II. — RUMIIVAIVTS
L'échinococcose piilmonaii'e est une maladie fréquente chez les ruminants qui passent l'été dans les pâturages.
Anatomie pathologique. — Le poumon est bosselé ; il s'atîaisse régulièrement, et, çà et là, on rencontre h la surface des vésicules d'échinocoques de dimensions très variables ; les unes atteignent le volume du poing : d'autres ne dépassent pas la grosseur d'un haricot ; ces vésicules sont parfois très nombreuses et augmentent considérablement le poids du poumon, qui peut atteindre 39 kilogrammes. Elles sontfréquemment stériles; beaucoup contiennent des vésicules secondaires. Quelquefois, elles sont constituées de masses petites, sèches, caséeuses d'apparence tuberculeuse. La plupart d'entre elles, entièrement closes, compriment le tissu pulmonaire environnant et en déterminent l'atrophie; il en est d'autres qui communiquent avec les bronches et qui forment ainsi de véritables ({ire rues.
Symptômes. — La présence dans lepoumon dun grand nombre d'échinocoques volumineux se trahit par des troubles fonctionnels très marqués.
La dyspnée, peu accusée au début, où elle passe même inaperçue, devient ensuite très évidente, et on observe une véritable angoisse respiratoire s'exagérant encore par un travail pénible. Avec la plainte respiratoire, on entend une toux faible, parfois à peine perceptible et se répétant à de courts intervalles, surtout lors d'ouverture d'une vésicule dans les bronches. Il sensuit une grande fatigue et une élévation très notable de la température. Du faitde l'ouverture de la vésicule dans les bronches, un liquide séreux s'écoule par les naseaux en même temps que se trouve rejetée l'enveloppe chitineuse déchirée de l'échinocoque.
La percussion révèle un son normal si les vésicules sont petites, })eu nombreuses et situées dans la profondeur du
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poumon. Mais, si les vésicules sont volumineuses. nombreuses et situées superficiellement, on a de la matité ou tout au moins de la submatité. Parfois, mais rarement, on entend un bruit de pot fêlé, ou un son métallique lors de louverture dune vésicule.
A r auscultât ion, les régions envahies sont silencieuses, tandis que les zones environnantes laissent percevoir un murmure respiratoire très rude et des râles bronchiques muqueux et sibilants. D"après Hartenstein. on entendrait verslafinde linspiration. unbruit particulier simulant une sorte de doc-duc et caractéristique de la maladie. Ce bruit serait dû à la fonte des lobes pulmonau-es contenant des échinocoques.
Quand les kvstes hvdatiques très volumineux (tète d'un homme par exemple) reposent sur la face supérieure du cœur, ils peuvent comprimer cet organe produire des phénomènes asystoliques et faire croire à l'existence dune péricardite par corps étranger (Moussu).
La fièvre est peu accusée, le cœur s'accélère lentement dans les cas graves. Lappétit diminue de façon progressive ; mais, si la maladie revêt une forme aiguë et si le foie est rempli lui aussi d'échinocoques. la maladie a une évolution plus grave et plus rapide.
Diagnostic différentiel. — Uéchitiococcose pulmonaire se différencie de la tuberculose par un état général satisfaisant, par une dyspnée plus intense et par un bruit de gargouillement pathognomonique.
L'échinococcose se distingue de \a. péripneumonie conia.gieuse par l'absence de fièvre, l'insensibilité des parois thoraciques. le peu d'étendue de la matité et par la nature des bruits pulmonaires qui sont entendus.
Traitement. — Le traitement est illusoire : les animaux les plus malades doivent être conduits à l'abattoir.