CHAPITRE PREMIER
Définition. — Linflammation calarrhale de la muqueuse pituitaire qui tapisse les fosses nasales s'appelle : coryza, rhinite, catarrhe nasal, rhnme de cerveau.
Son évolution est aiguë ou chronique.
Toujours infectieuse, quand elle est aiguë, cette inflammation guérit promptement chez tous les animaux; toujours secondaire et symptomatique, quand elle est chronique, on la voit persister autant que sa cause provocatrice.
Il y a autant d"unité dans la forme aiguë que de disparité dans la forme ciironique.
L'apparition subite du coryza aigu est généralement liée à un refroidisssement qui détermine des réactions vaso-motrices anormales et rend la pituitaire vulnérable. Les gei*mes saprogènes ou pathogènes, qui sont constamiiient inhalés, provoquent l'inflammation superficielle de la muqueuse. C'est par un mécanisme analogue que se
développent toutes les inflammations aiguës ou snbaiguës (les membranes tégumentaires. Les microrganismes qui ont accès dans les fosses nasales sont très nombreux : on peut y trouver tous ceux de l'atmosphère et tous ceux dont lair inhalé s'est chargé dans les milieux infectés.
Les streptocoques et les staphylocoques y sont toujours présents même chez les animaux en parfaite santé. On y rencontre encore des cocco-bacilles, des strepto-bacilles, le bacUlus subtilis, des moisissures, etc. (1).
Ces divers microbes s'acclimatent dans les cavités nasales, y renforcent leur activité virulente et finissent par acquérir la faculté de faire développer directement des coryzas chez les animaux sains.
Le coryza peut revêtir ainsi l'allure cVune maladie contaijieuse. Les premiers sujets n'ont présenté cette atTection que par l'association du refroidissement et des microbes; puis, les coryzas semblent être régis exclusivement par les microbes, chez les animaux placés dans les mêmes éciu-ies ou les mêmes étables que les premiers malades.
La fréquence du coryza aigu est subordonnée à deux causes : 1° au degré de réceptivité des tissus en général et de la muqueuse nasale en particulier, pour les germes de l'air; 2" à la vulnérabilité relative de cette muqueuse, c'est-à-dire à sa réactivité contre les influences extérieures. C'est pour ce double motif que l'affection est beaucoup plus commune chez le cheval que chez le bœuf.
Rien de pareil dans les formes chroniques. 11 y a autant de modes d'évolution qu'il y a de causes d'inflammation ; le coryza chronique de la morve est différent de celui qui accompagne les tumeurs. ]es parasites, etc.
Le coryza aigu est une entité moi'bide ; le coryza chronique n'est qu'une appellation donnée à divers état pathologiques de la muqueuse nasale.
(1) Angelis, Recueil de méd. vêt., 1906.
Coryza aigu et coryza chronique doivent être étudiés séparément chez les diverses espèces animales.
ARTICLE r'. — CORYZA AIGU.