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CARNIVORES

Définition. — Sous le nom de dithjridiose, nous désignons une ascite parasitaire, caractérisée par la présence dans la cavité péritonéale du chien ou du chat de larves d'un téniadé, hôte de l'intestin du chien, et connu sous le nom de Mesocestoides lineatus.

Les larves du péritoine signalées chez le chat (Baillet), chez le chien (Labat) sont fréquentes dans la région toulousaine. SendrailetCuillé(l)ontt"ait une étude intéressante de l'ascite qui résulte de cette invasion larvaire du péritoine.

Caractères de ces parasites. — Faciles à reconnaître quand on examine le liquide ascitique, ils forment des grains pâteux d'un blanc légèrement jaunâtre. « Examinés isolément, ils otTrent l'aspect de petites vésicules à parois transparentes ou faiblement opalescentes, très minces, éclatant sous la moindre pression et laissant écouler une sérosité limpide et incolore. Leur volume est compris entre une petite tête d'épingle et un gros pois. Quelquesuns, très rares, parmi les plus petits, ne sont pas vésiculeux ; ils constituent de fins grains blancs et opaques. Leurs formes sont excessivement variées : sphériques, en poire, en gourde, en fuseau, en huit, en gousse, etc.

Ils présentent ordinairement un ou deux appendices

(1) Sendrail et Cuillé, Revue vét., 1906. — Lefebvre, Sur un cas d'heliiiin- Ihiase des séreuses dos splanchniques du chien ayant occasionné la mort [Société centrale, 1903, p 143). — Cadéac, Dithyridiose chez le chat (Journal de Lyon, 1909).

DITHYRIDIOSE.

étirés en pointe qui font songer à de fins pédicules rompus (fig. 125, A).

A un faible grossissement, on peut distinguer, à leur sui"face, quelques grains réfringents, grains calcaires qui sont dissous au contact de la solution acétique. Ils sont doués de mouvements qui consistent en des contractions étendues de leur membrane d'enveloppe; ils sétirent, se

Fig. li'o. — Quelques formes du parasite, double de la grandeur naturelle. A. Formes ordinaires ; B, Formes longues de transition (Sendrail ef Cuillé).

rétractent, se déforment ; mais ces mouvements ne sont pas combinés en vue d'un déplacement déterminé ; ils persistent, pendant plusieurs minutes, sur une lame de verre, pendant plusieurs heures dans le liquide, si on a le soin de le maintenir aune température convenable. Ils sont toujours libres dans la cavité péritonéale, dont ils remplissent tous les interstices, s'accumulant entre les lames et dans les dépressions de l'épiploon. Leur masse totale, séparée du liquide dans lequel ils baignent, peut être de quelques litres ; ils sont donc innombrables. Le péritoine est épaissi et montre les lésions d'une inflammation chronique.

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Parmi les parasites précités, il en est quelques-uns qui répondent à un type un peu différent. Plus ou moins allongés, en cylindre parfait, de 1 à 2 centimètres de long sur 1 à2 millimètres de large, ou plus longs encore jusqu'à 5 centimètres, et plus ou moins renflés à l'une ou à leurs deux extrémités. Ils sont également constitués d'une membrane mince et d'im contenu liquide, mais, sur

Fig. 120. — Forme pleine avec quelques vacuoles. (Le plisscmenl excessif delà paroi est accidentel et dû à une défectuosité dans l inclusion) (Sendrail et Cuillé).

certains, la paroi est plus épaisse et la cavité très rétrécie ou complètement effacée à l'un des bouts (fig. 125, B). On peut observer en même temps le Dithyridium Bailleti.

La structure de ces parasites anormaux révèle leur mode do multiplication. Ils sont constitués par une membrane anhiste, en une seule coucbe mince, formant un sac continu qui, cbez les formes pleines, contient ime sorte de tissu myxomateux, dans lequel se trouvent

DITHYRIDIOSE.

disséminées de nombreuses cellules à paroi très nette et à noyau relativement volumineux. Sur d'auti-es, on voit des vacuoles plus ou moins spacieuses apparaître au milieu de ce tissu de remplissage (Qg. 126). Ces vacuoles, s'agrandissant et se réunissant les unes aux autres, aboutissent à la formation de la vésicule type, dont les parois comprennent deux couches, l'externe anhiste. l'interne faite du tissu organisé, refoulé à la périphérie. A la surface se

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Fig. 127. — Forme vésiculeuse. Lut- païUc Je la paroi montrant la formation d'un bourgeon (multiplication exogène) (Sendrail et Cuillé).

montrent des bourgeons nombreux de toutes les dimensions, dont les pédicules se rétrécissent, s'étirent et se rompent, et ainsi se trouvent mis en liberté de nouveaux corps absolument semblables au premier (multiplication exogène) (f]g. 127).

La multiplication paraît se faire aussi au sein du tissu constitutif par le développement et l'organisation de quelques-unes des cellules de ce tissu : les jeunes individus sont ensuite libérés par déhiscence ou rupture de la vésicule mèi"e (multiplication endogène) (flg. 128).

Quels qu'en soient les modes, la multiplication de ces parasites est extrêmement active. Après la ponction qui

PKRITOINE.

a évacué la quasi-totalilé du contenu péritonéal, celui-ci se reconstitue en quelques semaines avec les mêmes caractères, et les ponctions successives donnent des parasites aussi abondants et toujours du même type.

Ces organismes se reproduisent directement : Sendrail et Cuillé ont réussi à provoquer la maladie en les injectant

Fig. 128. — Forme pleine montrant le mode de multiplication endogène.

en petit nombre, à létat frais, dans le péritoine de chiens d'expérience.

La nature exacte de ces parasites n'est pas encore déterminée. Ils diffèrent des échinocoques par leur membrane anhiste, toujours simple, jamais lamelleuse ni stratifiée, par l'absence de scolex et par les mouvements dont ils sont animés.

Diverses considérations permettent de rattacher ces parasites à une forme avortée des larves du Mésocestoïdes lineatus, c'est-à-dire à des Dithyridrurn.

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Symptômes. — Ces parasites sont une cause de péritonite si atténuée qu'elle est exclusivement représentée par le syndrome ascite. Celte hvdropisie ne devient apparente que plusieurs mois après linfestation: puis elle augmente rapidement. Les animaux sont toujours plus ou moins amaigris et anémiques ; ils offrent de la lourdeur et de r essoufflement et succombent sans présenter d'autres symptômes.

Pronostic. — Le pronostic est très grave: la multiplication des cvstiques dithvridiens du péritoine est tellement active que lascite qu'ils provoquent se reconstitue très rapidement après les ponctions successives et que l'animal succombe à l'aggravation progressive de l'anémie ou de l'intoxication parasitaire.

Traitement. — Tout traitement a été jusqu'à présent entièrement inefficace.

ARTICLE VI. — LINGUATULOSE.

Des linguatules [Linguatula denticiilata) ont été rencontrées dans le péritoine du chat. On en trouve très exceptionnellement par milliers dans des kystes du péritoine hépatique ou du mésentère du chien (Bochefontaine).

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