‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 79 sur 183 · CHAPITRE V CINQUIÈME GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE V CINQUIÈME GÉNÉRATION

§ l. Robert II (lit le Pieux, roi de France. — Né soit en 970 (Plister, Robert le Pieux, p. 1 et 229, note 6j, soit plus probablement (Lot, Mélanges Havet, p. 156) en 972. — -p 1031.

Section 1. — Anamnèse collatérale.

§ 1 . Deux sœurs :

A. Halhuide. Épouse (vers 996, Pfîster, Robert le Pieux, p. Lxv, — Lot, Derniers Carolingiens, p. 82) Rénier ITI comte (Je Hainaut. Sigebert de Gembloux [Chronogr. éd. Bethmann ann. 977 : « Raginerus quippe Hathuidem filiam Hugonis ^ostea régis, Lantbertus vero Gerbergam filiam Karoli ducis, ducere uxores ») a placé à tort le mariage antérieurement à Tavènement d'Hugues Capet. — Pas de renseignements biologiques.

B. Adèle — (que le chroniqueur contemporain Raoul Glaber a prise par erreur pour une fille du roi Robert : « Simililor Rainaldus comes civitatis Autisiodorensis qui filiam Roberti régis duxerat uxorem... » Ilistoriar. L. IV, cap. 9, éd. Prou p. 113) — épouse (postérieurement à 996, Kalckstein, Gesch. p. 469) Renaud comte de Nevers {Ilist. Comitum Nivernensium HF. X, 259; — Chron. Vezeliacense, ibid. 320). — Pas de renseignements biologiques.

Section 2. — État somatique, état psychique.

§ 1. Antécédents physiologiques :

A. Habitas extérieur. Helgaud Vita Régis Roberti PU HF. X, 99 : « Hujus igitur statura corporis eminens, caesaires admodum plana et bene ducta, oculi humiles, naresporrectae et patulae, os suave et dulce ad dandum sanctae pacis osculum, barba satis honesta, humeri ejus in altum porrecti. Corona, capitiimposita, decernebat eum avis et atavis stirpe processisse regia. » — Gerbert (/>e//res, édition Havet) men lionne également la « Rotberti clara faciès et laelus adspectus ».

B. Nutrition. Sur Fétat dystrophique de Robert, cf. le témoignage de Tévêque Adalbéron : « Quamvis mole gravis, tamen es eum robore levis » [Carmen ad Rotbertum regem Francorum v. 17. — HF. X, 65).

G. Motilité. Malformation anatomique des deux pieds (Quand le roi était à cheval, les doigts de ses pieds se réunissaient presque au talon. Helgaud Vita Roberti régis 1. c. 99 : « Sedens equo regio, mirabile dictu, pêne jungebant pedum digiti calcaneo, et hoc erat videntibus in saeculo pro miraculo »).

Sur ce genre d'anomalies, cf. Walsham, Deformities of the human Foot, London 1896, p. 540; — Weissenberg, Formes de la main et du pied chez V homme (Zeitschrift fiïr Ethnologie 1895, XXVII, n° 2); — Stew^art Norwell, Malformation héréditaire des pieds (British Médical Journal, 17 juillet 1894) ; — -Ottolenghi et Garrara, Le pied préhensile au point de vue de la médecine légale et de la psychiatrie (Acad. de Médecine de Turin, mars-avril 1892, — et Lacassagne, Arch. dAnthropol. crimin. 1892, p. 480).

Ghez ce roi obèse (mole gravis), voûté {humeri in altum porrecti), aux pieds présentant la particularité que nous avons signalée \ les fonctions motrices sont d'ailleurs parfaitement

1. Cette particularité du pied n'implique, de l'avis des médecins qui ont bien voulu me donner leur opinion, ni une maladie nerveuse, ni une déformation chirurgicale, mais seulement une extrême

ROBERT LE PIEUX. illi

normales. Los contemporains ont noté — la vigueur corporelle {es cum robore levis), — l'ardeur cynégétique (Fulbert de Chartres, Epistola LXXI, Anno 10-21, Clarissimo diici Aqiiiianorum Guillelmo : « Sed quia rex proximo rugitu, ut dicitur, venirc habet in silvam Legium, quae vicina est, ut scitis, monasterio sancti Benedicti, illuc ire disposui... ». — Raoul Glaber, éd. Prou, p. 58 : « ut die quadam rex in silva venatum iret...), — l'activité militaire (Richer, IV, 13 : [Robertum] tanta industria atque sollertia clarum ut etiam rébus militaribus praccelleret) de ce prince, alors que Thistoire traditionnelle a transformé Robert en un roi-moine uniquenaent occupé à chanter au lutrin.

