsifs, les trochisques produisent rarement la guérison complète de la maladie.

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