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I. — SOLIPÈDES

Étiologie. — Les maladies chroniques de l'appareil circulatoire (endocardite) peuvent gêner la circulation de retour et produire l'ascite. Cette complication ne survient que dans les phases extrêmes de l'asystolie ; c'est ce qui explique son absence dans la plupart des maladies du cœur (fig. 104).

Les tumeurs du foie, la sarcomatose et la carcinomatose de la cavité abdominale amènent aussi l'hydropisie péritonéale, en altérant le sang et la nutrition (cachexie), en comprimant la veine cave et les racines de la veine porte.

Les kystes de l'ovaire peuvent gêner la circulation de retour en comprimant la veine cave ou les veines iliaques (Jeannot).

L'ascite, très développée, est toujours une rareté chez les solipèdes.

Anatomie pathologique. — L'épanchement et les modifications du péritoine résument toutes les altérations. L'ÉPANCHEMENT est Ordinairement de 25, 40, 50 litres (Reynal), 80 litres (Woodger), 107 litres (Bi-usasco); il peut même atteindre 150 litres. Ce liquide est toujours clair, transparent, citrin, albumineux, dune densité d'environ 1012. Il mousse par l'agitation; il est neutre ou légèrement alcalin. On peut y rencontrer quelques leucocytes et quelques globules rouges ; il est très riche en eau, pauvre en matières minérales et en matières albuminoïdes.

Le PÉRITOINE est pâle, mince, lisse, lavé, quelquefois tapissé d'un semis cancéreux, ou recouvert de tumeurs volumineuses qui modifient l'aspect des organes; la paroi abdominale est amincie, décolorée, atrophiée ou œdématiée ; le diaphragme est décoloré, et parfois les

ASCITES.

intestins sont l'étrécis. On constate aussi les altérations cardiaques ou veineuses qui ont engendré l'hydropisie.

Symptômes. — Le début de lascite est latent, insidieux, impossible ;\ constater : la grande capacité de l'abdomen,

Fig. 104. — Hypertrophie du foie chez un cheval atteint d'ascite coniniençanfe, le pointillé indique le volume normal, la partie noire marque l'hypertrophie.

la lenteur avec laquelle se forme lépanchement, le peu^ de retentissement qu'il a sur lorganisme, empêchent de le reconnaître dans la majorité des cas, tant qu'il n'est pas très abondant. L'ascite se traduit alors par des signes phj'siques et des signes fonctionnels caractéristiques, a. Signes physiques. — Par Vint>pection. on est d'abord

frappé de l'augmentation du volume de l'abdomen et du changement survenu dans sa forme : il paraît descendu, élargi à la partie inférieure; les hypocondres sont portés en dehors, les flancs sont tirés en bas, leur creux a disparu ; la peau de la partie inférieure du ventre est tendue, lisse; les membres postérieurs sont engorgés, œdématiés.

La PALPATiON fait percevoir le signe le plus caractéristique : la fluctuation. Quand on soulève le ventre à l'aide des deux mains, du genou, ou qu'on applique la main à plat sur un des côtés du ventre, tandis qu'avec l'autre main, on imprime de légères secousses sur le côté opposé, on perçoit une sensation d'ondulation ou de choc. Pour plus de commodité, on peut faire percuter un côté de l'abdomen par un aide. L'exploration rectale permet de percevoir le même ballottement, si la main est tenue verticalement en guise de rame, pendant qu'un aide exerce des pressions brusques sur l'une des faces latérales du ventre. Un épanchement peu abondant ne se traduit par aucune fluctuation appréciable.

La PERCUSSION médiate donne un son mat très marqué dans les parties inférieures et limité par une ligne horizontale, un son tympanique dans les parties élevées; I'auscultation de l'abdomen, pendant qu'un aide y produit des ondulations, fait entendre un bruit de clapotement déterminé par des ondes liquides qui vont se briser contre les parois abdominales.

