‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 137 sur 183 · Sur Charles d'Espagne, voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Sur Charles d'Espagne, voy. ci-dessus, p

2. Chronographia (éd. Moranvillé), II, 2o0: « Modicumquoque post coronalionem dicti régis Johannis, cornes Augi et Guisnesii, conneslabularius Francie, de Anglia, ubi longo tempore fueral prisionatus, venit Parisius ; quem rex Johannes statim decollari jussit nec liujus causani dcclarare voluit. Eciam présente })opulo non morluus est, sed in domo de Nigella, infra Parisius, secrète decapitatus est. »

conditions étranges de l'exécution excluent toute hypothèse d'un crime d'ordre simplement politique. S'il n'y a point eu trahison politique, on serait ici en présence d'une affaire d'ordre intime dont le favori Charles de la Cerda aurait su ou pu réunir les éléments en l'absence du connétable, et dont il se serait servi pour perdre le comte de Guines dès son retour d'Angleterre et recevoir la succession de sa connétablie.

C'est ce que semble insinuer le très exact chroniqueur Jean le Bel dans un passage de sa chronique que les érudits n'ont point utilisé jusqu'ici pour la solution de cette énigme historique :

Jehan le Bel, Chron. (éd. Polain, II, 168) : « Comment le roy Jehan de France fit décoter le gentil conte de Eu et de Ghynes^ connestabte de France. Or weill-je raconte qu'il avint en France, assez tost aprez ce que la ville de Saint-Jehan d'Angely fut rendue et reconquise. Le conte de Eu et de Ghynes et connestable de France qui estoit si courtois et si amiable, en toutes manières amé et prisié de grands seigneurs, chevaliers, dames et damoiselles et de toutes gens, aussy bien en Angleterre comme en France, il fit sa raenchon envers le roy Edowart parmi la somme de soixante mille escus, et eut congié de venir en France pour faire la fin de laditte somme, ou de retourner en prison dudit roy par sa foy promise à certain jour. Quant il fut venu en France, il s'en ala par devers le roy Jehan de cui il cuidoit moult bien estre amé ainsy qu'il estoit ainchoys qu'il fut roy ; si s'enclina et le salua humblement et cuidoit estre moult bien festié pour ce qu'il avoit esté cinq ans hore du pays en prison. Le roy Jehan le mena seul en une chambre et luy dit : « Regardez cestre lettre, la vistes-vous onques aultre part que cy ? » Le connestable fut merveilleusement esbauby, quant il vit la lettre, ce dit-on. Quant le roy le vit esbauby, il luy dit : (( Ha! mauvais traître, vous avez bien mort deservi, si n'y fauldrez pas, par l'ame de mon père. » Si le fît tanstost prendre par ses machiers, et le fist mettre en prison en la tour du Louvre, à Paris, où le conte de Monfort fut mis et puis y morut, ce dit-on. Chascun fut dolent du gentil connestable qui ainsy fut mené, car moult estoit amé, et ne sçavoit nul deviser pour quoy le roy luy faisoit cela. Le roy

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