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CHAPITRE IV BRONCHES

Définition. — Les inflammations de la muqueuse bronchique portent le nom de bronchites.

On les désignait autrefois sous le nom de catarrhe, de catarrhe bronchique, de catarrhe pulmonaire, de rhume de poitrine, de catarrhe trachéo-bronchique. Toutes ces dénominations peuvent convenii* pour exprimer les divers types cliniques. Tantôt, en effet, l'inflammation bronchique est reliée, sans interruption, avec celle des cavités nasales, tantôt elle se confond avec celle de l'alvéole pulmonaire; l'appareil de canalisation de l'air partage ainsi toutes les vicissitudes pathologiques des organes situés aux extrémités.

La TRACHÉE et les bronches, qui ont la même structure Cadéac. — Pathologie interne. IV. 1

el la même fonction, font cause commune : la trachéite et la bronchite se développent simultanément à la suite d'infections des premières voies respiratoires {bronchites descendantes) ou sont consécutives à l'inflammation des alvéoles pulmonaires {bronchites ascendantes).

Les trachco-bronchites peuvent s'émietter ; l'inflammation reste souvent limitée aux gros et aux moyens canaux bronchiques ; c'est la forme la plus commune chez le cheval; l'inflammation s'étend Iréquemment aux plus fins canaux bronchiques qui sont, rapidement obstrués par les produits d'exsudation et de sécrétion {bronchite capill'iire); cette forme, très fréquente chez le chien, est très rare chez le cheval.

Considérations générales. — L'infection est la cause principale des bronchites des animaux.

Elle est facilitée par la disposition mémo dii l'appareil bronchique. C'est un système de canaux ramifiés, à direction d'ensemble descendante et normalement aseptique, s'abouchant à plein canal par son extrémité supérieure avec un système {pharynx, bouche, nez) normalement septiqiie. Les inoculations sont favorisées par la pesanteur qui tend à faire descendre les produits infectieux jusqu'aux parties les plus déclives du poumon malgré l'action protectrice des cils vibratiles, de l'appareil sécréteur (cellules caliciformes et glandes bronchiques recouvrant l'arbre aérien d'un enduit gluant qui retient les microbes), du réflexe expulsif caractérisé par la toux, de l'action phagocylaire des leucocytes accumulés dans la couche lymphoïde des premières voies bronchiques, à laquelle s'ajoutent les voies lymphatiques et les ganglions pour éloigner les microbes des bronches et du poumon. Grâce à ces divers moj'cns de défense le système broncliique supérieur réussit presque toujours à préserver de l'infection le système bronchique inférieur.

Les PETITE* BRONCHES, moins exposées à l'infection, sont d'ailleurs moins bien armées contre eUe. A l'extrémité de

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l'arbre bronchique, l'épitliélium cilié a disparu: le revêtement n'est plus formé (jue d'une couche de cellules cylindro-cubiqucs. L'appareil sécréteur manque complètement ; cellules à mucus et glandes ont disparu; les toxines ne sont plus diluées; elles conservent avec leur concentration leur maximum d'activité.

Les cellules ne sont plus armées de plateau cilié, de sorte que le poison microbien sécrété va pouvoir exercer une action prolongée sur le même point. La défense lymphatique s'est beaucoup simplifiée. A ce niveau, la sensibilité a disparu et les corps étrangers peuvent stagner sans déterminer de réflexes ; l'absorption y est très active ; elle est favorisée par la minceur de la couche épilhéliale ; les fines bronches sont déjà utilisées pour l'hématose.

La paroi de ces fines bronches a perdu son squelette cartilagineux ; les anneaux musculaires jouent un rôle important dans la préservation de l'infection. Par lem* contraction, ils tendent à débarrasser le canal des produits étrangers qui ont pu s'y introduire. Mais on conçoit facilement que, dans certaines conditions, l'encombrement des voies bronchiques rende impossible cette expulsion. Les éléments musculaires, fatigués par un effort prolongé, atteints de plus en plus par l'inflammation propagée jusqu'à eux, finissent par être réduits à l'impuissance ; ils se paralysent et le réflexe expulsif ne s'exerçant plus à ce niveau, les produits muqueux et microbiens peuvent stagner sans déterminer la sensation de corps étrangers.

Les staphylocoques, les streptocoques, associés ou non à des microbes septiqucs ou à des champiguons du genre Oïdium, Aspergillus ou Saccharomyces, pullulent dans les exsudats bronchiques et sécrètent les mêmes toxines que dans les autres milieux. L'intoxication provoque l'élévation de la tempéx'ature, l'abattement, la faiblesse, concourt à la produclion de la dyspnée et entraîne la stéatose un foie et parfois la dégénérescence amyloide de cet organe.

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L'infeelion bronchique modifie ainsi le sang, trouble la nutrition de la cellule hépatique qui devient à son tour une source d'intoxications nouvelles.

Les causes détei*niinantes de ces infections permettent de reconnaître des bronchites spécifiques et des bronchites non spécifiques. Les bronchites spécifiques sont dues à un microbe nettement différencié comme celui de la morve, de la tuberculose, ou constituent des manifestations de maladies spéciales à microbe inconnu comme Idiclavetée, ou la maladie du jeune âge.

Les bronchites infectieuses non spécifiques sont déterminées par les microbes qui arrivent normalement dans les voies respiratoires et qui se multiplient dans les bronches à la faveur d'un réflexe congestionnant la muqueuse bronchique ou diminuant sa vitalité : ce sont les plus communes.

Relativement à Vcvolution clinique, on peut distinguer {les broncïiitcs aiguës et des bronchites chroniques ; les unes et les autres ))euvent revêtir divers types qu'il faut étudier chez les différentes espèces animales.

Le groupe des bronchites aiguës, bien établi au point de vue clinique, n'est pas justifié au point de vue étiologique. Les causes des bronchites chroniques ne différent en rien de celles des bronchites aiguës.

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