B. — BRONCHO-PNEUMONIES
Considérations générales. — La broncho-pneumonie, appelée pneumonie lobulaire, pneumonie catarrhale, est toujours consécutive à une inflammation aiguë ou chronique des bronches. Sans lésions bronchiques, pas de broncho-pneumonie.
nRONCHO-PNEUMONIES.
Toute broncho-pneumonie exige pour se développer un traumatisme préalable des bronches permettant aux microbes d'infecter les alvéoles pulmonaires. Normalement la muqueuse bronchique s'oppose à cette infection : les liquides, injectés
dans la trachée, sont absorbés avant d'avoir dépassé les gros canaux bi'onchiques, les gras irritants sont neutralisés avant ^.r d'avoir pénétré dans les alvéoles pulmonaires ; les poisons sont dilués par le mucus.les microbes sont expulsés par les cils vibratiles ou détruits par les phagocytes ; les corps étrangers sont rejetés par la toux (fig. 26).
Privée de ces moyens de défense, la muqueuse bronchique consent à
l'infection; alors les corps étrangers, les microbes et les parasites qui sont compris dans le mucus des petites bronches enflammées peuvent atteindre les alvéoles ; les microbes contenus normalement dans la bouche ou l'arrière-bouche peuvent devenir pathogènes pour la muqueuse pulmonaire : Uiie broncho-pneumonie polymicrobienne en est la conséquence.
Les parasites {stromjles) qui vivent dans les bronches peuvent infecter les alvéoles de leurs œufs, de leurs embryons et y importer des germes.
Fig. 26. — Broncho-pneumonie médicamenteuse observée chez un porc.
C, C, moule fihrineu.v d'une bronchiole eng-lobant des corps étrangers. — 6, paroi bronchique. — l, infiltration inflammatoire et leucocytique péri bronchique. — /". inflammation secondaire des alvéoles pulmonaires. — a, alvéoles sains (Cadéac).
Nous él iidierons successivemenl les broncho-pneumonies infectieuses el les broncho-pneumonies par corps étrangers.
Considérations générales. — Les broncho-pneumonies infectieuses sont caractérisées par une inflammation lobulaire plus ou moins pi'ononcée, dans laquelle chaque lobule à un sort indépendant des lobules voisins. Tous peuvent être malades; la broncho-pneumonie demeure pseudolobaire, car tous sont altérés d'une manière différente. On en trouve de simplement congestionnés, d'hépatisés, de splénisés, decarnisés; il y en a de tuméfiés, d'affaissés sur eux-mêmes, de rosés, de blancs, de gris, de jaunâtres, de violacés, d'emphysémateux du fait des efforts vicariants, d'atélectasiés par obstruction de leurs bronches. Ils sont tous diversement infectés. La pneumonie est l'œuvre d'un agent qui frappe en bloc une vaste portion d'un lobe du poumon ; les broncho-pneumonies infectieuses sont essentiellement pol^'microbiennes. Les microbes infectieux des bronches abordent successivement les lobules; la lutte est longue, irrégulière, atypique; la lutte est courte, cyclique dans la pneumonie où l'invasion microbienne prend d'emblée possession du parenchyme pulmonaire. Tous les microbes pyogènes ou toxiques peuvent se donner rendez-vous dans le poumon atteint de broncho-pneumonie : les streptocoques, les staphylocoques, les bactéries ovoïdes, les colibacilles, le bacille de Preisz-Guinard sont les plus redoutables. Ces microbes peuvent envahir immédiatement les bronches et les poumons des jeunes animaux; ceux-ci sont tellement réceptifs que cette affection pulmonaire devient contagieuse. Mais, à mesure que la résistance des sujets augmente, l'infection devient plus limitée, plus rare et rencontre devant elle des obstacles presque insurmontables. Spontanée chez les jeunes, elle est presque toujours secondaire chez les adultes. Les
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microbes développés dans un organe (utérus, mamelle, etc.) n'envahissent guère le poumon qu'après une intoxication profonde, qui annihile tous les moyens de défense. Les broncho-pneumonies infectieuses méritent, pour ce motif, d'être décrites successivement chez les jeunes et chez les adultes.