OISEAUX
Définition. — Celte afïeetion, connue sous le nom de gapc, consiste essentiellement dans une trachéobronchite vermineuse déterminée par le Syngamus tracheaUs et le Syngamus bronchialis. Ces parasites appartiennent à la famille des Strongyliclés, sous-famille des Sclcrostominés.
SYNGÂMOSR
1" Syngaine trachéal ((ig. 7-i). — Appelé ver rouge ou ver fourchu, ce parasite est rouge noiràlre, cylindroïdc. Le mâle étant entièrement soudé à la femelle, leur réunion offre l'aspect d'un ver fourchu.
Le corps principal est celui de la femelle qui a le plus gros suçoir le cou le plus court elle plusgros.
La branche grêle, terminée par un petit suçoir, est le mâle.
La tète ou bouche de la femelle est en forme de cloche festonnée sur ses bords et garnie à son fond de six ou sept lancettes, entourant une ouverture centrale faisant communiquer la bouche avec l'œsophage. Cet appareil permet au syngame de se fixersur la muqueuse de la trachée à la manière de la sangsue.
OEuFS. — Les œufs de syngames, ellipsoïdes, operculés, ont 9 a sur 5 [J-; ils subissent une segmentation complète dans les cornes utéi*ines, mais n'y éclosent jamais (fig. 75).
C'est par la mort de la femelle que les embryons sont mis en liberté ; ils ont la forme (ïanguillules non sexués et se conservent très bien à l'humidité; on en trouve dans
les eaux, sur le soi des faisanderies, principalement, ou des poulaillers. Les oiseaux les ingèrent et les embryons arrivent ainsi dans l'intestin, qu'ils traversent pour ramper à travers les sacs aériens et pénétrer dans les bronches (fig. 76). Là ils subissent une première transformation, et les sexes commencent à se montrer. L'émigration
Fig. 74. — Sijngamustrachealis.
a, niàle. — b, femelle (grandeur naturelle). — X, mâle. — B, femelle (grossis) .
Via.
'a. — Œufs de syngame (d'après Mégnin).
se continue jusqu'à la trachée, où les parasites s'accouplent et se fixent. A ce moment, mâles et femelles sont égaux; ils ne mesurent que 4 à 5 millimètres de longueur, puis ils se différencient par suite de la nourriture inégale qu"ils prennent.
Parlbis Téclosion des œufss'elfeclue dans le tube digestif des oiseaux. La femelle atteint 22 millimètres et le mâle garde presque sa taille primitive. Dans un accès de toux, un sujet infecté rejette une femelle gonflée d'oeufs (plusieurs milliers) ses congénères se précipitent dessus et l'avalent; les embryons naissent et effectuent les migrations que nous avons indiquées plus haut.
Après quelques étapes, les parasites vont élire domicile dans la trachée, et le cycle recommence.
2» Syngame broucliial. — 11 vit dans les bronches des oiseaux, oies, canards, cigofjnes principalement. L'infection s'effectue comme pour le syngame trachéal.
Symptômes. — L'animal ouvrelebec commes'il baillait (d'où le nom de gape qui a été donné à cette affection en Angleterre) ; il est affecté d'une petite toux avortée comme s'il cherchait à se débarrasser d'un objet qui gêne la respiration ; il y a diminution de l'appétit ; on observe de la tristesse, et le plumage se hérisse. L'oiseau meurt brusquement asphyxié sans avoir fait la boule, sans avoir présenté cet air maladif qui caractérise les affections inflammatoires aiguës ou chroniques des grands appareils organiques, de la circulation, de la digestion, de la respiration. On a cependant constaté, dans certains cas, un emp/i2/*'^me sous-cutané dans la région du cou et de la poitrine.
Fig. 76. — Embryons de syngame (d'après Mégnin).
SYNGAMOSE.
La mortalité est- plus grande chez les jeunes animaux que chez les adultes ; c'est que les premiers ont une trachée beaucoup moins spacieuse que les seconds et un petit nombre de vers (trois ou quatre dans certains cas suffît pour les étouffer. La (/uéiison spontanée s'observe rarement.
