‹ Pathologie interne (volume 2)Chapitre 90 sur 96 · II. —BOVIDES · texte numérisé non relu

II. —BOVIDES

Étiologie. — Le pneumothorax est quelque fois la conséquence de la déchirure de Jiyste^ d'échinocoques (Deupser).

Les broncho-pneumonies compliquées dabcès et de gangrène pulmonaire, les corps étrangers qui proviennent du réseau peuvent perforer une bronche et engendrer le pneumothorax. Les canaux bronchiques peuvent se rupturer sous linfluence defTorts de toux, de beuglements prolongés ou pendant l'accouchement: il est vrai que lemphysème médiastinal. sous-pleural et sous-cutané en est ordinairement la conséquence; le pneumothorax est l'exception. Cet accident est rare, relativement au nombre d'emphysémateux .

Les corps étrangers ne déterminent pas constamment une péricardite : ils peuvent intéresser le poumon, la plèvre, produire un pneumothorax qui se complique rapidement d'un épanchement séreux, purulent ou putride. D'autre part, les corps étrangers peuvent établir une communication entre les organes digestifs et la cavité pleurale ; mais cette variété de pneumothorax est très rare.

La tuberculose pulmonaire peut déterminer la production de cavernes et decavernules s'ouvrant simultanément dans les bronches et dans la plèvre.

Lésions. — Dès que la plèvre est mise en communication, par l'intermédiaire du poumon ou de la paroi thoracique, avec l'air extérieur, celui-ci se précipite dans la cavité: le vide pleural n'existant plus, rien ne fait équilibre à l'élasticité du poumon, qui s'affaisse et se rétracte.

Quand l'air introduit est aseptique ou peu septique. il est peu dangereux. Ainsi l'air qui s'échappe de ces vésicules pulmonaires crevées n'a qu'une action mécanique, l'azote

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navant pas d'action irritante, l'acide carbonique et loxygène étant antiseptiques ; il ne renferme pas de microbes ; ceux-ci sont ari'ètés par les bronches avec les particules de poussière inhalée. Les troubles respiratoires diminuent à la suite de l'occlusion de la déchirure pulmonaire, par suite de la résorption progressive de l'air.

Cette résorption se fait rapidement au début, plus lentement ensuite. Le pneumothorax disparaît aussi quand la déchirure est rapidement obturée (pneumothorax fermé par un clapet) ; il persiste : 1° quand le pneumothorax est ouvert, c'est-à-dire quand l'air éprouve un mouvement de va-et-vient, passe du poumon dans la plèvre à chaque inspiration et de la plèvre vers les bronches à chaque expiration; 2° quand le pneumothorax est à soupape, c'est-à-dire quand l'air peut s'échapper du poumon vers la plèvre, sans jamais refluer vei's les bronches.

L'insufflation du poumon, retiré de la poitrine, est le moyen le plus simple de mettre en évidence la perforation pulmonaire. On peut constater la déchirure dune vésicule d'échinocoque et l'existence d'une cicatrice incomplète (Deupser) ou un abcès, une caverne, une bronche rupturée ou un lobule emphysémateux des bords ou des parties antérieures ayant subi une sorte d'éclatement.

Symptômes. — L'entrée subite de l'air dans la cavité pleurale se traduit par une dyspnée très intense avec soubresaut du flanc et respiration plaintive.

A V inspection, on constate que le thorax est dilaté, immobile du côté malade, et que les espaces intercostaux ne se dépriment plus à chaque inspiration.

Il en résulte une asymétrie manifeste entre les deux côtés de la p.oitrine.

A la percussion, la sonorité thoracique est exagérée par le pneumothorax, et l'on perçoit même un son tympanique ou métallique qui contraste avec la sonorité normale du côté sain.

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L'auscultation dénonce l'abolition du murmure respiratoire et Texistence dun souffle amphorique à timbre métallique. Tous les bruits laryngo-lrachéaux — plainte, bruit respiratoire — retentissent dans cette vaste cavité remplie d'air et sont perçus avec ime très grande intensité. On entend, en même temps, un bruit de gouttelette caractérisé par un tintement argentin.

Le pouls est accéléré : on peut compter plus de 100 pulsations avec xm pouls veineux manifeste à chaque respiration (Harms, Deupsor).

Lappétit et la rumination sont suspendus; le rumen demeure immobile: lanimal offre des éructations, une légère météorisation et de la constipation.

Le pneumothorax peut aboutir à Tinfection de la plèvre et au développement de la pleurésie puriUente et gangreneuse ; mais il est généralement beaucoup moins grave que chez le cheval.

L'air demeure cantonné dans un sac pleural : il peut même y avoir adhérence de la plèvre viscérale à la plèvre costale, de sorte que le pneumothorax est partiel.

Pronostic. — On a avantage à vendre pom* la boucherie les animaux affectés de pneumothorax quand il ne s'agit pas d'animaux de grande valeur. On peut poursuivre la guérison de ces derniers quand le pneumothorax n'est pas compliqué d'une infection plem'ale : l'élévation de la températui'e vient dénoncer cette complication.

Traitement. — Le pneumothorax simple, consécutif à l'échinococcose, peut guérir spontanément par cicatrisation de la paroi déchirée et résorption graduelle de l'air épanché : le poumon peut récupérer son élasticité quand les lésions parenehvmateuses qui ont })réparé la perforation sont très limitées. Les moyens de traitement comme la thoracentèse ne peuvent que diminuer la pression intrapleurale et conjurer l'asphyxie.

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