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I. — SOLIPÈDES

Étiologie et pathogénie. — Le foie s'infecte par le tube intestinal et par le sang, c'est-à-dire par les vaisseaux ou les voies biliaires.

Les abcès d'origine sanguine sont les plus fréquents. La phlébite du cordon ombilical ou Vomphalo- phlébite est la source principale de ces abcès chez les jeunes poulains.

Les infections intestinales septicémiques peuvent produire des accidents analogues : les germes passent dans les racines de la veine porte et infectent le foie (1). Les phlébites infectieuses de la veine porte consécutives à des entérites graves, à la nécrose de la muqueuse, à des

(l)Delcambre et Cadoré, Gourme abdominale avec abcès du foie et de l'intestin (Joum. des vét. milit., 1900, p. 197).

foyers de suppuration des glandes intestinales, de la rate, ou des ganglions mésentériques deviennent ainsi quelquefois l'origine de l'hépatite suppurée.

Les infections générales {gourme, infection purulente, endocardite ulcéreuse, pleuro-pneiimonie, gangrène du poumon, pneumo-endocardite), les affections externes (parotidite) compliquées de résorption purulente font également développer cette maladie. Les microbes pyogènes sont projetés dans le foie par l'artère hépatique et forment embolie dans les capillaires irradiés du lobule.

Les affections paludéennes et les entérites sont suivies d'abcès du foie dans les climats chauds comme l'Inde, le Soudan, et le Sénégal (Smith, Griffault).

L'infection pyogène du foie est quelquefois réalisée par le système biliaire.

L'inflammation des voies biliaires (angiocholite) précède linflammationdu parenchyme, comme l'inflammation des canaux de Wharton et de Sténon précède celle des glandes salivaires.

Les abcès qui se produisent, dans ce cas, sont analogues aux abcès bronchiques et pcribronchiques. Ce sont des abcès biliaires ou périangiocholitiques, c'est-à-dire formés dans la cavité ou à la périphérie du canal biliaire.

Cette infection peut se produire quand des corps étrangers {barbules de graminées, bromes) pénètrent dans le canal cholédoque comme dans les canaux salivaires.

Les calcids biliaires, les helminthes, les ascarides qui remontent les voies biliaii'es, les échinocoques qui se développent dans la glande, peuvent devenir une cause d'infection.

Les staphylocoques, les streptocoques sont en dernière analyse, les principaux agents de ces suppurations hépatiques; ils sont disséminés par le sang et produisent des embolies ou sont importés dans le tissu hépatique par les parasites où les corps étrangers.

Anatomie pathologique. — Les abcès du foie peuvent

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l'e vêtir trois types : i° les abcès biliaires ; 2° les abcès miliaires ou métastatiques ; 3" les grands abcès par corps étrangers.

1° Les abcès biliaires résultent d'angiocholites suppurées. Ils se développent dans la cavité d'un conduit biliaire ; ils renferment du pigment, du pus. des cellules épithéliales cylindriques et présentent des dimensions d'un pois ou d'une noisette. Ces abcès sont rares chez le cheval.

2° Les abcès métastatiques sont isolés, rarement confluents, du volume d'une tête d'épingle; ils présentent fréquemment, dans leur voisinage, des infarctus hémorragiques à ramollissement central. Les minuscules embolies microbiennes provoquent simultanément, par leur action de contact et de sécrétion toxique, la prolifération de l'endothélium vasculaire, une stase leucocy tique, une précipitation de fibrine qui aveuglent la lumière du vaisseau.

Les éléments infectés meurent, dégénèrent et les cellules hépatiques, en contact avec le pus, se nécrosent ; des abcès pyohémiques, régulièrement sphériques, se forment, dans de nombreux points, par suite de la multiplicité des embolies microbiennes qui se sont produites ; ils parviennent, exceptionnellement, à acquérir le volume d'un petit œuf de poule. Barret en a rencontré de cette dimension, disséminés assez régulièrement dans tout l'organe. Celui-ci paraît quelquefois affecté d'hépatite chronique interstitielle.