D. Système nerveux. Pas de renseignements.

E. Fondions génésiques. Pas de renseignements. Son contemporain Adémar de Chabannes déclare Robert « non seulement roi de ses peuples mais de ses mœurs » fRex non tantum populorum sed etiam morum suorum. III, 32 . — Voy. au contraire sur les entraînements conjugaux du roi les remarques de Pfister, p. 47, ainsi que celles de Luchaire, Hist. des Institutions Capétiennes, II, 219, — et de Lex, Eudes comte de Btois, p. 21.

§ 2. Antécédents pathologiques. Maladie grave (antérieure à 976 : sur la date probable de Faffection, cf. Pfister, p. 1). — Toute symptomatologie fait défauts

souplesse des articulations. Noter d'ailleurs ce passage d'Adalbéron [Carmen ad Rothertum regem Fraiicoruin, HF. X, p. 65, vers 15-19) :

Forma super cunctos nobis speciosa videtur Debilis in nulla membroruni parte videris. Quamvis mole gravis, tamen es cum robore levis.

Les mots: Debilis in nulla niemhrorum parle, montrent que son pied n'était pas difforme.

1. Hclgaldi Viia Boherli régis, Il F, X, 105 : <( Qua^ autem lisnc ancilla Dei, mater prudentissinii Régis Rotherti, opéra bona fecerit, paucis adnotare lil)et. Ipse juvenis laborabat forti infirmitate corporis, de qua erat patri et matri in timoré periculum. Pro quo fecit in seniori Ecclesia Aurelianensis civitatis, quam sanctus Evurlius per Dei dexteram fundavit, et more Ecclesiastico benedixitin sancta' et vivificœ Crucis honore, imaginem Domini et Salvatoris noslri Jesu

En mars 1031 (cf. Raynal, Ilisl. du Berri, I, 378) — quatre mois avant la mort de Robert — dernier pèlerinage du roi au tombeau de saint iMaïeul (Helgaldi Vita Roberti, HF. X, 114: « Proficiscente eo quadam Ouadragesima ad Sanctos... adil, oral, honorât... Intrans fines Bituricum suscipit eum S. Prothomartyr Stephanus, cum S. Maiolo meritis praecipio... Ipsum jam revertentem ad propria sancto iterum reddit incolaniem Slephano glorioso cum quo terris laetum deducens diem Palmarum, properat Aurelianis »]. — Ce pèlerinage ne relève-t-il que d'un motif d'ordre général (religieux ou politique) ^ — ou a-t-il été accompli (comme celui d'Hugues Gapet au même sanctuaire ; cf. ci-dessus p. 168) dans une intention hagiothérapique déterminée ^auquel cas le pèlerinage deviendrait symptomatique d'un état morbide du roi) ? Nous l'ignorons.

§ 3. Mort. Consécutive à une maladie fébrile non définie (Helgaldi Vita Robevti Régis, HF. X, 116: « His vero aliisque refertus bonis virtutibus, sexagenarius, ut credimus, opperiebat mortem intrepidus. Et invalescente validae febris languore, petiit viaticum salutare. Sumpto eo, et parvo intervallo facto, ad Regem Regum et Dominum Dominorum demigrans, felix féliciter felicia promeruit régna »).

Sur la date de la mort de Robert (20 juillet 1031) cf. Pfister p. 81.

§ 4. État psychique. Si nous laissons de côté la caractéristique de l'œuvre politique de Robert (cf. sur ce point Pfister, p. .387, — Luchaire, /. c. I, 219, note 3) la psychologie de ce prince courtois, pusillanime (toutefois « plus charitable que doux », magis benefîcus quam blandus), n'offre à l'observateur qu'une matière plutôt « infertile et petite ».

Ghristi pendentis in cruce, ex auro puro, ut liberaretur à mortis periculo, quem Deus omnipotens jam apiid se decreverat regnaturum in mundo; nam et ejus virtute liberatus est. »

1. Ce pèlerinage final, accompli pendant le Carême de 1131, fais partie de toute une série de pèlerinages dont voici la liste : Rourget, Souvigny, Conques, Aurillac, Bourges et Orléans où le roi rentre pour Pâques. Il meurt ensuite à Melun le 20 juillet.