6. Signes fonctionnels. — L'animal présente des troubles fonctionnels dont les uns sont liés à l'ascite, et les autres à la maladie qui a engendré l'ascite. Ceux-ci sont si variables que nous ne pouvons nous en occuper. Les effets de lépanchement ascitique consistent dans le refoulement excentrique des viscères renfermés dans la cavité abdominale ou dans les cavités voisines.

Le liquide écarte les hypocondres, repousse les anses intestinales vers la région lombaire, rend la digestion

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et la progression des matières alimentaires plus difficile, comprime et anémie le foie, la rate, repousse le diaphragme en avant, diminue la capacité inspiratoire du poumon, d'où gêne fonctionnelle des organes abdominaux, gêne circulatoire dans la veine cave et la veine porte, diarrhée consécutive et œdème des parties déclives, dyspnée pulmonaire et cardiaque : le pouls est petit, filiforme, les battements du cœur sont tumultueux ; les muqueuses sont pâles, la respiration ailée ; les animaux se tiennent toujours debout pour conjurer l'asphyxie menaçante ou la syncope mortelle.

Marche. — Durée. — Terminaison. — L'ascite du cheval est incurable; son évolution est plus ou moins rapide et mobile, mois toujours apyrétique : elle dépend de la cause provocatrice ; le syndrome ascite n'est qu'un rideau derrière lequel se cache une autre maladie. Tantôt l'ascite qui en dépend se développe et augmente rapidement ; tantôt elle évolue lentement ; elle est rarement curable, elle est mortelle ou stationnaire ; nous ne connaissons pas de cas de guérison chez les solipèdes.

Diagnostic. — La vue, la palpation, la percussion et l'auscultation font reconnaître l'épanchement abdominal, l'absence de fièvre, et la ponction qui montre les caractères du liquide, attestent sa nature ascitique et empêchent toute confusion avec la péritonite.

L'exploration rectale la fait différencier de la gestation, fait sentir des tumeurs qui ont engendré l'ascite. La facilité avec laquelle le rectum se déplace de droite à gauche, quand on y introduit le bras, est regardée comme un signe pathognomonique de l'ascite.

Il est souvent impossible de déterminer la maladie qui a engendré l'épanchement ascitique.

Les tumeurs abdominales prennent quelquefois de telles proportions qu'elles simulent une ascite ; les néoplasmes du foie échappent généralement à toute exploration ; les lésions du cœur peuvent être diagnostiquées, de sorte

qu'on arrive, par élimination, tY établir la cause de l'épanchement.

Traitement. — Le traitement de l'ascite a presque exclusivement pour but de remédier aux accidents déterminés par l'accumulation progressive de liquide. Il n'existe pas un traitement pouvant être qualifié de curatif. La. ponction de l'abdomen doit être pratiquée en prenant toutes les précautions antiseptiques afin d'empêcher l'ascite de dégénérer en péritonite ; on la pratique sur la ligne blanche à égale distance du pubis et de l'appendice xiphoïde du sternum ; on retire le liquide en plusieurs fois afin de ne pas déterminer une décompression trop rapide.

Ces évacuations de liquide doivent être réservées aux cas où l'ascite devient gênante par son abondance. Il ne faut pas en abuser; les ponctions l'épétées affaiblissent l'organisme en raison de la reproduction rapide du liquide.

Concurremment, on doit utiliser les diurétiques, tels que les préparations scillitiques, dOO à 200 grammes à l'intérieur, la poudre de digitale 2 à 4 grammes, le sel de nitre, 30 à 40 grammes, la pilocarpine. Contre la cause de Vascite, on utilise les cardiaques, quand il s'agit d'une maladie du cœur, l'iodure de potassium contre les néoplasies ou les hypertrophies ganglionnaires.

Les cholagogues : calomcl (5 ù 10 grammes), bicarbonate de soude (20 à 50 grammes), salicjlatede soude (10 à 30 grammes), salol (4 à 10 grammes), sont à recommander pour favoriser les fonctions du foie.

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