II. — C.\R.MVORES
Étiologie et pathogénie. — Lemphysème chronique essentiel des carnivores se développe principalement chez
Fig. 37. — Coupe d'un poumoa emphysémateux de chien, vue à loupe.
V, V, V, Vésicules pulmonaires dila'ées et déchirées. — .'^, paroi d'une broachiole. — B, bronche. — V. vaisseau.
les animaux affectés de la diathèse dartreuse. Ce trouble C.iDÉAC. — Palhologie interne. IV. 19
nutritif engendre rcmpl^ysèine par un mécanisme assez complexe ; elle détermine la bronchite chronique qui provoque la toux, cause d'emphysème : elle altère l'épithélium bronchique et l'endothélium pulmonaire et facilite la dilatation, la déchirure et la destruction des vésicules pulmonaires.
En outre, la diathèse dartreuse évolue en compagnie de Vobésité qui diminue l'action des forces expiratrices, oblige l'animal à respirer plus fréquemment, ce qui entraîne une fatigue excessive des parois alvéolaires.
Le jeu du diaphragme est lui-même troublé par la co)istipation que présentent la plupart de ces animaux. Le chien emphysémateux est en même temps eczémateux, bronchitique, obèse et constipé ; c'est l'apanage d'un grand nombre de vieux chiens qui vivent sédentaires dans les appartements ; l'atroiihie sénile ajoute son action déterminante à celle des influences qui précèdent.
L'emphysème est alors essentiellement chronique et incurable : cette forme peut succéder à l'emphysème aiju, vicariant ; les parois alvéolaires dilatées s'atrophient et se perforent.
Ânatomie pathologique. — Elle sont exclusivement localisées ou présentent leur maximiun de développement au niveau des lobes antérieurs du poumon. La surface pulmonaire est pâle, pigmentée ; elle offre de petites bosselures qui grossissent quand on insuffle le poumon; ces ampoules s'affaissent et se vident quand on les perce, en produisant un léger bruit ; quelquefois on trouve de une à cinq bosselures dans un poumon de chien : leiu- volume varie depuis un noyau de cerise jusqu'à un œuf de pigeon (fig. 57). La coupe est sèche en raison dcl'atrophie et de roblitéralion des vaisseaux capillaires.
L'emphysème est ordinairement limité aux vésicules ; il peut cependant devenir interlobiilairc, sous-pleural à la suite d'efforts de toux, et pédiculiser le lobe antérieur
EMt'IIYSÉME PULMONAIRE CUnONIQUE. 327
ilii poumon qui n'est plus relié au reste de lorgane que par les bronches et les vaisseaux i Siedamgrolzkv).
Le ccEUR DROIT est dilaté ; il y a souvent amincissement prononcé, dilatation et insuffisance des cavités de cet organe. On constate quelquefois des végétations des valvules luitrale et aortiques.
Symptômes. — 1" Signes fonctionnels. — La dyspnée est le premier symptôme. Le chien s'essouffle tellement qu'il ne peut coux'ir ; on le voit ouvrir largement la bouche tirer la langue, s'arrêter pour prendre un peu de repos ; les yeux sont brillants, injectés ; la poitrine est bombée, les côtes paraissent constamment soulevées au niveau de leur insertion vertébrale. La respiration s'accélère par accès et imite les mouvements d'un soufflet qu'on fait marcher x-apidement. L'animal respire plus par la bouche que par le nez, ce qui exagère la pression intra-alvéolaire et augmente l'emplnsème. Pendant la nuit, la respiration redevient nasale, les mucosités s'accumulent dans l'arbre respiratoire et provoquent des QUINTES de toux fatigantes pour le malade et l'entourage ; elles troublent le sommeil des personnes placées à proximité pour les entendre.
Le sujet emphysémateux est généralement bronchitkiue. Celte règle n'est pas absolue ; l'emphysème peut exister sans toux ; des chiens afîectés à' endocardite mitrale et aortique. avec emphysème, toussent rarement. Toutes les autres affections précédées ou suivies d'emphysème engendrent la toux. Des nausées et des vomissemenis succèdent quelquefois à ces accès de toux.
2° Signes physiques. — L'inspection démontre l'existence d'une dilatation thoracique lÀus ou moins marquée; la poitrine est déformée, globuleuse, le dos voussé, le sternum remonté ; les côtes, portées en avant, forment des cercles très apparents chez les chiens maigres ; la déformation thoracique est bilatérale ; elle est souvent plus prononcée du côté gauche que du côté droit (Cadéat^).
La PERCUSSION donne tantôt une résonance exagérée et générale, tantôt une résonance iri'égulière ; le son clair est amoindri par les lésions tuberculeuses, les tumeurs, les broncho-pneumonies; il est plus prononcé au niveau des portions empli^^sémateuses.
A I'ausoultation, on entend des râles sibilants, un murmure respiratoire alTaibli, parfois un souffle d'insuffisance tricuspidienne, d'origine mécanique, un souffle mitral ou sigmoïde d'origine organique. On peut constater, en même temps, des signes de broncho-pncumon ie , (le pleurésie ou de tuberculose (Voj. ces mots).
Diagnostic. — On différencie l'emphysème de la tuberculose par l'absence lV hypertrophie ganglionnaire et de pleurésie qui sont les deux principaux signes morbides révélateurs de cette maladie infectieuse ; on le dislingue de la broncho-pneumonie par l'absence de fièvre et de jetage marqué, des affections du cœur i)ar les souffles et les irrégularités des bruits qui caractéinsent les maladies de cet organe. On ne réussit guère à le séparer nettement de la bronchite cJironique qui marche de pair et aggrave remplivsème.
Traitement. — il faut l'omballro la diallièse dartreuse. la bronchite chronique et calmer la toux. On administre delà liqueur de Fowler pour faciliter la respiration ; la noix vomique ou la strychnine sont, chezlcchien comme chez le cheval, bien i)lus efficaces que les préparations arsenicales.