Notre connaissance de la formule psychique de Robert reste imprécise et ne dépasse guère le portrait si connu et d'ailleurs à demi légendaire (cf. Hirsch, Jahrbucher des deuisc/ien Reichs unler Ileinricli II, 1, 397) d'Helgaud de Fleury {Vita Roberti régis HF. X, 1)9 : « Nunquam injuria accepta ad ulciscendum ductus. Amabat simplicitatem ; communi se affatu et convivio et incessu praebcbat. Eloquentiae tantum incumbens, ut nullus laberetur dies, quin legeret Psalterium et exoraret cum sancto Davide Deum altissimum. Extitit mitis, gratus, civilis animi et lepidi, magis beneficus quam blandus, etc.. »).

Section 3. — Femme de Robert IL

Constance d'Arles. Née postérieurement à 982 (Pfister, Robert le Pieux, p. 63). — Mariée après 1001 et avant 1003 (Id. ib. p. 64, note 1) au roi de France Robert II. — f 1032.

L'étude des deux premières femmes du roi Robert le Pieux (l'Italienne Suzanne répudiée vers 990, — Berthe, comtesse de Blois, répudiée en 1001) ne relève pas de l'histoire héréditaire de la Maison de France.

Section 4. — Anamnèse héréditaire de Constance (Ascendance directe).

§ 1. Père. Guillaume P"" comte d Arles (cf. Lot, Derniers Carolingiens, p. 361-365). Pas de renseignements biologiques.

§ 2. Mère. Adélaïde surnommée Blanche. L'origine si contro- Tersée de la mère de Constance a été définitivement fixée par Pfister (p. 62) et Lot (p. 367) qui ont établi — contre Mabille [Introd. à la Chron. des Comtes d'Anjou, p. lxxvi) et K. Norgate (England under Ihe Angevin Kings, 1887, I, 190) — l'héré-

dite angevine malernelle delà reine de France : Adélaïde, fille du comte d'Anjou Foulques II le Bon (et par conséquent sœur du fameux comte Geofï'roi P'' Grisegonelle, le héros angevin des chansons de geste) épouse — en première noces Etienne comte de Gévaudan (*{* 961), — en secondes noces le jeune roi Louis V fds de Lothaire, — en troisièmes noces (vers 982, Pfisterp. 63) le comte d'Arles Guillaume P^

Les sources diplomatiques ont permis aux historiens de reconstituer la généalogie de Constance : elles n'apportent rien à l'anamnèse biologique de la maison d'Anjou. Nous sommes donc réduits, pour la recherche des antécédents héréditaires, aux seules sources narratives: — les unes [Chroniques des Églises d'Anjou) simples notices annalistiques précieuses par leur exactitude chronologique, sont stériles au point de vue pathologique; — les autres [Chroniques des Comtes d'Anjou, Gesta Consulum Andegavorum, VHistoria Andegavensis du faux Foulques le Réchin, etc..) toutes postérieures à l'an 1100 (cf. Monod, Rev. Hisl. XXVIII, 264) ne peuvent être utilisées qu'aACC la plus grande réserve (Mabille, Inlrod. aux Chron. des Comtes d'Anjou p. LXIV; et surtout Lot, Derniers Carolingiens p. xxi, et Romania XIX, 377 et suiv.).

Les anamnestiques d'Adélaïde s'établissent comme suit :

A. Anamnèse personnelle. Pas de renseignements.

B. Père. Foulque II dit le Ron ou le Pieux comte d'Anjou (1960, Kalckstein, Gesch. p. 304).

1. Antécédents phgsiologiques et pathologiques. Pas de renseignements.

2. Mort. Foulque II meurt subitement (à l'âge d'en^dron cinquante ans) dans la basilique de Saint-Martin de Tours :

Chronica de Gestis Consulum Andegavorum, éd. Marchegay, p. 75 : « Contigit quodam tempore in fcsto beati Martini hiemalis, cum de manu episcopi missam canentis corpus et sanguinem Christi susciperet, rediensquc in choro, levi tact us incommodo, inter manus clericorum sociorum suorum expi-

ravit; sepultusque est in eadem ecclosia juxla patrem suum'. »

Si Ton rapproche l'état physiologique normal du duc — (manifesté par Tincessante activité mihtaire de Foulque) — du tableau symptomatiquc de raffection terminale, le diagnostic par exclusion impliquera ici la probabilité du syndrome apoplexie, indice d'une lésion circonscrite (plus probablement hémorrhagique qu'ischémique). Pour le rapport de la maladie terminale de Foulque à l'hérédité de Constance cf. Cullerre, De la mort subite dans ses rapports avec riiérédité névropathique (Annales Médico-psychologiques, 1892, t. XV, p. 33).

