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II. — BOVIDÉS

Description. — Situés dans la vésicule biliaire, le cholédoque, le canal cystique, les calculs biliaires du bœuf sont vert foncé, presque noirs, jaunâtres, orangés ou blancs, suivant qu'ils sont plus ou moins riches en cholestérine, graisse, mucus, matières colorantes, en carbonate et phosphate de chaux et de magnésie, en matières résineuses, en bilirubine et en pigments. On ne trouve jamais, chez nos animaux, de calculs biliaires composés exclusivement de cholestérine.

Les pigments prennent, sous l'influence de la dessiccation, une coloration rouge sang.

LITHIASE BILIAIRE.

Leui" volume, souvent compai'able à celui d'un grain de chènevis {sable biliaire, gravelle biliaire, dépôts sédimenteux, boxie biliaire), peut dépasser celui d'une orange. Tous répandent, immédiatement ou après avoir été traités par la potasse caustique, une odeur de musc; leur densité varie suivant leur composition; elle est de 1.0-4 à 1,237 et leur poids peut s'élever à. 250 grammes (Chariot), à 542 grammes (Mesner), à 600 grammes et leur poids total atteindre 1 kilogramme (Schmidt); il diminue quelquefois de moitié sous l'influence de la dessiccation (fig. 18).

Fig. 18. — Calculs biliaires du bœuf.

La composition chimique de ces divers calculs est très variable.

a) Les grains noirs ou verdàtres, adhérents à la muqueuse, faciles à écraser, sont composés de flocons muqueux, de bilirubinate de chaux déposé dans des cellules épithéliales encore reconnaissables. On les considère comme la première phase des concrétions. Celles-ci grossissent et constituent, de distance en distance, des nodules sphériques, ellipsoïdes, de la grosseur d'une noix ou d'un grain de mais. La muqueuse se recouvre d'une coque de sous-phosphate de chaux, de carbonate de chaux»

contenant également des traces de phosphate de magnésie, de fer oxydé, et un sédiment disposé en plaques squameuses (Laroque). Ce phénomène se produit fréquemment dans la distomose.

b) Les calculs biliaires bruns renferment 25 à 45 p. 100 de bilirubine (Maly), 28 à 61 p. 100 (Zschokke), pendant qu'ils sont pauvres en cholestérine.

La réplétion de la vésicule biliaire, l'obstruction du canal cystique ou du canal cholédoque par ces calculs détermine une infection ascendante, une cirrhose biliaire avec épaississement et dilatation des canaux, dépôt de pigment dans les cellules hépatiques. Le foie prend une couleur jaune d'ocre. Parfois la calcification du canal hépatique empêche la communication entre le foie sain et la vésicule biliaire distendue. Le canal cholédoque peut acquérir les dimensions d"un intestin grêle, et les calculs, en s'enkystant dans la vésicule biliaire, lui donnent une disposition cloisonnée qui les isole quand ils sont multiples (Volk, Verheyen) ; les calculs volumineux sont susceptibles de provoquer l'épaississement ou la rupture de la vésicule biliaire (Chassaing, Prôger).

L'écoulement de la bile dans la cavité péritonéale engendre une péritonite aiguë diffuse (Chassaing, Cagny), mais cette complication manque quand la bile est aseptique. Chez le chien et chez le veau, elle ne renferme pas de microbes ; épanchée aseptiquement dans le péritoine, elle n'a aucune action phlogogône ni même simplement irritante; mais les calculs biliaires étant toujours souillés de microbes, l'infection péritonéale est presque inévitable. L'épanchement peut atteindre 10 à 15 litres.

La rate est tantôt normale, tantôt hypertrophiée; on peut constater, en môme temps, une hypertrophie du coeur et des suffusions sanguines dans les ventricules.

Symptômes. — Les calculs biliaires demeurent ordinairement latents ou provoquent seulement quelques troubles digestifs qui n'ont rien de caractéristique.

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L"appétit est irrégulier : on constate quelques coliques, un peu de raétéorisme par parésie périodique de la panse, une constipation opiniâtre, intermittente, caractérisée par de violents efforts d'expulsion et accompagnée de diarrhée fétide. L"animal s'anémie et maigrit progressivement sans qu'on puisse déterminer la cause de ces troubles. Si un gros calcul vient à obturer l'ouverture de la vésicule biliaire, les coliques deviennent plus aiguës et l'état général accuse de vives souffrances.

La tête est pesante, les yeux larmoyants, la bouche est chaude et sèche, la conjonctive prend une teinte jaune mat ; le pouls est fréquent, petit, arythmique, on compte 70 pulsations et 50 respirations à la minute ; les urines sont chargées, huileuses, jaunâtres.

Les muqueuses deviennent ictériques au bout de deux ou trois jours et cette coloration disparaît dès que le cholédoque récupère se perméabilité.

Les symptômes s'exagèrent sous l'influence d'un refroidissement ; l'animal devient subitement triste, il bâille fréquemment et ofïre une vive sensibilité à la percussion de l'hypocondre droit (Reboul) ; les extrémités sont froides. Quelquefois les calculs sont exclusivement dénoncés par un ictère persistcuat, des urines rares et sédimenteuses (Chariot).

La rupture de la vésicule biliaire fait surgir le tableau de la péritonite aiguë (sensibilité du ventre, respiration accélérée, pouls petit et dur) un ou deux jours après l'accident.

Traitement. — Dès qu'on peut soupçonner ou reconnaître la lithiase biliaire, il faut envoyer les animaux à la boucherie.

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