‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 30 sur 183 · Renan, Essais de morale et de critique, 4^ édit., p · texte numérisé non relu

Renan, Essais de morale et de critique, 4^ édit., p

GXLVI PATHOLOGIE HISTORIQUE.

d'autres symptômes à la recherche desquels il se lancera. Il arrivera ainsi à diagnostiquer une affection viscérale plus ou moins distante de ce point douloureux.

Croire qu'un archiviste peut trouver par le simple bon sens, sans connaître la pathologie, des symptômes significatifs dans des textes du xni'' siècle, équivaudrait à dire qu'il peut entrer ce matin à l'hôpital et distinguer sans études préalables les symptômes des maladies — ce qui ferait rire.

Or la recherche des symptômes dans un texte du xni® siècle est bien plus difficile que ne serait en paléographie l'identification d'une charte non datée ni signée du xin* siècle avec un acte moderne daté et signé et qu'on n'a qu'à prendre la peine de lire.

Pour mieux démontrer cette nécessité de la connaissance de la pathologie, — non seulement pour traduire médicalement les textes, mais pour les trouver^ — nous aurons à donner quelques exemples d'omissions et d'erreurs des historiens, provenant des difficultés que présentent ces recherches sans étude médicale préparatoire.

Quand je dis historiens^ je ne veux pas dire les grotesques (il serait trop facile de prêter aux bons les idées des grotesques, suivant la juste remarque de Monod sur Fustel de Coulanges, qui prêtait aux contemporains des idées que personne n'a plus depuis Montesquieu), mais les excellents. Je ne citerai donc, ainsi que je l'ai fait de préférence dans les trois Exemples du chapitre II, que les plus éminents des chartistes et les plus récents (il n'y a, dit Doudan, de véritable originalité que dans l'extrême érudition) et les meilleurs des dogmatiques. De même pour les médecins, dont j'aurai à signaler quelques erreurs provenant du défaut de méthode. Et j'ajoute que le fait d'avoir ignoré, pour les historiens la pathologie, — pour les médecins la critique historique, ne diminue en rien mon estime pour leurs travaux.

Ainsi, nous trouvons dans les comptes d'Isabeau de Bavière que la reine ordonne de mettre des balustrades au pont sur lequel elle doit passer. Ceci a été pour nous l'indice de l'existence de l'agoraphobie chez la reine *, et cette consta-

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