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II. — BOVIDES

Étiologie et pathogénie. — L'inflammation aiguë du sinus frontal, du sinus du cornillon et du sinus maxillaire a généralement une origine traumatique.

Les contusions, produites par la lutte des animaux, par le joug, par les violences extérieures, Vcbranlement, la fracture ou V amputation des cornes, sont les causes de cette maladie. Cruzel prétend qu'elle peut succéder à une insolation prolongée (1).

L'inflammation du sinus maxillaire succède à la carie des dents molaires, à des traumatismes intéressant l'épine maxillaire et la région sous-orbitaire.

La sinusite affecte quelquefois une forme infectieuse et frappe un grand nombre de nouveau-nés avec une intensité extrême. A tout âge, la sinusite peut résulter de la localisation, dans ces diverses cavités, d'une maladie générale.

Symptômes. — Une hémorragie nasale suit fréquemment le traumatisme et précède l'apparition du catarrhe. On voit ensuite s'écouler par l'un ou les deux naseaux, un j étage glaireux, jaunâtre ou foncé, quelquefois strié de sang.

L'attitude de la tête est caractéristique; elle est portée bas et inclinée du côté où existe l'inflammation, quand celle-ci est unilatérale.

L'inflammation du sinus du cornillon rend la corne chaude et douloureuse à la percussion ; les paupières sont rapprochées.

Cette inflammation catarrhale est suivie d'une diminution de l'appétit, d'un ralentissement de la l'umination.

La sinusite maxillaire est caractérisée par des efforts d'ébrouement. une respiration ronflante, accélérée et des

(1) Ries, Recueil de méd. vit. 1899,

SINUSITE AIGUË. 453

reniflements, tous signes qui témoignent d'une occlusion partielle, ou d'une sténose des premières voies respiratoires. Les efforts expulsifs sont suivis du rejet de flocons ou d'amas purulents ou muco-purulents, de caillots sanguins, gélatiniformes ou pseudo-membraneux. Cejetage estgénéralement unilatéral, il est la principale cause de la sténose nasale; lanimal éprouve un véritable soulagement dès qu'il a pu en opérer le détachement; sa respiration se ralentit, devient silencieuse et tous les efforts cessent momentanément (1).

Les jeunes veaui offrent des symptômes plus graves : la tête est inclinée, les yeux larmoyants, la pituitaire congestionnée, un jetage purulent, jaunâtre, inodore s'écoule par les nasaux. On réussit facilement à différencier la sinusite frontale de la sinusite maxillaire.

Marche. Terminaison. — Ces troubles s'atténuent et disparaissent au bout de huit à quinze jours ; ils s'aggravent et se compliquent de septicémie quand il y a putréfaction des caillots épanchés. On peut observer la désorganisation de l'œil et les symptômes d'une méningoencéphaliie (Lafosse) (2) ; les jeunes veaux succombent fréquemment.

Traitement. — La trépanation des sinus est la préface du traitement médical.

La trépanation des sinus n'ofl're pas de difficultés sérieuses. Les fumigations aromatiques, les applications réfrigérentes (eau froide, glace, neige), la trépanation des sinus du cornillon, l'amputation des cornes, les injections antiseptiques d'hypochloritede chaux, de soude, de crésyl, d'eau phéniquée, d'eau iodée, etc., sont des moyens adjuvants qui calment l'inflammation et font disparaître la fétidité de l'air expiré.

« Ces agents suffisent, ordinairement, à arrêter l'inflam-

(1) Cruzel, Catarrhe nasal du bœuf (Journ. prat. de mêd. vél., 1830, p. Set 89).

(2) Lafosse, Traité de pathologie, t. III, Ir» partie, p. 504.

mation: quand des caillots restent dans les cornets, il faut prévenir ou arrêter leur putréfaction; on provoque leur expulsion par les ouvertures accidentelles, résultant de la cause traumatique, en dirigeant la tête de telle sorte que ces ouvertures soient en position déclive, ou en l'agitant de manière à favoriser la chute des caillots. » Si la gangrène de la muqueuse des sinus a commencé à se produire, il faut désinfecter entièrement celle-ci avec une solution de sublimé corrosif au millième, dont on limite l'action aux parties malades, en obstruant la narine avec un tampon de coton ; on injecte une quantité sidïisante de solution par la corne ouverte pour remplir les cavités nasales jusqu'à l'ouverture de communication avec l'antre olfactif. On injecte la solution antiseptique de telle sorte que, pendant son introduction, elle touche autant que possible la muqueuse, puis on renverse la tête, pour forcer le liquide à sortir par l'ouverture artificielle » (La fosse).

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