Pronostic. — Cette affection est généralement mortelle. Le syngame trachéal est la cause d'épizootics très meurtrières. Mégnin a vu, à Rambouillet, douze cents faisans périr en un seul jour, et Crisp évalue à un demi-million par an le nombre des victimes en Angleterre.
Anatomie pathologique. — Les poumons présentent les lésions de l'asphyxie : ils sont congestionnés, noirâtres. En examinant la trachée, par transparence, on peut y voir, surtout chez les jeunes sujets, de petits corps allongés, soit à l'entrée de la cavité thoracique, soit au milieu du cou; en ouvrant la trachée, on voit alors de petits corps cylin-
droïdes semblables à des vers à deux têtes et attachés à la muqueuse trachéale par deux suçoirs ; l'extrémité libre du ver est souvent du côté du larynx par suite des efforts expulsifs que fait l'animal pour s'en débarrasser (fig. 77).
Traitement. — Il doit être prophylactique et curatif.
Traitement prophylactique. — Il consiste à changer les animaux de parc ou de poulailler, à nettoyer soigneusement les vases ou les bassins où ils ont l'habitude de boire et où des embryons ont pu être expulsés. Le sol est arrosé de solution d'acide salicylique à 1 p. 1000, de lysol à 2 p. 100, ou recouvert de sel marin dénaturé. On en
Fiy. 77. — Trachée ouverte montrant un groupe de syngames.
ajoute aussi à l'eau des boissons ; la solution de salicjlate de soude, Isr^s p. iSO grammes d'eau distillée, est mortelle pour les embryons. Une infiislon de rue et d'ail donne souvent de bons résultats.
Traitement curatif. — Il consiste dans l'ingestion d'un agent antiparasitaire et volatil qui s'élimine par le poumon. L'ail est souvent efficace, car il renferme une essence remplissant ces deux conditions ; on a aussi employer l'asa fœtida et le gingembre, mélangés à parties égales de gentiane pulvérisée.
On peut encore essayer d'extraire, mécanirjuement, ces vers de la trachée des malades. Divers procédés ont été conseillés : on peut les extraire avec une fine baguette et verser en même temps dans le bec quelques gouttes de liqueur de Fowler, ou les détacher avec une plume très fine, imbibée d'essence de térébenthine, de manière à provoquer le réflexe de la toux.
D. - ÉCHINOCOCCOSE.
L'échiconoccose pulmonaire est une maladie déterminée par les larves du Tœnla echinococcus, implantées dans le poumon.
Cette infestation résulte de l'ingestion de fourrages ou de boissons souillés par les excréments du chien porteur de ténias échinocoques. Habituellement, les larves de ce ténia se répandent dans le foie ; mais elles peuvent atteindre le poumon ou d'autres organes.
Vcvoliition des vésicules hydatiques est assez lente ; leur développement complet exige cinq mois environ; passé ce temps, elles se détruisent par suite des transformations qu'éprouve le kyste adventif. La face interne, d'abord lisse et transparente, se trouble, se recouvre d'une matière caséeuse qui, en raison de son abondance, comprime la vésicule. La membrane de l'hydatide éprouve la transformation r/ratssewse et laisse transsuder son contenu, qui se
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mélange à la matière caséeuse périphérique pendant que celle-ci s'imprègne de sels calcaires, de carbonate de chaux principalement. Alors la vésicule est transformée en une coque calcaire dont la paroi estconstiluée pardeux couches : l'une, extérieure, formée de phosphate de chaux ; l'autre, intérieure, de carbonate de chaux cristallisé par places.
Les échinocoques volumineux se réduisent ainsi à de faibles dimensions : ils prennent la forme de tubercules, mais ils s'en différencient toujours par l'examen histologique, qui permet de retrouver, à l'intérieur, les crochets du taenia et non les bacilles de Koch. et enfin par la présence d'échinocoques bien développés dans d'autres points du poumon.