III. — CARNIVORES
Étiologie. — L'angiochiolite n'est pas une maladie très rare chez les carnivores. On la voit succéder au cancer de l'ampoule de Vater (G. Petit), au rétrécissement cicatriciel de l'ouverture du cholédoque (Bail), à la lithiase et aux parasites des voies biliaires, à la compression de ces canaux par les ganglions hypertrophiés ou dégénérés. Dès que la bile stagne dans le système biliaire, une infection ascendante tend à se produire. L'extrémité du cholédoque, constamment en contact avec la flore microbienne du duodénum, se laisse envahir de proche en proche par les staphylocoques, les streptocoques, les colibacilles; la bile s'altère, perd ses propriétés antiseptiques et les canaux biliaires, dont l'épithélium dégénère, deviennent de plus en plus accessibles à l'infection.
Anatomie pathologique. — La dilatation des canaux est le caractère le plus frappant des angiocholites par obstruction. On peut quelquefois apercevoir à la face postérieure du foie du chat, une sorte de kyste presque comparable à un estomac. Il s'agit de gros canaux extrahépatiques et du cholédoque dilatés et en voie de transformation cystoïde (fig. 12).
La vésicule biliaire est atrophiée, ratatinée, de coloi*ation grisâtre ; sa surface est sillonnée de vaisseaux lymphatiques ectasiés. La cavité de la vésicule est très réduite et renferme une petite quantité de mucus épais, semisolide, rougeâtre ou citrin suivant les points, adhérant à la paroi vésiculaire. Ce liquide renferme de la mucine, des globules rouges, des leucocytes et diverses cellules en voie de dégénérescence graisseuse.
La paroi de la vésicule est épaissie, scléreuse; la muqueuse, vivement congestionnée par places. Les lésions appartiennent àlacholécystite chronique qui accompagne l'angiocholite.
Les canaux biliaires dilatés sont le siège d'une cirrhose
marquée; ils forment des sortes d'anneaux fibroïdes dont la lumière est énorme, limitée par une ligne assez régulière, mais en envoyant parfois une ou deux végétations
Fig. 12. — Dilatation des canaux extraliépaliques et inli-ahépatiques chez un chat.
Foie en rapport avec le duodénum et le pancréas ; K, dilatation kystique ; 1, loge juxta-vésiculaire du canal ectasié ; 2, loge juxta-duodénale; A, ampoule de Vater sur le duodénum incisé longitudinalement ; /, intestin grêle : P, pancréas; S, surface de section d'un lobe du foie montrant la dilatation et la sclérose des canaux intrahépatiques ; <'., canaux ectasiés saillants à la surface du foie (Bail).
papillomateuses dans l'intérieur. La paroi de ces conduits est très épaisse, constituée par du tissu conjonctif flbroïde nouveau et infiltré de cellules rondes ou fusiformes groupées çà et là en îlots. La lumière de ces canaux est bordée
ANGIOCHOLITES. 6i
par un épithélium dont les cellules cylindriques sont gonflées, renflées à leiu* extrémité libre et creusées de vacuoles claires. En certains points. Tépitliélium est formé de cellules aplaties.
Le contenu des canaux ectasiés est formé d'un exsudât très riche en mucine, d'apparence fibrinoïde en certains points, fragmenté par rétraction, en blocs irréguliers ou en strates plus ou moins concentriques. Ces blocs renferment