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Ëtiologie. — Les corps étrangers, les calculs et les parasites sont les deux principales causes d'abcès du foie chez les bovidés et les ovidés.
Ces abcès sont relativement fréquents. Lem* production résulte sm-tout de l'émigration des corps étrangers contenus dans le rumen ou le réseau; ce sont des pointes de menuisier, des aiguilles qui vont se loger dans l'épaisseur du foie et inoculent, dans cet organe, les germes pvogènes qu'elles ont apportés. Les blessures du parenchyme hépa-
(1) Schlameur, Abcès du foie. Lésions consécutives {Journ. des vét . tnilit., 1900, p. 1222).
tique produites par des coups de corne sont quelquefois des causes d'infection pyogène et de suppuration.
On voit également des abcès survenir à la suite de calculs biliaires, d'cchinococcose, plus rarement de clistomose, de pénétration d'helminthes qui sont tous essentiellement bactérifères.
Le bacille de la tuberculose peut déterminer des infections secondaires et des suppurations hépatiques.
Vactinomycose hépatique se complique souvent d'infections secondaires qui donnent naissance à des processus de suppuration.
L'infection pyogénique du foie, par la voie sanguine, peut se produire à tout âge chez le veau ; la phlébite du cordon ombilical détermine fréquemment des abcès hépatiques ; chez les adultes, les foyers de suppuration des diverses régions, notamment des extrémités, les processus de suppuration des onglons (Hess) peuvent se compliquer d'abcès métastatiques du foie. Les microbes de la suppuration (staphylocoques, streptocoques), ne se greffent pas seuls dans le tissu hépatique; ils préparent le terrain au bacille de la nécrose qu'on trouve souvent dans les abcès caséeux du foie des ruminants sous forme de longs bacilles [Ernst (4), Kunemann, Cuillé (2)].
Le bacille de Preisz-Guinard peut aussi parvenir dans le foie et produire des abcès multiples de cet organe principalement chez le mouton. C'est ce qui explique la fréquence des abcès hépatiques chez les animaux de cette espèce (Lisi).
Anatomie pathologique. — Les abcès du foie des bovidés sont très dissemblables en raison de la multiplicité des causes qui président à leur évolution.
Les abcès hépatiques des jeunes veaux sont accompagnés de phlébite de la veine ombilicale. Le foie est intéressé secondairement : les agents pathogènes introduits par la
(1) Ernst, Mormtshef te fiir praktische Thierheilkunde, 1902-1903, p. 193.
(2) Cuillé, Revue générale, 1905, tome II, p. 457.
HEPATITE SUPPUREE.
circulation sanguine forment, au niveau des capillaires, de minuscules embolies microbiennes ; les leucocytes affluent, produisant une thrombose qui oblitère la lumière du vaisseau. Le caillot infectieux se délite, dégénère; les globules blancs et les cellules hépatiques se nécrosent autour de lui ; Tabcès pyémique est formé. De volume variable, ces abcès, accumulés principalement dans la moitié gauche du foie, ont l'aspect de tubercules semi-sphériques de la grosseur d'un haricot ou d'un œuf de pigeon, isolés, confluents
Fi?. 29.
Abcès du foie dti
le bacille de la nécrose.
et fluctuants. La paroi est formée de tissu conjonctif, le contenu, de pus pâteux, crémeux, mou, de nuance jaunâtre ou plus ou moins verdâtre.
Le tissu hépatique offre, au début, une coupe molle, ocreuse, parsemée de taches hémorragiques; plus tard, il se durcit par l'adjonction de taches et de bandes conjonctives.
Les abcès dus au bacille de la nécrose sont habituellement nombreux, sphériques. de dimensions variables ; ils peuvent atteindre la grosseur d'une noix ou d'un œuf de Cadé.\c. — Pathologie interne. IIL 7
ilO FOIE.
poule; ils sont légèrement fluctuants et entourés d'une coque épaisse, fibreuse, plus ferme à la périphérie que dans la profondeur : ils renferment un pus épais, bien lié verdàtre (Cuillé) et un feutrage de longs bacilles (fig. 29).
Les abcès hépatiques, qui sont l'expression de la maladie caséeuse du mouton, constituent des foyers miliaires ou des nodules enkystés du volume d'un pois à celui d'une noix remplis d'une matière caséeuse gris jaune.
Les abcès hépcitiques des animaux adultes sont généralement engendrés par des corps étrangers ou des parasites offrant une grande diversité. Leur volume varie depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle de la tête d'un homme: il n'est pas très rare d'en rencontrer de la capacité d'un litre (Felisclî, Landel). Leur contenu est tantôt du pus crémeux, caséeux. de bonne nature, tantôt du pus lie de vin, fétide. Les abcès petits et anciens sont caséifiés ou rrétifiés; la capsule de Glisson est épaissie et sclérosée à leur niveau et il n'est pas rare de constater des adhérences du foie avec les organes environnants, notamment avec le diaphragme. Les abcès de la face antérieure du foie peuvent même soulever la capsule de Glisson et le péritoine, adhérer intimement à la face postérieure du diaphragme et s'énucléer de telle sorte que, dans un stade avancé, la tumeur fixée au diaphragme devient indépendante du foie (Stubbe). On voit alors, à la surface du parenchyme hépatique, autant de dépressions cicatricielles qu'il y a eu primitivement d'abcès. Le pus peut aussi se déverser dans la veine porte (Fabretti) (1).
Symptômes. — La formation des abcès métastatiques du foie s'annonce par des symptômes généraux qui accompagnent toute pyémie. On observe de grands frissons avec une fièvre intense accompagnée quelquefois d'une coloration ictérique des muqueuses.
Les abcès consécutifs à la migration de corps étrangers
(1) Fabretti, /; Auovo Ercolani, 1899.
HÉPATITE SLPPCRÉE. 111
sont souvent précédés de troubles gastro-intestinaux, des signes d'une indigestion et suivis quelquefois de ceux d"une péritonite avec des coliques intenses et une dysenterie prononcée.
Les complications peuvent manquer comme les troubles fonctionnels du foie ; les corps étrangers aseptiques peuvent s'enkyster; l'abcès demeure silencieux; il peut évoluer sans être soupçonné et s'ouvrir même dans la veine cave postérieure (Felisch, Frank) ou la veine porte.
Les poumons, les reins ou d'autres organes peuvent présenter, dans ces cas. des infiltrations purulentes métastatiques.
Une exploration suivie du foie dénoncerait, dans beaucoup de cas, une hypertrophie de cet organe, mais le foie n'est pas, comme le poumon, l'objet de recherches suivies chez nos animaux domestiques. L'examen des urines y décèlerait des pigments biliaires normaux ou anormaux, une augmentation delindican et fournirait ainsi la preuve de la participation du foie au processus morbide.
Diagnostic. — Le diagnostic, impossible quand on ne constate pas de réaction hépatique caractéristique, n'est généralement pas fait; la maladie du foie est presque toujours attribuée aux organes environnants.
Traitement. — Les petits abcès du foie échappent à toute thérapeutique efficace ; les abcès volumineux seraient justiciables d'une intervention chirurgicale s'il n'était généralement avantageux d'envoyer ces animaux à l'abattoir. C'est même cette facilité de sacrifier les bovins pour la boucherie qui. dans maintes circonstances, paralyse les efforts des praticiens pour diagnostiquer et guérir les maladies dont ces animaux sont affectés.