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SV

'Fig. 5. — Sclérose du pancréas chez le chien. Diahéle. {Fort grossissement.)

On voit les lobules pancréatiques séparés les uns des autres par une trame conjonctive abondante, épaissie, fibreuse. En certains points, le tissu scléreux pénètre dans les lobules et les dissocie. Certains acini glandulaires se trouvent, de la sorte, isolés dans le tissu scléreux de nouvelle formation (G. Petit).

localisation fréquenle des lésions au niveau de la tète du pancréas.

Anatomie pathologique. — La région occupée par le pancréas est parfois pigmentée de noir comme à la suite d'une hémorragie ancienne. L'atrophie de cette glande peut être si prononcée que ses dimensions normales de 30 à 40 centimètres de long sont réduites à 3 centimètres de long et A 1 centimètre d'épaisseur (Liénaux), ou à un nodule de la

PAN'CRÉATITE SCLÉREUSE. 11

grosseur d'un haricot (Sendrail et Lafon) ( 1 ) . C'est un cordon dur, d'un blanc mat, ou une série de grains durs et blanchâtres dans lesquels on trouve des ganglions nerveux microscopiques dont les cellules semblent être en voie de dégénérescence (Almy, Eber, Pemberthy, Mûller).

Le tissu conjonctif et les vaisseaux sont épaissis; les parois des artèi'es sont entourées de couches fibreuses concentriques; il y a de l'endartérite oblitérante et, çà et là, la paroi est infiltrée de sels calcaires.

Les noyaux des cellules glandulaires n'offrent aucune coloration et leurs contours sont effacés; l'épithélium glandulaire est absolument altéré ; les limites des cellules ne sont plus distinctes ; elles sont disposées en amas comme les cellules cancéreuses dans les alvéoles du carcinome enoéphaloïde; les canaux excréteurs présentent des dilatations irrégulières (fig. 5).

Symptômes. — La sclérose pancréatique peut évoluer chez le chien sans produire le moindre symptôme appréciable, en raison de la régénération rapide du tissu glandulaire chez cet animal. Parfois, on voit se dérouler tous les signes du diabète pancréatique. C'est le principal symptôme des altérations étendues du pancréas ; lintégrité d'un petit fragment de pancréas suffit à empêcher la glycosurie. L'ablation ou la destruction expérimentale totale du pancréas entraîne une glycosurie intense.

Avec la glycosurie, on peut même observer de la polyurie, de la polydipsie, de la polyphagie, de l'autojihagie, une diarrhée intense suivie de coma pendant quelques jours (Liénaux, Alray) (2). La viande, ingérée et non digérée, se retrouve dans les excréments.

Traitement. — C'est une maladie incurable rapidement mortelle.

(1) Sendrail et Lafon, Revue vêt., 1906, p. 232. — Muller, Dresd. Ber., 1906. — Liénaux, Annales de Bruxelles, 1897.

(2) .Uray, Diabète sucré avec atrophie du pancréas (Société centrale, 1900, p. 882).

12 PANCREAS.

IL — LITHIASE.

BOVIDÉS

La lithiase pancréatique n'est pas une rareté chez les bovidés. Les observations de Gurlt, Bar, Jûngers, Johne, Schennert et Bergholz, Guérin l'ont fait connaître.

Étiologie. — II est impossible de déterminer actuellement les conditions spéciales qui président chez les ruminants à la formation des calculs dans cette glande, car on ne les retrouve pas chez les autres espèces. Ils se développent sans doute, comme les calculs salivaires, à la faveur de corps étrangers, d'agents infectieux et de stase du suc pancréatique. L'inflammation du canal excréteur, à son entrée dans le duodénum, peut provoquer son occlusion et l'arrêt de l'écoulement.

Expérimentalement, la ligature du canal ne détermine pas la formation de calculs s'il n'y a pas infection de la glande.

