IV. — PORC
La laryngite croupale est. ici. une localisation de l'angine couenneuse ou pseudo-membraneuse, car cette maladie s'étend généralement au voile du palais, à la base du larynx et du pharynx.
Étiologie. — Lair vicié, les logements étroits et humides, la mauvaise nom'ritm'e, l'inspiration de gaz irritants exerçant une action directe sur la muqueuse, déterminent la laryngite pseudo-membraneuse.
Les jeunes animaux sont le plus souvent affectés, en raison de leur plus grande prédisposition aux exsudats plastiques et aux infections microbiennes.
Cette maladie frappe généralement tous les animaux d'une porcherie. Sa nature infectieuse n'est pas douteuse : elle résulte principalement de l'invasion de la muqueuse respiratoire parles pyogènes alliés au bacille de la nécrose.
Symptômes. — Cette maladie débute par les symptômes de la laryngite ordinaire ; puis on observe de la tristesse, une diminution de l'appétit: la muqueuse de la gorge est très enflammée, la toux est rauque. le voile du palais, gonflé, rouge, couvert çà et là de concrétions grises ou blanc jaunâtre.
La région sous-glossienne est empâtée : la respiration devient râlante ; une matière fétide, de coulem' gris sale, dans laquelle on rencontre des débris de pellicules ou des grumeaux fibrino-albumineux, s'écoule par les voies nasale et buccale.
En examinant l'arrière-bouche, on aperçoit des fausses membranes grisâtres : la respiration devient bientôt difficile par suite de la diminution de calibre du tube aérien.
Signes rationnels. — Acculés sur le train postérieur, tristes et affaiblis, les animaux portent la tête haute, allongent le cou et font de grands efforts pour se relever. Les yeux sont enfoncés dans Forbite, la bouche est béante, et la langue bleuâtre.
Marche. Durée. Terminaison. — La marche est rapide ; la maladie dure quatre jours au plus. Elle se termine par la résolution, la gangrène ou la mort.
La résolution s'annonce par des accès de toux, suivis de l'expulsion, par le nez ou la bouche, de néo-membranes.
La gangrène consécutive est très rare; elle se manifeste par la couleur bleuâtre de l'engorgement du cou et l'écoulement par le nez d'une matière sanguinolente.
Quand la terminaison est mortelle, la bouche, ouverte, laisse pendre la langue, qui est violette et tuméfiée ; les muqueuses sont violacées ; l'animal meurt par asphyxie ou épuisé par la douleur; la mort survient à la suite d'une forte quinte de toux.
Pronostic. — Traitée au début, la laryngite croupale guérit facilement, mais, dans la seconde phase de son évolution, les moyens thérapeutiques sont infructueux : la maladie aboutit fatalement à la mort, car l'asphyxie est à tout instant imminente.
Lésions. — Les follicules muqueux sont béants; la pression en fait sortir un mucus épais, altéré. Les fausses membranes qui recouvrent la face interne du laryn
LARYNGITES CHRONIQUES. 5l5
sont parfois très épaisses, plates ou enroulées en cylindres pointillés de rouge, ou associés à des matières muqueuses.
Les muqueuses laryngienne, pharyngienne, bronchique, sont ramollies, friables, mortifiées par places, brunes, quelquefois verdàtres.
Les infiltrations du cou, de la gorge, les stases sanguines sont souvent la conséquence de la gangrène.
Traitement. — Le traitement n"est efficace que sil est promptement institué. On désinfecte le fond de la gorge avec de l'eau oxygénée ou de leau iodée. Quelques badigeonnages peuvent suffire à opérer le détachement des dépôts pseudo-membraneux.