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I. — SOLIPÈDES

Étiologie et pathogénie. — La péritonite aiguë est une maladie microbienne. Il n'y a pas de péritonite idiopathique ou de péritonite a frigore ; celle qu'on a l'habitude de désigner ainsi résulte d'une infection primitive ou secondaire du sac péritonéal.

Le péritoine est à l'abri de l'inflammation tant qu'il demeure inaccessible aux microbes irritants. Les plaies les plus graves se cicatrisent sans inflammation appréciable quand elles sont aseptiques. On peut pratiquer la castration des monorchides, introduire des corps étrangers dans la cavité abdominale de tous les animaux sans produire d'inflammation, si l'on n'introduit pas de germe. Jalaguier et Mauclaire ont montré qu'une bande de gaze ou une éponge aseptique, introduite dans la cavité abdominale d'un chien, s'enroule autour des anses intestinales, s'enveloppe de faussés membranes, puis s'élimine par la cavité intestinale.

La susceptibilité inflammatoire du péritoine du cheval, comme sa faculté pyogénique, s'expliquent naturellement aujourd'hui : elles sont liées à la réceptivité des solipèdes pour les germes de la suppuration. La tolérance du péritoine pour les corps aseptiques est donc parfaite. Il n'y a pas de péritonite aiguë sans microbes. On peut en juger en ensemençant comparativement le liquide d'une ascite et le liquide d'une péritonite. Les milieux ensemencés avec le

premier demeurent stériles, ceux qui sonl ensemencés avec le second donnent d'abondantes cultures. Ayant entrepris, sur ce point, quelques recherches en vue de déterminer les germes pathogènes contenus dans le liquide péritonéal, nous avons constaté que la i-éaction anatomique comme la réaction clinique procèdent plus du mode d'infection du péritoine, et de la quantité des germes infectants que de leur spécificité (d).

L'étiologie et la pathogénie de la péritonite se résument dans le mode d'introduction des germes inflammatoires dans la cavité péritonéale. Les microbes infectieux peuvent pénétrer dans la séreuse péritonéale :

1° Par la circulation sanguine;

2o Par la paroi abdominale (péritonite opératoire et traumatique) ;

3° Par une portion du tube digestif;

4° Par perforation de la matrice et propagation de la métrite ou des processus infectieux do cet organe ;

5° Par propagation ou rupture d'une poche purulente intra ou extrapéritonéale.

I. Parla circulation. — Cette porte d'entrée des agents infectieux est normalement fermée ; elle s'ouvre très rarement ; les cas de péritonite primitive sont exceptionnels. Les microbes parviennent dans le péritoine à la faveur d'une affection générale qui les fait circuler dans le sang, et d'une prédisposition qui les fixe dans le péritoine. Par les analyses bactériologiques, on peut déterminer les espèces microbiennes qui végètent dans le péritoine ; on peut y trouver desstaphylocoques, des diplocoques, des streptocoques, ïe Bacterium coli commune qui président à l'évolution de la plupart des inflammations exsudatives et suppuratives (2).

(1) Motiatshefte,i8^2, p. 40. — Boschetti, Moderno Zooiatro, février 1893.

(2) Dyar et Keith ont fait quelques recherches qui démontrent la présence du Bacterium coli commune dans l'intestin de tous les animaux domestiques (The Veteri7iartnn, 1895, p. 268).

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Selon toute probabilité, les microbes apportés dans le péritoine, par les vaisseaux, ne diffèrent pas de ceux qu'on trouve dans les inflammations primitives des plèvres, du péricarde, etc. Il n"v a que la prédisposition qui change et qui fixe leur terrain d'évolution.

La. prédisposition est, avant tout, le résultat d'une faiblesse naturelle d'un tissu par rapport à un autre; elle est renforcée par les influences externes comme le froide qui. à la manière d'un traumatisme, prive les éléments de leur résistance et facilite leur infection.

Sous le nom de péritonite a frigore. de péritonite essentielle, spontanée, idiopathique, rhumatismale, on a décrit toutes les péritonites infectieuses contractées à la faveur d'un refroidissement.

Le refroidissement déterminé par les douches rectales froides, par l'exposition des animaux à la pluie, à un courant d'air quand ils sont en sueur, par l'ingestion d'aliments froids et humides (boissons froides, fourrages verts couverts de givre ou de rosée), surtout quand les animaux sont échauffés par l'immersion subite dans leau froide, et par toutes les causes capables d'arrêter la transpiration, peut permettre l'entrée dans l'organisme des agents infectieux ou déterminer la péritonite chez les sujets préalablement infectés. Dans tous les cas, la pénétration des microbes est indispensable: sans eux, le froid peut déterminer des accidents congestifs. mais jamais de troubles inflammatoires. Expérimentalement, on n'a jamais pu provoquer d'inflammation viscérale sous l'influence du refroidissement.

L'association des deux influences pathogéniques. froid et microbes, permet de comprendre les cas, rares ou douteux, où l'on a vu la péritonite survenir après un refroidissement.

II. Par la paroi abdominale. — La pénétration des microbes par la paroi abdominale détermine la péritonite traumatiqiie e\ opératoire.

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Péritonite traumatique . — La péi'itonite traumatique procède d'une inoculation directe du péritoine par une l'ourclie, un piquet, la corne d'un ruminant, les timons, les brancards, les ciseaux à tondre, etc. et par tous les corps porteurs de germes pathogènes septiques et putrides. Ceuxci peuvent s'introduire, après le traumatisme, par la solution de continuité. Les perforations septiques déterminent quelquefois des fistules intestinales et une péritonite locale suivie, de guérison (Barrier).

Les grandes opérations qui sont pratiquées sur la paroi abdominale chez les animaux affectés de hernie, sont suivies de péritonite aiguë quand la congestion, l'hémorragie et une nécrose commençante ont envahi l'anse intestinale. Les procédés de guérison des hernies inguinales, ombilicales ou ventrales sont parfois la cause de cette complication.

Ces diverses opérations peuvent être suivies d'adhérences, de suppuration, d'abcès et d'infection primitive ou secondaire ; la péritonite aiguë généralisée ne se déclare que plusieurs joui-s ou plusieurs semaines après l'intervention chirurgicale. Les microbes, venus du dehors, produisent une infection péritonéale d'autant plus intense et plus rapide qu'ils sont plus nombreux et plus virulents.

L'entérotomie ne se complique jamais de péritonite, depuis qu'on utilise un trocart de calibre réduit et qu'on prend quelques précautions aseptiques.

On voit tout au plus un petit abcès se pi'oduire au niveau de la perforation (Drouin).

Péritonite de castration. — La pénétration des germes par la plaie de castration chez les mâles, très fréquente autrefois, revêtait souvent une forme enzootique. Elle a été diversement interprétée par Lafosse (i861), Bouley (1857), Hering (1858). En 1830, Texier avait vu périr de péritonite, au dépôt de Caen, 200 chevaux sur 2000opérés; Lacoste, en 1838, en avait perdu 42 sur 62.

La péritonite de castration apparaît généralement du

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second au sixième jour après l'opération, rarement du huitième au dixième, exceptionnellement après quinze jours, un mois, deux mois (Gourdon) ou près de trois mois (Laugeron).

Les microbes qui président à l'évolution de cette infection péritonéale sont : les streptocoques et les bacilles de la septicémie gangreneuse.

Les streptocoques trouvent assurément dans la plaie de

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