Rabier, Logique, p. 229 et note
3. Guyau, L'éducation et Vassolenient dans la culture intellectuelle {Revue Scientifique, 20 octobre 1889).
A. L'enseignenicnt des sciences auxiliaires de l'histoire du moyen âge (Bibl. Ec. des Chartes, 1888, p. 009).
INTRODUCTION. CXLV
méthode, — et se résume à dire qu'en dehors de leur spécialité la mélhocle scienlifiqiie leur est inutile.
De même le médecin qui défend au laïque d'ouvrir un manuel de médecine pour ne pas se reconnaître toutes les maladies qu'il lit, et qui lui-même, à l'annonce d'un livre sur l'artériosclérose, la retrouve chez tous ses clients le lendemain.
Déjà Littré reprochait aux historiens de croire trop souvent que leur science est seule à nécessiter l'emploi de cet instrument de précision qu'on nomme la méthode critique, et qu'en dehors de l'histoire Toutil grossier du « sens commun » suffit.
On a vu, dans les Exemples que j'ai donnés au chapitre II, les fautes que commettent les historiens lorsqu'ils entrent dans le domame de la pathologie. L'honneur du xix*" siècle est d'avoir fondé la critique des documents, mais pour la critique des faits, deux éléments restent insuffisants : Vinterprélation du fait et les conclusions psychologiques qui en dérivent.
L'application de ces deux éléments exige la connaissance préalable de la pathologie. Celle-ci est indispensable : il ne s'agit pas seulement de traduire médicalement les textes une fois découverts^ mais de se servir de la pathologie comme d'un instrument de précision pour leur découverte. Selon le mot de Renan, « ouvrir une nouvelle série d'aperçus historiques, c'est presque toujours créer une série de documents négligés jusque-là, ou montrer dans ceux qui étaient déjà connus, ce qu'on n'avait pas su y voir ' ».
Dire qu'un historien doit savoir la pathologie pour trouver les indices des maladies des personnages morts depuis trois cents ans, n'est que l'équivalent de cette vérité de la Palisse, que pour trouver sur un malade les signes pathologiques, il faut savoir la pathologie.
Une douleur dans la région claviculaire droite, isolée, persistante, chez un malade non rhumatisant, sera, par un laïque, attribuée neuf fois sur dix à une névralgie, tandis qu'elle éveillera chez un médecin l'idée de connexion avec