I. — SOLIPEDES
Étiologie et pathogénie. — Les perforations pulmonaires sont la principale cause de la pénétration de l'air dans la plèvre.
Les foyers de nécrose, qui sont l'expression des pneumonies contagieuses, déterminent fréquemment la communication d'une bronche avec la cavité pleurale.
Les abcès et les foyers gangreneux consécutifs aux broncho-pneumonies, par corps étrangers, s'ouvrent quelquefois dans les plèvres ; ce sont ordinairement les lobes antérieurs qui se laissent le plus facilement perforer. Ces gangrènes corticales se produisent dès le début de la maladie ou tardivement; un pyopneumothorax putride en est la conséquence.
L'emphysème interlobulaire détermine rarement le pneumothorax; l'air s'échappe au dehors, soulève la plèvre sans la perforer. Parfois la rupture de la plèvre viscérale est suivie d"un pneumothorax limité par suite d'une adhérence complète, à ce niveau, du poumon avec la' paroi costale. C'est ainsi que Renault a observé un cas de pleurésie partielle et suppurée résultant de l'ouverture d'une vomique pulmonaii'e dans le sac pleural.
hn. perforation de la plèvre pariétale {i), les plaies pénétrantes de la poitrine, les fractures des côtes sont des
(1) Peupion, Pneumothorax et emphysème sous-cutané consécutifs à une inclure (Recueil de mémoires et observât, sur la mcd. vêt. milit., 190;), p. 251). — Biin, Pyopneumothorax unilatéral (idem, 1900, p. 90). — Douville. Pyopneumothorax chez un àne {Recueil de mcd. vét., 1907, p. 693).
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causes de pneumothorax quand elles intéressent simultanément la plèvre pariétale et la plèvre viscérale ou quand elles sont anfractueuses.
La rupture de l'œsophage assure la pénétration de gaz. de matières liquides ou solides dans la plèvre et la production dune pleurésie suraiguë rapidement mortelle.
Le pneumothorax peut résulter d'une fausse manœuvre dans la thoracentèse.
Les abcès des parois pectorales du sternum peuvent s'ouvrir simultanément à l'extérieur et dans la cavité pectorale et provoquer un pyojjneumothora.T .
Anatomie pathologique. — Louvertm-e de la poitrine est immédiatement suivie du dégagement de gaz en quantité considérable.
Un épanchement purulent, grisâtre, brunâtre, huileux et fétide remplit la
cavité pleurale. L"épanchement liquide réduit le contenu gazeux.
La plèvre est blanc jaunâtre partout où elle est recouverte de fausses membranes: elle est grisâtre, verdâtre. au niveau de la gouttière vertébrale, quand cette dernière partie a été respectée par r i n fl a m m a t i 0 n .
Celle-ci est parfois restée cantonnée au pourtour de la perforation; si elle est diffuse, elle présente toujours, à ce niveau, son maximum d'intensité.
Les néomembranes sont quelquefois très abondantes Cadéac. — Pathologie interne. IV. 26
Fig. S6. — Pleurésie consécutive à la perforation du poumon. La plèvre offrait une ttinle verdâtre dans les parties élevées non recouvertes de fausses membranes (Photographie Cadéac).
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et rendent la surface pleurale rouge, épaisse, (onienteuse; elles peuvent isoler complètement les deux sacs pleuraux et empêcher la propagation du pneumothorax des deux côtés de la poitrine.
Les néomembranes peuvent constituer des brides qui font adhérer le poumon à divers points de la poitrine.
Le POUMON est foncé, noirâtre, ratatiné, hépatisé, gangrené ou abcédé, en un ou plusieurs points; la caverne est facilement retrouvée quand elle olTre les dimensions du poing ; mais il est souvent impossible d"y découvrir la moindre perforation. Le meilleur mojen de la rendre évidente, c'est d'insufller doucement par la trachée le poumon complètement immergé dans l'eau: on voit les bulles crever à la siu-face du liquide. V insufflation peut la faire apparaître très nettement quand elle occupe le bord interne ou le voisinage du bord inférieur. C'est presque toujours un peu en arrière de l'échancrure cardiaque que la fistule pulmonaire existe. Elle est ordinairement unique, mais on peut en rencontrer plusieurs, surtout dans les broncho-pneumonies par corps étrangers ; le sommet de la fistule occupe tantôt une dépression du tissu pulmonaire, tantôt le sommet d'une saillie molle, jaunâtre ou grisâtre, formée de fausses membranes audessous desquelles la partie corticale du poumon est ramollie et gangrenée. La fistule est ordinairement souspleurale, la communication avec la bronche, immédiate, ce qui explique le reflux du liquide pleural vers les bronches et son écoulement par les naseaux au moment où Ion transporte le cadavre (Saint-Cyr).
