I. — SOLIPÈDES
Étiologie. — Le cancer secondaire du poumon s'observe à la suite de cancer du fourreau, de la mamelle, de la vessie, des muscles croupiens, des cavités nasales, du larynx, du pharynx, des glandes thyroïdes, de l'estomac, de l'intestin, du foie ou même des ovaires. Ces diverses néoplasies se propagent par embolie veineuse de la veine cave, du cœur droit et de l'artère pulmonaire ou par le système lyni|ihal iipie.
Anatomie pathologique. — On rencontre, exceptionnellement, une tumeur volumineuse d'aspect encéphaloïde située au centre du [loumon, présentant des points hémor-
(1) Les diondromes oiitélé à peine signalés dans le poumon des solipèdes ; Scliinidt a observé un chondro-adénome du poumon droit atteignant le poids de 31 kilogrammes.
ragiqiics et des foyers de ramollissement; c'est un cancer lirimitif; mais habituellement le poumon est criblé de nodosités de volume variable, atteignant fréquemment les dimensions d'un œuf ou même du poing; ce sont des tumeurs secondaires. L'aspect de ces noyaux de généralisation dépend de la nature de la tumeur primitive : on peut constater la carcinose miliaire, ou des foyers éiiitliéliaux mous, mal limités, ou des sarcomes nettement arrondis et saillants. Tantôt ces tumeurs pulmonaires sont reliées à la tumeur originelle par des tumeurs analogues dispersées dans tous les organes abdominaux et
tiy. 00. — Sarcome encéphaloïde du poumon consécutif à une tumeur primitive de la croupe.
débordant même le poumon de manière à embrasser l'aorte, les artères axillaires, la veine cave, les bronches; tantôt il n'existe aucun chaînon intermédiaire entre la tumeur primitive et les tumeurs secondaires du poumon.
L'examen /«(.s^o/oûr/^î/c fait découvrir dans ces tumeurs des sarcomes au type encéphaloïde ou au type fascicule, des mélanoraes, des carcinomes ou des épitliéliomes; mais ces tumeurs sont relativement très rares (fig. 60).
Symptômes. — Toutes ces tumeurs déterminent des troubles généraux qui sont presque identiques. Au début, l'animal qui en est porteur ne semble pas être incommodé. La respiration, la circulation s'effectuent normalement. Quand la tumeur prend vm développement considérable,
ou que la généralisation est aA^ancée, la [ilii[)art des grandes fonctions sont troublées.
Au repos, on n'observe rien de bien apparent. Si lanimal est exercé, la marche est de plus en plus pénible, la respiration s'accélère, devient ditïicile. saccadée ; souvent on remarque un soubresaut à Texjjiration. La face devient anxieuse, les naseaux se dilatent et l'animal peut tomber, en présentant tous les signes de V asphyxie.
Une toux forte, profonde, quinteuse, se fait entendre. Elle est suivie du l'ejet dune bouillie noirâtre par les naseaux dans le cas de mélanose. Les carcincmes se compliquent quelquefois de l'écoulement de sang par les narines [Weber et Barrier (1), Gramlich (2)]. Quand les tumeurs obstruent les bronches, elles peuvent donner lieu à un bruit de cornuQC très accentué.
La percussion de la poitrine indique de la matilé au niveau des tumeurs volumineuses.
L'auscultation fait ])ercevoir le murmure respiratoire dans les parties non envahies et son absence au niveau des tumeurs.
Si la tumeur siège en avant, au voisinage du cœur, la circulation est souvent troublée et on voit apparaître des ccdèmes. Lorsqu'elle oblitère les ramifications de l'artère pulmonaire, elle met obstacle à ïhcmatosc et détermine des symptômes asphyxiques.
Diagnostic. — Le diagnostic de ces tumeurs est assez difficile. Les troubles du côté de l'appareil respiratoire peuvent faire penser, a j^riori, à la j^neumonie, à Vcmphyscme, etc., mais les symptômes généraux font défaut. Le rejet, par les naseaux, d'une bouillie noirâtre, striée de sang, et les signes asphyxiques que nous avons signalés, peuvent faire porter le diagnostic, tumeur mélaniciue du poumon. Dans ce cas, la robe claire de l'animal et la pré-
(1) Weber et Barrier, Recueil de méd. vél., 1888, p. 30.
(2) Gramlich, Derliner Tltierarzll. Wochenschr., 1895.
sence de tumeurs semblables à rextérieur contribuent à fortifier ce diagnostic.
Le plus souvent, ces tumeurs ne sont reconnues qu'à Tautopsie.
Certaines d'entre elles afTectent la forme de tubercules miliaires et peuvent être confondues avec la tuberculose ou la morve. L'examen microscopique et l'inoculation assurent le diagnostic.
Pronostic. — Quand elles sont peu nombreuses, ces tumeurs ne causent pas d'accidents graves. Lorsqu'elles envahissent complètement le poumon et les bronches, elles donnent lieu aux symptômes qui précédent et peuvent causer la mort.
Traitement. — Tout traitement curatif est inefficace; on peut quelquefois prévenir l'invasion du poumon par l'extirpation hâtive des tumeurs externes.