II. — RUMIKANTS
Étiologie et pathogénie. — Les angiocholites sont très fréquentes chez les ruminants. Tous les obstacles mécaniques à l'écoulement de la bile sont susceptibles de les provoquer. Citons : les distomes, les concrétions biliaires, les incrustations, les tuméfactions de la muqueuse, les tumeurs du foie, les échinocoques, les cysticerques et tous les processus cicatriciels. Suivant leur siège, ces obstacles amènent une rétention plus ou moins complète.
h'hydropisie de la vésicule biliaire et l'ectasie du cholédoque sont souvent le résultat d'une inflammation des voies biliaires.
Cette inflammation peut provoquer l'obstruction du cholédoque et de ses deux canaux accessoires, de telle sorte que la bile ne peut plus s'écouler par la voie normale.
Anatomie pathologique. — L'angiocholite est souvent généralisée chez le bœuf et le mouton; elle intéresse à la fois les troncs extra-hépatiques et les canaux interlobulaires. Elle peut demeurer longtemps catarrhale; mais elle tend à. devenir proliférative ou scléreuse. Elle est caractérisée, au début, par la tuméfaction, l'épaississement de la muqueuse et la desquamation des cellules épithéliales (angiocholite catarrhale), et la production de petits abcès miliaires disséminés (abcès angiocholitiques ou péri-angiocholitiques). Les produits issus de ces deux formes inflammatoires obstruent les canaux biliaires et quelquefois même le cholédoque. Cet accident a pour conséquence l'ectasie et la sclérose des conduits demeurés, perméables.
Quand le cholédoque est le siège principal de l'inflammation (cliolédicite), la vésicule biliaire se dilate progressivement et peut atteindre le volume de l'estomac d'un cheval. Son contenu liquide et muqueux s'élève alors à plusieurs litres.
Dans le cas de cystocèle biliaire, de la vache, la vésicule biliaire, dilatée par une hydropisie consécutive à une oblitération du canal cystique, peut venir faire hernie au niveau de la région de l'hypocondre, sous forme d'une tumeur molle, facilement réductible à la pression (Vigney).
Les canaux biliaires se dilatent jusqu'à leur origine et se sclérosent; on aperçoit, à la surface du foie, les canalicules dilatés, fluctuants, sillonnant l'organe sous la forme de cordes d'un volume variant entre la grosseur du doigt et celle de l'intestin. Tantôt les parois sont simplement dilatées et amincies, tantôt épaissies, dures, calcifiées. Le contenu est très variable : jaunâtre ou verdâtre, fluide, muqueux ou séreux, pai'fois dense, granuleux, concrète ou purulent.
Symptômes. — Les symptômes sont rarement en rapport avec l'intensité des lésions. On peut constater un ictère intermittent ou continu avec coloration plus ou moins prononcée des matières fécales.
Il n'y a pas de fièvre, l'élévation de la température peut même manquer totalement, principalement, dans l'infection parasitaire et colibacillaire des voies biliaires.
On peut dire que, chez les ruminants, l'histoire symptomatologique de l'angiocholite se confond avec celle de la distomose ou de la lithiase biliaire, qui représentent ses deux causes les plus communes.
Traitement. — On doit s'efforcer de prévenir l'apparition de l'angiocholite en mettant les animaux à l'abri des infestations parasitaires.
ANGIOCHOLITES. 59