VI. — CARMVORES
Étiologie et pathogénie. — Les carnivores réalisent rarement les lésions caractéristiques de la pneumonie fibrineuse lobaire. Signalée par RôU, Trasbot, Renault, Boissière, elle peut revêtir le caractère épidémique. Pourtant le nombre des cas observés est considéi'ablement réduit si l'on en retranche tous ceux qui se rattachent à la maladie dn jeune âge.
Les refroidissements ont une grande influence sur le développement de cette maladie; elle sévit particulièrement l'hiver et le printemps et disparait complètement pendant les mois de juillet, août et septembre.
Le transport des chiens en chemin de fer. la chasse dans les marais, la chasse sans interruption pendant plusieurs jours, suivie du passage d'un fleuve à la nage (Renault) déterminent fréquemment des pneumonies lobaires ou des broncho-pneumonies . Les chiens habitués à coucher dans les appartements contractent souvent une pneumonie si on les oblige à passer la nuit dans une niche mal abritée. Sous l'influence du refroidissement, les microbes de la pneumonie infectent le poumon. Sans eus, aucune pneumonie ne peut se développer. Quand cette
maladie envahit un chenil, l'agent pathogène augmente de virulence : la pneumonie devient enzootique; elle décime les animaux d'un chenil [Renault (1), Boissière et Trasbot] (2).
Elle est infectieuse ; mais on ne réussit pas à l'inoculer : les injections trachéales de suc pulmonaire riche en microcoques et en diplocoques ne troublent pas la santé des animaux sains.
Anatomie pathologique. — Les lésions occupent tantôt le poumon droit, tantôt le poumon gauche ; elles intéressent plus souvent les deux lobes que chez le cheval.
Leur topograjjhie est sensiblement la même que chez les autres espèces : elles siègent dans le lobe antérieur, le lobe mo3'en et une partie du bord inférieur du lobe inférieur (fig. 25).
Engouement. — Les parties supérieures sont souvent engouées, de couleur foncée; la démarcation entre les parties congestionnées, les parties saines et les parties hépatisées est moins tranchée que chez le cheval. Il faut toucher, presser, couper et déchirer le poumon pour établir nettement ces délimitations. On constate une crépitation faible dans les parties gorgées de sang; le tissu pulmonaire est infiltré de sérosité ti'ouble et spumeuse; il est tuméfié, volumineux, tenace, spongieux et plus dense qu'à l'état normal.
HÉPATiSATiON. — L'hépatisation s'entend plus haut dans le centre que dans les couches superficielles ; elle n'est jamais aussi franchement fibrineuse que chez le cheval; elle se rapproche davantage de l'hépatisation gr/se ; elle est moins cohérente, moins compacte, plus suppurative ; les vésicules pulmonaires sont remplies de leucocytes ; le réseau fibrineux fait presque complètement défaut. Aussi le poumon est-il extrêmement friable et la déchi-
(1) Renault, Rec. de méd. vét., 1835, p. 12. — Massalongo, Contribution à l'étude expérimentale de la pneumonie et de la broncho-pneumonie (Arch. de physiol., 1885).
(2) Boissière et Trasbot, Dictionnaire de H. Bouley, t. XVIII, art. Pneumomik, p. 177.
PNEUMONIES LOUAIRES.
rurc met-elle rarement en évidence les granulations moulées dans les vésicules pulmonaires. Ce tissu, de couleur brim-chocolat. est plus dense que l'eau; la submersion.