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est complète quand on le jette dans un vase rempli de ce liquide.
La surface de section laisse écouler un liquide épais, visqueu.K, grisâtre, brunâtre ou de teinte chocolat, com-
posé de globules de pus, d'hématies et de cellules épithéliales.
Suppuration. — La suppuration est une altération habituelle dans les pneumonies du chien. D'abord cantonnée dans les vésicules pulmonaires, elle peut s'étendre par suite de la destruction des parois alvéolaires et aboutir à l'abcédation. On voit des cavités anfractueuses, remplies de liquide purulent (Lucet, Trasbot) (1).
Symptômes. — L'invasion de la pneumonie est soudaine ; l'anoxerie, la toux, le jetage et l'abattement sont les premiers signes de son développement.
Réfugiés dans un coin, les animaux toussent fréquemment ; les naseaux laissent écouler un liquide épais visqueux, roussàlre ou de couleur chocolat; les yeux sont chassieux, enfoncés; les muqueuses sont pâles, légèrement jaunâtres, infiltrées. La faiblesse est si grande que les animaux ne peuvent se déplacer ; ils marchent en titubant. Quand on les sort, ils regagnent immédiatement leur loge après avoir fait entendre une quinte de toux.
La respiration est accélérée (50 à 60 par minute), le pouls est fréquent, mou (110 à 120 pulsations): la percussion révèle de la subraatité ou de la matité à la pai'tie inférieure de la poitrine; ïauscultatiou laisse percevoir des râles créi>itants et des râles muqueux très abondants et très variés.
Marche. — La marche de la maladie est très rapide; les suj ets sont i*apidement épuisés et intoxiqués ; la résolution ou la mort surviennent en quelques jours. L'affection est très meurtrière; la plupart des animaux succombent.
Diagnostic. — On peut actuellement différencier, cliniqueinent, la. pneumonie lobaire delà broncho-pneumonie.
La pneumonie lobaire est trop peu connue pour qu'on puisse songer à établir une distinction clinique. La pneumonie simple est séparée des localisations pulmonaires de
(1) Lucut, Rec. ik mcd. vct., iS89, p. .320.
PNEUMONIES LOBAIRES. 203
la maladie da jeune âge par l'absence de conjonctivite, de kératite et d'éruption cutanée caractéristique de cette dernière afTection.
Traitement. — Le traitement prophylactique de la pneumonie du chien découle de son origine mici'obienne. Il faut isoler les animaux, malades et désinfecter la place qn'ils occupent, ainsi que les gamelles dans lesquelles ils reçoivent leur nourriture. 11 importe de les bien nourrir pour combattre la dépression rapide de leurs forces. Le lait, le bouillon, les œufs, la viande conviennent aux animaux qui ont conservé leur appétit ; on administre des lavements au jus de viande, des peptones, et des graisses émulsionnées, à ceux, qui refusent toute nourriture ; les lavements d'eau salée à 5 p. 1 000 favorisent l'absorption des principes nutritifs.
Il faut tenir les animaux à une douce température.
Le TRAITEMENT cuRATiF ne pcut être uniforme ; il doit varier suivant l'état du malade et le degré d'intensité de la maladie; il doit être excitant quand l'oppression devient dangereuse, anlidyspnéique quand les bronches sont trop encombrées de mucus; il est toujours utile d'employer les antithermiques quand la température est très élevée et les antiseptiques pour s'efforcer de réaliser l'asepsie des voies respiratoires.
Levin de quinquina, lecafé.légèrement alcoolisé, soutiennent les forces et luttent contre l'action des toxines microbiennes.
La quinine ralentit les battements du cœur, abaisse la température, prévient la suppuration en paralysant les globules blancs qui ne peuvent émigrer vers le poumon enflammé.
Les injections de caféine et de sérimi artificiel ont raison de l'adynamie cardiaque: celles d'étber combattent l'anémie générale résultant de l'intoxication et de la fièvre.
La fièvre réclame une médication antipyrétique énergique. Pourtant, il ne faut pas abuser de l'acétanilide C.vDÉ.vc. — Pathologie interne. IV. 12
(50 centigrammes), ni de la phénacétine (50 centigrammes) qui allèrent les globules du sang; on peut alterner l'usage de ces médicaments avec celui de la quinine, de la vératrine et deVantipyrine, qui abaissent également la température.
La révulsion est difficile à obtenir chez le chien: les animaux arrachent les bandages qui maintiennent les sinapismes et se roulent dans la paille dès que les effets commencent à se faire sentir; il faut immobiliser les animaux après la friction.
La médication antichjspnéiqxie s'impose quand les animaux manifestent du souffle labial. On peut provoquer l'expulsion des mucosités qui encombrent les bronches par l'administration des vomitifs : les composés stibiés, l'ipéca, l'apomorphine, ces derniers surtout, exercent une action salutaire. Loin de combattre la toux à l'aide des narcotiques, il faut la faciliter à l'aide de fumigations émoUientes.
Certains agents ont une action expectorante et une action antiseptique; ils doivent occuper une grande place dans le traitement de la pneumonie. L'iodure de potassium, le goudron en pilules, l'essence de térébenthine, la terpine, le ierpinol, les fumigations de crésyl. d'eau phéniquée, conviennent pour désinfecter les premières voies respiratoires. Il faut nettoyer les ouvertures nasales à Taide de solutions antiseptiques.
On n'oubliera pas de diviser tous les médicaments en plusieurs doses; leur action est ainsi plus continue et moins perturbatrice.