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ARTICLE 1'^ — SINUSITE AIGUË. I —SOLIPÈDES

Étiologie et pathogénie. — L'inflammation aiguë des sinus est aussi fréquente que celle des cavités nasales. Elle a une grande tendance à la chronicité en raison des excavations nombreuses des sinus, favorables à la rétention des produits de sécrétion.

L'inflammation de ces cavités, sinus frontal, maxillaire supérieur, maxillaire inférieur, ethmoïdal et sphénoïdal est commune à observer chez les animaux jeunes ou adultes : le plus souvent, elle est localisée au sinus maxillaire supérieur.

Beaucoup de chevaux, chez lesquels on diagnostique un CORYZA AIGU, présentent une inflammation récente des sinus, unilatérale ou double, mais toujours d'inégale intensité des deux côtés. Les poussières animées ou inanimées, apportées par l'air inspiré, le refroidissement en sont les causes essentielles.

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Toutes les causes invoquées au sujet du coryza aigu ont une action plus puissante sur la muqueuse des sinus : l'air, qui apporte les germes et les poussières, y séjourne davantage.

Les traumatismcs extérieurs, ébranlant . les parois osseuses, provoquent la déchirure ou l'éraillure de la muqueuse, qui devient plus accessible aux germes extérieurs. Les coups de pied, les coups de fourche, les chutes, qui produisent l'enfoncement des sus-nasaux et des susmaxillaires, les co7Uusions qui accompagnent le vertige, les indigestions, peuvent provoquer l'infection et l'inflammation de la muqueuse tapissant ces cavités.

Les applications de glace sur la tête, pour combattre la mcninrjo-encéphalite, déterminent le catarrhe aigu des sinus.

L'irrigation de l'une de ces cavités, à l'aide des liquides froids, enflamme parfois les sinus du côté opposé.

La gourme, la morve aiguë engendrent des catarrhes aigus symptomatiques.

Symptômes. — L'histoire clinique de l'inflammation aiguë des sinus est confondue avec celle du coryza aigu. On observe, au début, des sj'niptômes analogues : une rhinorrhée transparente, muqueuse, puis muco-purulente se manifeste; elle est plus marquée, à droite ou à gauche; elle s'accentue quand l'animal baisse la tête pour boire, ou quand on imprime à celle-ci des mouvements saccadés. Ce jetage, toujours inodore, s'accompagne d'un léger engorgement des ganglions de l'auge; ils sont roulants et siègent dans la partie médiane, sans attache profonde et sans adhérence avec le bord refoulé du maxillaire, contrairement aux glandes de morve. Si l'inflammation est limitée aux sinus, l'animal ne tousse pas, et conserve tout son appétit.

L'affection est souvent très bénigne ; l'inflammation s'atténue peu à peu: les produits de sécrétion sont entraînés au dehors et le catarrhe chronique est conjuré. En

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huit à quinze jours, les animaux sont complètement guéris. Exceptionnellement, on a constaté une inflammation suraiguè des sinus marquée par des épistaxis et accompagnée de gangrène de Tethmoïde (Delamotte) (1).

Lésions. — Elles sont peu connues. La muqueuse est injectée, rougeàtre ou bleuâtre; sa tuméfaction peut devenir suffisante pour obstruer louverture du méat moyen qui assure la communication des sinus avec les cavités nasales.

On s'explique ainsi l'apparition d'une collection purulente des sinus dans le coui's de Tinflammation aiguë et la production d'un catarrhe chronique.

Diagnostic. — Un écoulement blanc jaunâtre, mucopurulenl. bien lié. unilatéral ou double, s'exagérant quand les animaux baissent la tète, telle est la principale manifestation révélatrice de l'inflammation des sinus.

Pronostic. — L'inflammation aiguë des sinus est toujours grave, en raison de la disposition de ces cavités, qui favorise l'accumulation des produits de sécrétion entretenant l'inflammation à l'état aigu d'abord, à l'état chronique ensuite.

Traitement. — Il est exclusivement médical. Les fumigations antiseptiques pénètrent dans toutes les anfractuosités des sinus et en assurent la désinfection. L'eau phéniquée. le goudron, les plantes aromatiques, etc., remplissent parfaitement cette indication.

On peut abaisser la tète de l'animal et l'agiter, afin de favoriser l'écoulement des produits de sécrétion qui ont de la tendance à s'y accumuler.

A l'intérieur, l'iodure de potassium, qui s'élimine par la muqueuse respiratoire, complète la désinfection ; mais il ne faut pas en prolonger l'emploi ; ce médicament provoque, à forte dose, de Viodisme, caractérisé par un catarrhe aigu de la muqueuse du nez.

(1) Delamotte, yourn. de méd. vét. milit., 1373, 636.

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