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IV. — AÏÉLECTASIE

On désigne sous le nom à'atélectnsie un état spécial du poumon caractérisé essentiellement par l'absence d'air dans les vésicules pulmonaires et l'atraissement de leurs parois sur elles-mêmes. C'est ce qu'on observe d'une manière parfaite chez le fœtus qui n'a pas respiré (étal fœtal). L'air peut disparaître encore du poumon sans en

ATiiLECTASlE.

être chassé par un exsudât à la suite de l'obstruction d'une bronche (collapsus) ou dune compression périphérique du poumon (atélectasie proprement dite). On rencontre ces trois formes chez les diverses espèces animales.

1° État pcktal. — C'est l'atélectasie du fœtus qui n'a pas respiré ; elle est très fréquente chez les jeunes animaux livrés à la boucherie. Elle affecte 50 p. 100 des porcelets, 15 p. 100 des jeunes porcs, 7 p. 100 des chevreaux, 13 p. 100 des veaux et 16 p. 100 des agneaux (Simade). Sa principale cause réside dans le manque de mouvement des animaux qui ne sortent pas de l'étable et ne se livrent à aucun elTort respiratoire.

L'affaiblissement de la puissance des muscles de la respiration peut résulter de diverses maladies comme la dysenterie, la septicémie des nouveau-nés, le rachitisme, ou de fausses déglutitions. Les parties atélectasiées, brunâtres ou rougeâtres et affaissées occupent le sommet du poumon. Les alvéoles sont vides ; les cellules du revêtement épithélial sont volumineuses,

pyramidales, plus larges à leur base d'implantation qu'au niveau de leur sommet (fig. 58).

Cet état physiologique peut se prolonger partiellement après la naissance quand le [)Oumon se dilate incomplètement par le fait de l'obstruction d'une bronche, d'une congestion pulmonaire ou d'une broncho-pneumonie sm'venant chez le iiOLivoati-né. Quand cette atélectasie fœtale persiste ainsi sur quelques points, le parenchyme pulmonaire se change peu à peu en une masse de tissu conjonclif compact, non pigmenté et contenant habituellement des bronches dilatées ;

Fig. 38. — Coupe du poumon chien mort de broncho-pneumonie.

— .\téleclasie secondaire. — Les alvéoles sont allongés, étirés, rétrécis, obstrués ; quelques-uns renferment un peu d'exsudat.

celles-ci conservent leur revêtement épithélial cylindrique; elles peuvent atteindre les dimensions d"un œuf de poule.

2" Atélectasie propremext dite. — C"est l'aflaissement pulmonaire détei'miné par une compression périphérique du poumon procédant d'un épanchement pleural, d'un épanchement péricardique. Le mécanisme de la lésion est aloi's des plus simple : Tépanchement empêche l'entrée de l'air inspiré, et la pression chasse peu à peu l'air de réserve et l'air résiduel des alvéoles pulmonaires.

L'atélectasie est ordinairement bornée à une partie du poumon: elle peut, chez le chien, atteindre tout un poumon dans le cas de 2:)lei(résie chronique unilatérale. La partie atéleclasiéc est ratatinée, sèche, noire, élastique, sur la coupe: les morceaux vont au tond de l'eau, on peut rinsufiler: répithélium pulmonaire est desquamé, granuleux, les capillaires sont affaissés, mais perméables. Parfois le tissu pulmonaire est sclérosé : c'est ce qu'on observe quand la lésion est très ancienne (fig. 59).

3° (loLLAPsrs PuuiONAiHE. — Cottc l'omic d'atélectasie succède à l'obstruction d'une bronche par un bouchon muqueux, un bouchon épithélial de bronchite capillaire, de broncho-pneumonie ou un corps étranger.

L'air ne tarde pas à disparaître des alvéoles que commande la bronche oblitérée ; il est résorbé ou refoulé vers des conduits plus larges i)endant l'expiration. Le parenchyme pulmonaire s'affaisse, se déprime ,; il ne crépite plus à la pression. Les lobules atélectasiés sont exactement limités par les espaces interlobulaires : ils sont souples, flasques, charnus, d'une pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau ; ils sont d'un rouge foncé à la coupe, et ils reviennent à l'état normal par l'insufflation.

A l'examen microscopique, on constate l'obstruction des bronches par des leucocytes et du mucus : les alvéoles sont aplatis et les capillaires gorgés de sang ; la cavité alvéolaire renferme une petite quantité de liquide et de

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cellules épithéliales déformées, globuleuses ou granuleuses, accompagnées de quelques leucocytes.

Symptômes. — Les symptômes de latélectasie font défaut ou sont effacés par les manifestations de la maladie qui a provoqué Tatélectasie. La disparition de la fonction respiratoire dans une portion du poumon aggrave la pleurésie, la bronchite et la broncho-pneumonie en exagérant la dyspnée.

Fig. 59. — Atéleclasie du poumon droit chez un chien affecté de pleurésie et de péricardile (Photographie Cadéac).

M. poumon ratatiné. — P, péricarde distendu. — D. diaphragme.

L'atélectasie a les conséquences fonctionnelles de la pneumonie catarrhaleou de la splénisation. D'ailleurs la persistance de latélectasie est suivie de la sclérose pulmonaire.

La percussion des portions atélectasiées donne un son mat dû à laplatissement des alvéoles pulmonaires et à l'absence d'air : l'auscultation n'y révèle aucun bruit alvéolaire; les bronches volumineuses sont le siège d'une respiration rude.

L'évolution et la persistance de cette altération sont su-

bordonnées à la durée de la maladie qu'elle est venue compliquer : l'atélectasie congénitale disparaît par rexercice de la fonction respiratoire suraclivée sous rinfluencc du travail, des courses, de la vie au grand air.

Traitement. — 11 faut combattre les maladies susceptibles d'engendrer l'atélectasie et placer les nouveau-nés dansles meilleures conditions bjgiéni(]ues.

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