3° Les grands abcès sont dus quelquefois à la pénétration accidentelle, dans le foie, de corps étrangers ou de parasites; ils ont ordinairement une origine gourmeuse.

Solitaires ou multiples, ils donnent à la surface du foie un aspect mamelonné et affectent une forme hémisphérique, une coloration blanchâtre ou blanc grisâtre ; ils ont souvent le volume du poing. Le pus a tous les caractères du pus phlegmoneux; il est crémeux, quelquefois lie devin; il renferme des microbes, notamment des streptocoques ;

il est quelquefois stérile quand il est ancien. Le tissu hépatique, environnant, est dégénéré et sclérosé.

Ces abcès sont généralement suivis de périliépatite et de péritonite circonscrite qui soude le foie aux organes environnants : diaphragme, estomac, gros côlon, paroi droite de l'abdomen. L'épaississement de la séreuse n'empêche pas de percevoir la fluctuation des abcès volumineux. Quelquefois, ceux-ci s'ouvrent spontanément ou accidentellement et le pus se répand dans la cavité péritonéale, l'intestin et exceptionnellement dans la veine porte. On peut trouver de nombreux petits abcès associés à un foyer purulent de grandes dimensions renfermant plus d'un litre de pus.

Symptômes. — Quand ils ne font pas complètement défaut, ils ne sont nullement caractéristiques. Ils consistent dans une fièvre irrégulière, accompagnée de frissons intermittents. L'animal présente de l'inappétence, des coliques sourdes, de la constipation ou de la diaiThée ; les muqueuses offrent une teinte ictérique qui fait défaut quand l'écoulement de la bile n'est pas entravé. Il se tient à bout de longe; le pouls est petit, filant, les reins raides, les flancs retroussés, les crottins petits, secs, luisants, coiffés de mucosités; parfois la toux se fait entendre mais ce signe n'est pas spécial aux abcès du foie ; on peut le percevoir dans la plupart des dégénérescences hépatiques.

Parfois l'exploration de l'hypocondre droit laisse percevoir, sous la pression de la main, une sensibilité marquée de toute la région hépatique, et la percussion, douloureuse à ce niveau, dénote de la submalité sans caractères bien tranchés, l'hypertrophie du foie s'accompagne quelquefois d'un soulèvement de l'hypochondre. Ces constatations incitent à penser que l'entérite s'est compliquée d'hépatite (Mouilleron et Chufl'art) (1).

(1) Mouilleron et Chufl'art, Hépatite suppurée d'origine intestinale {Recueil de méd. vét., 1906).

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Les urines deviennent foncées, brunes, albumineuses et riches en sels biliaires et en indican.

L'état général s'aggrave rapidement, les conjonctives deviennent rouge-brique et l'animal succombe plus ou moins rapidement avec des signes d'ascite, de cachexie et quelquefois d'asystolie.

La MORT est la terminaison inévitable, elle résulte de la faiblesse, de l'étisie du sujet (Greiner), de la rupture du foie et de l'hémorragie abdominale (Poret), de l'ouverture de l'abcès dans le tronc de la veine porte ou dans la veine cave, de l'intoxication générale, de l'infection piirulente ou de l'évolution d'une endocardite secondaire. Les infections hépatiques sont très exposées à se compliquer de lésions de l'endocarde Blanc, Schlameur) (1).

Traitement. — Le diagnostic demeure ordinairement incertain, le pronostic est très grave, le traitement inefficace ou nul dans la majorité des cas. Quand l'existence de l'abcès est soupçonnée ou reconnue, la ponction du foyer purulent est le seul traitement rationnel: Griffault fait la ponction entre le seizième et le dix-septième espace intercostal à droite sous l'arc des côtes ; mais cette opération n'est pas sans dangers de péritonite.

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