II. — BOVIDÉS
Étiologie et pathogénie. — Les cirrhoses vasculaires toxi-infectieuses frappent les bovidés comme les solipèdes.
Les diverses variétés de séneçon sont une cause détermi-
CIRRHOSES TOXI-INFEGTIEUSES. 123
nante de la cirrhose dans tous les pavs où cette plante entre dans l'alimentation du bétail. Les expériences de Gill'uth dans la Nouvelle-Zélande et de Chase à Molteno démontrent la rapidité d'évolution de cette cirrhose. On la vue apparaître quelques semaines après un changement de pâtiu'age.
L'alimentation par les drèches et par tous les aliments contenant de l'alcool peut contribuer à produire une cirrhose analogue à la cirrhose alcoolique de l'homme.
Symptômes. — Chez les vaches laitières, on note d'abord la diminution de la sécrétion lactée; le lait a une odeur spéciale et une saveur acre qui le rend impropre à la fabrication du beurre. La peau exhale la même odeur, que l'on exagère par une légère friction.
L'urine est un peu rouge ou jaune rougeàtre, bilieuse et albumineuse; en même temps, la peau se colore en jaune, surtout à l'aine et aux parties dénudées par des causes quelconques. Ces deux symptômes augmentent journellement; au bout d'un certain temps, l'ui'ine, très rouge, se prend en caillot sur la litière ; il peut même se former des caillots sanguins qui pendent quelquefois au-dessous de la vulve; quand on les tire, ils paraissent moulés sur le canal de l'urètre.
La coloration jaune augmente sur toutes les parties blanches du corps; celles-ci ont alox's le même aspect que le dedans des oreilles des vaches beurrières. L'appétit est capricieux; on peut constater une salivation abondante et généralement une indigestion chronique.
L'émaciation est rapide; une diarrhée permanente coïncide avec l'amaigrissement; les troubles nerveux manquent généralement; on constate quelquefois des tremblements et la peau devient insensible aux piqûres.
Les animaux, devenus très excitables, tendent à foncer sur leurs congénères.
La pression et la percussion du foie ne déterminent pas de douleur; mais on peut constater de l'ascite.
La mort survient promptement au bout de quelques joui's de maladie.
Anatomie pathologique. — Les trois premiers estomacs sont normaux. La muqueuse de la caillette est couverte de suffusions sanguines et la sous-muqueuse est le siège d'une infiltration de deux à cinq centimètres d'épaisseur. Les ganglions sont mous et infiltrés. On constate quelquefois des caillots sanguins dans les replis du mésentère. Le péritoine renferme un épanchement ascitique de