La stase favorise la production des calculs mais ne la détermine pas. L'action mécanique est toujours insullisante pour engendrer la lithiase. Thiroloix a seul pu reproduire la lithiase pancréatique en injectant dans le canal soit un mélange de noir de fumée et de vaseline phéniquée, soit du bitume de Judée. Pende prétend avoir obtenu le même résultat par la simple ligature; mais il est avéré que c'est là une condition notoirement insuffisante.

Anatomie pathologique. — Nous décrirons tout d'abord le calcul pancréatique; nous étudierons ensuite les lésions concomitantes du parenchyme glandulaire.

1° Calcul. — Ordinairement le calcul n'est pas unique; on en trouve 10, 20, 36 (Jungers) ou un nombre beaucoup plus considérable. En dehors du calcul principal, il existe un véritable sable pancréatique incrustant les canaux ou accumulé dans des dilatations canaliculaires.

LITHIASE.

Le volume de ces calculs varie dune tête d'épingle à une cerise ou à une grosse noisette ; ils dépassent rarement le poids de 3 grammes ; mais l'ensemble peut peser 23 grammes (Biir), 38 grammes (Jungers).

Leur /"orme est variable; ils sont ordinairement angulaires tétraédriques et ressemblent à de petits dés à jouer quand ils siègent dans le canal pancréatique ; ils sont cylindriques, lisses, polis quand ils se sont développés dans les fins canalicules ; ils offrent, dans ce cas, une surface rugueuse ou de véritables arborescences qui correspondent aux irrégularités des ramifications qui leur ont servi de moule.

Leur coloration est blanchâtre ou blanc grisâtre, quelquefois rouge jaunâtre; on ignore Torigine de la matière rouge. Sectionnés, on peut reconnaître au centre im noyau solide entouré danneaux concentriques. Leur uniformément la même (fig. 0).

La plupart sont composés de carbonate et de phosphate de calcium et d'une petite quantité de substances organiques, telles que matières grasses, protéine, cholestérine, pigments. Ils se composent, d'après Gurlt, de 91 à 92 p. 100 de carbonate de chaux, de 4 à 5 p. 100 de magnésie et de quelques traces de phosphate de chaux.

Or, le carbonate et le phosphate de chaux n'existent pas dans le suc pancréatique; la rétention de ce suc ne peut donc suffire à expliquer la lithiase; il faut sûrement faire

Vis- 6.

Calculs du pancréas du bœuf (Porcher).

constitution n'est pas

intervenir des fermentations. D'ailleurs, ces calculs sont quelquefois formés essentiellement de matières organiques, de telle sorte qu'on peut distinguer des calculs minéraux et des calculs organiques.

Furstemberg a évalué le poids spécifique de ces calculs à 2,397.

2" Lésions glandulaires. — La lithiase pancréatique est une source de lésions mécaniques. La sténose pancréatique altère les canalicules et le parenchyme glandulaire.

Le conduit excréteur et ses ramifications sont dilatés en amont, atrophiés en aval. L'embouchui'e du canal dans l'intestin est notablement rétrécie ; mais elle n'est jamais •complètement obstruée; l'ectasie canaliculaire du parenchyme peut produire de véritables diverticiiles.

Les cellules glandulaires sont atrophiées et le tissu conjonctif interglandulaire est sclérosé; le pancréas est durci, atrophié; son parenchyme est étouffé par la végétation fibreuse.

Symptômes. — Les manifestations symptomatiques de Ja lithiase pancréatique peuvent être prévues; elles ne sont jamais reconnues. La colique pancréatique, symptôme le plus caractéristique, n'a jamais été signalée chez le bœuf: on ne s'est pas préoccupé davantage des phénomènes d'insufiisance pancréatique, les calculs de cet organe n'ont <'té, jusqu'à présent, que des trouvailles d'autopsie.

Traitement. — On ne possède aucun moyen de prévenir leur développement ou d'amener leur disparition.

in. — NÉCROSE DU TISSU ADIPEUX.

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