III. — CHIEIV
Étiologie et pathogénie. — La laryngite est commune chez les car/7/ vores: son développement est favorisé parle rétrécissement ou Vobstruction des cavités nasales, par les aboiements répétés, par toutes lescausesqui portent l'animal à respirer par la bouche. L'air extérieur irrite la muqueuse laryngienne, quand il ne peut se réchauffer, se filtrer et se charger d'humidité en traversant les cavités nasales.
Les chiens à tête courte, à naseaux étroits, comme les carlins, les A-t/;^s-C/iar/e.s\ysontplus exposés que les autres: il en est de même des chiens de chasse qui subissent l'action du refroidissement déterminé par les pluies, les marais, les étangs. La laryngite catarrhale résulte également de l'extension de Vinflammation catarrhale du nez, du pharynx, des bronches ; elle est souvent l'expression de la maladie du jeune âge.
Anatomie pathologique. — Les lésions se résument généralement dans une vive congestion de la glotte et des cordes vocales; ces parties sont rouges, ecchymosées, recouvertes de mucus, de muco-pus ; elles sont quelquefois le siège d'érosions superficielles chez les animaux affectés de la maladie du jeune âge.
Symptômes. — Une tou.v enrouée, rude, sèche, petite ou violente, douloureuse, survient par accès convulsifs, quand l'animal vient de courir, de boire de l'eau froide ou de recevoir des médicaments liquides : ce signe marque le début de la maladie. On provoque facilement la toux
en comprimant le larynx; elle s'accompagne souvent d'efToi'ts analogues à ceux qu'effectue le chien qui cherche à se débarrasser d'un corps étranger obstruant cet organe. Les accès de toux sont quelquefois suivis de vomissements.
La voix est changée dès le début : l'aboiement, ainsi que l'admettent certains auteurs, peut être sourd et voilé, mais il ne présente aucune ressemblance avec ce hurlement saccadé qui appartient exclusivement à la rage.
Le jetagc, ramené dans la bouche par les efforts de la toux, est rapidement dégluti ; la dyspnée est ordinairement peu prononcée; on ne constate pas de cornage. L'état général n'est pas altéré dans les laryngites non spécifiques.
Marche. — La marche est rapide : la maladie guérit en huit ou dix jours; on constate le retour de l'appétit, la disparition de la toux; elle passe cependant quelquefois à l'état chronique.
Traitement. — Les fimiigations phéniquées, crésylées, sont difliciles à administrer : on utilise fréquemment le sirop diacode et Je kermès; on peut opérer l'antisepsie de la muqueuse laryngienne à l'aide des vapeurs d'iode et rendre l'inhalation continue en frictionnant journellement la gorge avec de la teinture d'iode qui agit aussi, comme dérivatif.
Le mélange suivant :
Chlorhydrate de morphine 1 à 2 décigr.
Eau d'amandes amères ) ^
Eau distillée , aa 20 grammes.
à la dose de dix à quinze gouttes, ti-ois fois par jour, est conseillé également.
La lerpine est un médicament recommandablo. Il est utile d'entourer le cou d'un petit pansement ouaté ou d'un bandage de flanelle.
Définition. — La laryngite croupale ou angine croupale, est une maladie infectieuse, caractérisée par la formation de fausses membranes qui revêtent l'intérieur de cet organe. Elle peut se propager dans la trachée et les bronches. Les anciens auteurs la désignaient sous le nom de pseudo-croup. Cette maladie résulte d'une association microbienne : les influences irritantes préparent l'invasion des staphylocoques et des streptocoques qui, dans maintes circonstances, font le lit au bacille de la ttéerose. La laryngite croupale est une sœur des stomatites, des pharyngites et des rhinites ulcéro-membraneuses. On découvre, généralement, l'ingérence du bacille de la nécrose dans les fausses membranes et particulièrement dans les ulcérations qui s'ajoutent, si souvent, aux exsudais caractéristiques de ces infections.
Les animaux jeunes et adultes sont plus souvent atteints que les vieux; cette affection est rare chez le cheval, plus fréquente chez le bœuf, le mouton et le porc.