‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 138 sur 183 · JEAN I.K 150X. 50'J · texte numérisé non relu

JEAN I.K 150X. 50'J

jura lendemain, par devant les amcz du conneslable qui prioient pour luy, que jamais il ne dormiroit, no jà pour ung ne pouraullreil ne le lairoit que il ne luy fisl la teste copper; et ainsyfut fait la nuitmesmesen la tour du Louvre, sans loy et sans jugement, de quoy toutes gens furent dolens et couroussiez, et le roy durement blasmé et moins amé ; et ne sceuton pour quoy ce fut fait fors que les plus privez du roy, mais aucunes gens adevinoient que le roy avoit esté infourmé d'aucunes amours, lesquelles avoient esté ou debvoient estre entre madame Bonne et le gentil connestable. »

Si l'on accepte l'hypothèse de Jean le Bel les péripéties de la première moitié du drame auraient alors été les suivantes :

Liaison de Bonne et du « courtois et si amiable » Raoul de Guines antérieure à 1346 (Guines fait prisonnier à Caen par les Anglais le ^6 juillet 1346 ne rentre en France qu'en novembre 1350, Molinier, /. c. p. 287).

Le 11 septembre 1349 Bonne meurt, frappée de la peste noire qui fit à Paris 50000 victimes. Elle laisse dans ses papiers, — soit par oubli, — soit plutôt parce que la foudroyante maladie ne lui laisse pas le temps d'y mettre ordre, la lettre accusatrice qui est alors trouvée par le mari ou par le favori du roi Charles de la Cerda. Quatorze mois après la mort de sa royale maîtresse, retour d'Angleterre du comte de Guines et dernier acte du drame.

Si Charles de la Cerda a joué dans cette affaire le rôle que lui prête la Chronique normande^ l'histoire de ces quatre personnages serait (dans une forme tragique) la première édition de l'histoire de 1669 où Henriette d'Angleterre est convaincue d'infidélité par Monsieur, sur la dénonciation du favori du duc, le chevalier de Lorraine.

§ 2. Mort. Bonne meurt de la pestis ingiiinaria le 11 septembre 1349 (voy. ci-dessus chap. xv, p. 467-468)*.

1. Jehan le Bel, Chron., II, 154 : « Assez tost aprez celle aventure que le roy Edowart eut rescous le chastel de Calays de trahison, trespassa de ce siècle la royne de France, femme au roy Phihppe et suer au duc de Bourgongne. Aussy trespassa madame Bonne, femme au duc de Normendie et fille du plus no])le et phis gentil cuer de roy

ulO PATHOLOGIE MENTALE.

^3. Etat psychique. Pas de renseignements.

Section 7. — Rapport des deux facteurs.

§ 1. Mariage consanguin. Double parenté des époux par la grand'mère de Jean le Bon et la Hongrie d'une part, — par le grand-père de Jean le Bon et la Hongrie d'autre part :

(jui fut oiicques, ce fut le roy de Bohême. Moult de gens disoient que on avoit avancé la mort à madame Bonne, je ne sçay pour quoy, ne ce fut vray ou non. ToutefFois le père et le fdz furent tous deux vefves assez tost Tun aprez l'aultre, et assez tost aprez remariez. »

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