La paroi Ihoraciquc peut présenter des altérations diverses : plaies anfractueuses, nécrose, carie ou fracture des côtes ou du sternum; on trouve dans la cavité pleurale les microbes de la suppuration et de la gangrène. Le diaphragme est quelquefois le siège d'une perforation ou d'un abcès perforé de 15 à 20 centimètres de diamètre (Schmidt).
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Symptômes. — 1° Signes fonctionnels. — La dyspnée augmente brusquement d'intensité quand le pneumotliorax survient dans le cours d'une affection pulmonaire ; le sujet manifeste une vive anxiété, presque de Vorthopnée avec- dilatation excessive des naseaux : les côtes sont écartées.
La toux est parfois suivie d'un jetage brunâtre et fétide, indice de la gangrène pulmonaire.
Les muqueuses sont cvanosées. le pouls petit, filiforme la température très élevée, 40 à 41°.
2» Signes physiques. — Les signes pbysiques sont seuls caractéristiques. Le thorax paraît dilaté, les côtes presque immobiles; les mouvements expiratoires et inspiratoires sont presque complètement abolis.
La percussion fait entendre une sonorité exagérée, un son tympanique qui occupe la partie supérieure de la poitrine : la tonalité de ce son varie suivant le pneumothorax, c'est-à-dire suivant le degré de pression intrapleurale: on peut percevoir un son clair et exagéré, un son de pot fêlé, un son à timbre métallique ; les parties inférieures de la poitrine donnent un son mat dû à l'épanchement liquide ou aux altérations pulmonaires.
A l'inspection, on peut observer parfois la hernie du l>oumon quand le pneumothorax est dû à une perforation de la plèvre pariétale, et l'on constate de l'emphysème sous-cutané; la main passée doucement à la surface de la paroi thoracique provoque un bruit de crépitation des plus net.
L'auscultation fait percevoir une abolition complète du murmure respiratoire ou une atténuation considérable de ce bruit dès le début du pneumothorax. Le poumon ne respirant plus, le murmure vésiculaire ne peut se produire: ce silence est bientôt remplacé par un souffle plus ou moins lointain à timbre métallique, c'est le souffle amphorique.
Ce bruit, perceptible tout d'abord au voisinage de la fistule, présente son maximum d'intensité à l'expiration ;
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il se propage bientôt dans toute l'étendue de la poitrine et s'accompagne do petits bruits éclatants, à timbre argentin, qu'on peut percevoir jusque dans les parties postérieures du corps. Parfois le souffle amphorique imite une sorte de tintement métallique, que l'on peut percevoir à distance.
Quand l'épanchement remplit presque complètement la poitrine et que le poumon no peut plus surnager, on entend un bruit de fistule désigné sous le nom do bruit de glouglou. Le bruit de glouglou peut quelquefois être entendu à distance. Ce bruit exige trois conditions pour se produire : l'existence d'une fistule située au-dessous de la surface du liquide, un épanchement liquide et une tension modérée du gaz contenu dans la plèvre. 11 doit être attribué à des bulles d'air qui viennent crever à la surface du liquide, et il ressemble au gargouillement déterminé par l'eau qui jaillit en bouillonnant. Le bruit de glouglou est beaucoup plus rare que le souffle amphorique, la fistule demeure située au-dessous do l'épanchoment pendant toute la durée de la pleurésie, à moins qu'il n'existe des brides qui empêchent cet organe de surnager.
Vers les naseaux,, on peut percevoir un souffle nasal intense, ou le bruit de gouttelette, et, vers les premières bronches, on entend un bruit spumeux et sifflant qui indique une congestion généralisée intense, puis, dans un temps très court, la mort survient par asphyxie. î/air qui pénètre dans la plèvre y acquiert une tension supérieure à la tension atmosphérique ; il provoque la suffocation ot l'asphyxie.
Diagnostic. — Le pneumothorax est ordinairement caractérisé par trois signes : l'exagération de la résonance ou la résonance tympanique à la partie supérieure de la poitrine; le souffle amphorique, suivi parfois de bruit de glouglou et une matité horizontale dénonçant rexistonce d'un épanchement pleural.
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Traitement. — La mort est la terminaison inévitable de la maladie, et tout traitement est inutile.