3. Etat psyciiiqiie. Normal. Les jugements portés par les chroniqueurs sur le caractère de Foulque le Bon sont contradictoires et, comme nous l'avons dit ci-dessus, la critique moderne est impuissante à les contrôler : « Fulco Plus fuit pacifici, tranquilli et mitis ingenii », dit la laudative Chronique des Comtes d'Anjou (éd. Marchegay, p. 356). L'assertion opposée de l'incertaine Chronique de Saint-Brieuc sur la cruauté de Foulque (« ille cornes Fulco Andegavensis, vir diabolicus et maledictus » Chron. Brioc. d. Morice, Hist. de Bre-

1. Chronicoii Turonense magnum (éd. Salmon, p. 114) : a Anno Othonis xxi° et Lotharii régis Francorum ii°, Fulco Bonus cornes Andegavensis ad festum Beati Martini veniens, in portu de Cordum super fluvium Carum leprosum horribilem invenit, qui rauca voce singultuoso gemilu comiti supplicavit, ut eum in gremio suo per aquam transferret usque adecclesiam Beati Martini, quia tôt et tantis ulceribus plenus erat, quod nihil incommodi sustinere poterat. Quo audito, cornes eum leviter in gremium recipiens, aquam intrat; cum([ue in medio aquie esset leprosus, miserabiliter ingemiscens, ait supplicans, ut suggendo ore suo leniter removeret salivas quai de illius nari])us eftluebant. Quo benigniter adimpleto, leprosum usque ad 13eati Martini eccicsiam deportavit, et ex quo comes eum ad portam ecclesiai posuit, abco disparuit, et ultra vidcri non potuit. Nocte sequenti apparuit comiti Beatus Marlinus, dicens eum Jesum Christum sub leprosi specie portavisse, et ob hoc cœlorum gaudia meruisse. Cumque in crastinumin choro Beati Martini missam dominicam audisset, et de manu archiepiscopi accepta Eucharistia, in sede sua, quai nunc decani dicitur, resedisset, spiritum exhalavit anno comitatus xviii» et in ecclesia Beati Martini Turonensis sepultus est ; cui successit Gaufridus Grisa Tunica. »

tagne^ Preuves I, col. 30) ' vise évidemment Tassassinat commis par le comte d'Anjou (et Thibaut comte de Chartres) sur la personne du jeune Drogon, fils d'Alain Barbetorte. Cf. Lot, Derniers Carolingiens p. 347, et Merlet, Chron. de Nantes, Paris, 1896, p. 110, note.

C. Grand-père. Foulque T"" dit le Roux comte d'Anjou (f 938).

1. Pas d'autre renseignement biologique que celui de sa mort {Gesîa Consuliim Andegavoriim, p. 67 : u Fulco Rui'us senex et plenus dierum mortuus est in senectute bona, sepultusque in ecclesia Beati Martini »).

2. Pour la formule psychique de Foulque P'' (le vrai fondateur de la maison d'Anjou) cf. le portrait des Gesta Consiilum Andegavorum, p. 65 :

« Vastus animus istius immoderata et incredibilia nimis et alta saepe faciebat. Nam ipse audax, patiens erat inediae, algoris et vigiliae; sed tamen ardens in cupiditatibus, parum subdolus, varius cujuslibet rei Simulator ac dissimulator exstitit. Contra etiam istum pleraque nobilitas invidia aestuabat, et quasi pollui consulatum credebat si eum novus homo, quamvis esset egregius, adeptus totum foret. Sed licet diu disturbarent, ubi periculum Normannorura atque Britonum omnia turbantium advenit, invidia atque superbia postfuere : nam semper complures bonis invident, malos et inertes extollunt, nova optant, odio mutari plura turba atque seditionibus nituntur. Is vero, adepto tolo consulatu, quoscumque moribus idoneos credebat et bello usui fore notos noverat, hos omnes sibi alliciebat. »

Section 5. — Anamnèse héréditaire de Constance (Ascendance collatérale).

§ l. L'ascendance collatérale de Constance n'offre à étudier que son oncle maternel Geoffroi V' Grisegonelle, comte d'Anjou. A côté de ce premier rôle dans l'histoire biologique de la Maison de France, Geoffroi Grisegonelle en joue un

1. Cette chronique de Saint-Brieuc est une copie, duxiv*' siècle, de la Chronique de Nantes, éditée par Merlet (I^aris, 1896, in-8").

