I. — SOLIPÈDES
La lithiase biliaire est rare chez les solipèdes; elle est exclusivement l'apanage des vieux animaux et s'accuse généralement par un nombre considérable de concrétions: l'existence d'un seul calcul étant l'exception. Le catarrhe duodénal, compliqué d'infeclion du cholédoque, n'est, sans doute, pas étranger à leur formation.
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Anatomie pathologique. — Les calculs biliaires de ces animaux se présouient sous des aspects très variés. Il y en a de verts plus ou moins foncés, de blanchâtres, comme de la craie, de jaunâtres, de brun jaunâtre, et leurs diverses couches peuvent même présenter des colorations différentes.
Leur volume, qui est en raison inverse de leur nombre, varie de la dimension d'un grain de sable â celle d'un œuf, d'une pomme (Verhejen), ou du poing; ils ont ordinairement une grosseur qui varie d'une tête d'épingle àunpois.
Il n'y en a généralement pas moins de trois, mais on en rencontre souvent dix, cent (Kôhn), quatre cents (Birnbaum, Lewin).cinq à six cents [Avérons (1)], près de mille, ou un nombre incalculable (gravelle biliaire).
Leur poids total peut atteindre 107 grammes (Dupuy et Prince), 320 grammes (Bourgoin).
De forme ovalaire, ramifiée, cylindrique, cubique, polyédrique, ils peuvent présenter l'aspect le plus bizarre quand ils sont multiples et articulés ; ils ressemblent quelquefois à un rein de chien ou à une poire [Trolldenier (2)].
Leur surface est tantôt unie ou irrégulière, tantôt lisse ou raboteuse, tantôt crevassée (calculs mûriformes). Ils sont parfois taillés à facettes, par suite de leur pression réciproque. Ces sortes de cubes, quelquefois bien réguliers, peuvent ressembler absolument à des dés à jouer, à des cylindres tubulés de la grosseur du doigt, incrustés sur la paroi du canal biliaire et remplis de bile convertie en grumeaux (fig. 17).
La consistance des cholélithes est très faible ; il est facile de les écraser entre les doigts, et, plongés dans l'eau, ils surnagent quand ils sont desséchés. Frais, ils ont une densité de 1, 2, 3.
(1) Averous, Revue vét., 1896.
(2) Trolldenier, Monatshefie fiir prakdsche Thierkeilkiinde, 1903, p. 193.
Ces concrétions occupent le cholédoque ou les gros canaux biliaires ; elles se développent plus rarement dans les canaux biliaires intrahépatiques.
Sectionnées, on peut y reconnaître des alvéoles vides ou remplis de graisses saponifiées, un ou plusieurs noyaux bruns, noirâtres, ou blancs au centre renfermant un fragment de distome, et des cellules épithéliales; à la
Fig. 17. — Calcul biliaire du cheval.
périphérie, des couches concentriques d'inégale épaisseur et diversement colorées ; la cholestérine forme à la surface du noyau centi'al une couche mince; elle est recouverte à son tour d'une couche pigmentaire ou calcaire.
La structure du calcul est parfois homogène et la coupe offre une apparence terreuse s'il s'agit de sels calcaires, cristalline pour les calculs de cholestérine.
Leur composition chimique, sujette à de grandes variations, n'est guère connue. Ils sont généralement constitués par tous les principes de la boue biliaire; l'analyse y révèle de la chaux, du mucus, des corps gras, des matières colorantes de la bile (Fûrstenberg) .
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L'éther ou le chloroforme met en évidence un squelette de concrétion formé par une substance albuminoïde.
La présence de ces concrétions dans les canaux biliaires provoque la dilatation et la sclérose des canaux obstrués, l'inflammation catarrhale et même l'ulcération de la muqueuse des conduits biliaires, puis la cirrhose hypertrophique ; le foie peut atteindre le poids de 17 kilos et présenter, en même temps, de la dégénérescence amyloïde.
Exceptionnellement, on peut constater la compression des vaisseaux, la dilatation variqueuse de la veine porte et la rupture de ce vaisseaux (Birnbaum), l'adhérence (lu lobe gauche du foie au diaphragme (Sommermeyer).
Symptômes. — Les symptômes font généralement défaut pendant la période qui précède l'obstruction des canaux biliaires et la rétention de la bile. A mesure qu'on approche du moment oii cet accident va se réaliser, on voit quelques signes insidieux se dessiner et acquéru* une plus grande importance. Le sujet offre des troubles de la digestion, de l'inappétence, de la lassitude, des sueurs, de la mollesse et des fatigues inexpliquées.
Plus tard, des accès congestifs du foie, accusés par des coliques plus ou moins accentuées, font leur apparition. L'appétit est de plus en plus capricieux, la constipation est fréquente et parfois suivie d'un peu de diarrhée fétide ; l'animal marche péniblement et refuse de prendre une allure rapide.
Au moment de la crise : teinte suhictérique ou ictcrique des muqueuses, accélération de la respiration, ti'oubles cardiaques, pulsations faibles et accélérées; température normale. Tête basse, paupières tombantes, yeux parfois larmoyants. Prostration complète alternant avec des troubles nerveux s'accusant parfois par une tendance à pousser au mur. Urines abondantes, rouge foncé ou rougeâtres, pas d'ascite (Jobelot). Les coliques, qui révèlent Gadéac. — Pathologie inlerne. III. .5
chaque crise, sont sourdes et persistent pendant deux à trois jours au plus.
La désobsiruction finit généralement par s'opérer.
La teinte ictérique des muqueuses se dissipe insensiblement dès que l'accès est passé. La répétition de ces accès congestifs détermine l'hypertrophie graduelle du foie, pendant que l'obstruction du cholédoque se complique de cirrhose biliaire hypertrophique.
La muqueuse des canaux biliaires s'enflamme par suite de la stagnation de la bile et des dépôts biliaires. De l'intérieur, l'inflammation passe au lobule; il y a néoformation de canalicules biliaires, l'animal maigrit de plus en plus, il tombe dans le marasme et meurt s'il y a oblitération complète du cholédoque.
Diagnostic. — On reconnaît l'existence de ces concrétions à lintermittence des coliques, à l'ictère qui les accompagne et à la profonde dépression du sujet.
Traitement. — Il faut administrer des purgatifs salins (sulfate de soude), donner du bicarbonate de soude, promener les animaux et les soumettre à un régime approprié (vert, barbotages, etc.).
Le salicylate de soude et l'huile d'olives méritent d'être employés.