ROBERT LE PIEUX. d8l

second, plus direct encore (cf. p. 201), puisqu'il est doublement l'ancêtre de Saint Louis (le père et la mère de Louis IX étant, chacun de son coté, descendants en ligne directe de ce même comte d'Anjou;.

§ 2. Dans l'impossibilité oi^i est la clinique — tenue au respect de la classification physiologique — de scinder cette double anamnèse suivant les divisions artificielles de l'histoire politique (qui renvoie les anamnestiques personnels de Geoffroi Grisegonelle à Constance et ses anamnestiques héréditaires à Blanche de Castille et à saint Louis) — nous réunirons en un seul chapitre l'ascendance angevine de la Maison de France. Au début de cette étude (pour le détail de laquellele lecteurdevra se reporter au tableau ci-dessous p. 201) nous rappelons ce qui a été dit au paragraphe 2 p. 178 quant au degré d'autorité qu'il convient d'accorder aux sources narratives de l'histoire d'Anjou.

§ 3. Geoffroi P"" dit Grisegonelle — (« agnomen Grisa iiinica referens », Gesta consiilum Andegavorum, p. 76) — comte d'Anjou, gonfalonier du roi de France Lothaire (Lot, Derniers Carolingiens^ p. 101, 162, 172; — Boniania^ juillet 1890) — f 987.

A. Hérédité collatérale. Frère : Bouchard le Vénérable (Burcardus venerahilis cornes^ comte de Vendôme et de Paris, le conseiller et l'ami intime d'Hugues Capet) au dire de Mabillon [Ann. ordinis sancti Bénédictin IV, 57) suivi par dom Bouquet [Ilist. des Gaules, X, 350, n. 1), — Auguste Le Prévost [Orderic Vital, III, 154, n. 3), — d'Arbois de Jubainville [Ilist. des comtes de Champagne, I, 195). Sur la non-réalité de cette parenté cf. de la Roncière, Vie de Bouchard, Introd. p. V :

(( Cette théorie a été universellement admise jusqu'à nos jours. Malheureusement elle ne résiste pas à la criticjue : Vendôme faisait partie du pays cliartrain et non de l'Anjou. La filiation prétendue entre Foulques le Bon et Bouchard n'est constatée ni dans la, plus ancienne généalogie de la maison de Vendôme, ni par les généalogistes postérieurs des Ingelgériens, Foulques le Rechin et l'auteur des Gesta Consulum Andegavensium [\n^ s.]. Bien plus, elle doit être

rejetée par ce fait que la fille de Bouchard épousa un petit-fils de Foulques le Bon; les deux conjoints ne pouvaient être cousins germains ou même parents, sans quoi le mariage eût été empêché par l'Eglise. »

B. Antécédenis physiologiques. Pas de renseignements.

C. Mort. Consécutive à une maladie innommée : « Et postea fuit Gosfridus Grisa Gonella cum duce Ilugone in obsidione apud Marsonum ubi arripiiit eiiin infirmitas qiia exspiravit ; et corpus illius allatum est Turonum et sepultum in ecclesia Beati Maiiini » (Fragmentum Historiae Andegavensis auctore Fulcone Bichin comité Andegavorum d. Chron. des Comtes d'Anjou, éd. Marchegay, p. 376).

Sur la mort de Geoffroi Grisegonelle cf. Kalckstein Gesch. p. 392.

D. Etat psychique. Normal. Sur Fascendant et l'autorité ersonnelle prêtés à Geoffroi parles Gesta episcoporum Came-

racensium (I, c. 98) cf. les précises remarques de Lot, Derniers Carolingiens, p. 101, 105.

E. Femme de Geoffroi F'' dit Grisegonelle. Adèle, fdle d'Héribert II, comte de Vermandois, I de Troyes et de Meaux. Cf. Pfister, Robert le Pieux, p. 234, note, et Mabille, Introduction aux Chroniques des Confies d'Anjou, LXX.

§ 4. Foulque III dit Nerra f 1040.

A. Antécédents pathologiques. Grièvement blessé en 1016 au combat de Pontlevoy : « Ipse Fulco equo cadens graviter verberatur » [Gest. Consul um Andegavensium, p. 470).

Mort de maladie innommée. « Bis jam Jerosolymis perrexerat : tertio autem itinere in eundo peraclo... veniensque Mettensem urbem, levi tactus incommoditate, diem clausit extremum. »

B. Etat somatique. Pas d'autre renseignement que celui de la mort naturelle de Foulque (plus que septuagénaire) et consécutivement à une maladie non définie {Cliron. d'Anjou, t. c. A11\ — Chron. de Touraine, éd. Salmon, p. 120).

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