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térable fidélité au drapeau, par sa bravoure cent fois éprouvée sur les champs de bataille de Hlalie, de TEspagne, du Portugal, de la Sicile et de TAfrique.
Âpres que nos provinces eurent été livrées à rAutriche par Louis XIV qui acheta, par cette cession faite au détriment de son petit-fils, une paix qu'il n*avait su obtenir par ses armes, les Belges continuèrent les glorieuses traditions de leurs ancêtres; les répments nationaux belges, les dragons de Latour, qui portaient à leur étendard, brodé par fimpératrice Marie-Thérèse, le souvenir de h victoire de Kollin due à leur énergique intervention ; les chasseurs Le Loup, ces audacieux partisans qui prirent part à toutes les campagnes de TÂutriche contre la France républicaine, tous ces corps se montrèrent les dignes descendants des bandes d'ordonnance et des gardes wallones. Aussi le souvenir de leur valeur est-il resté autant honoré dans Farmée autrichienne que le souvenir des Wallons dans farmée espagnole : Tétendard des dragons de Windischgraetz porte encore aujourd'hui la médaille décernée, en 1791, à la fidélité et à le valeur, récompense glorieuse qui fut remise solennellement au régiment de Latour sur la place Royale de Bruxelles.
Indépendaitiment de ces corps, qui prirent une part honorable k toutes les campagnes de la guerre de Sept Ans et de la guerre avec la république française, la Belgique fournit encore un grand nombre de généraux d'un mérite reconnu : pour la première période, on peut citer le feld-maréchal duc d'Arenberg, le prince de Ligne, le feldmaréchal marquis de Westerloo, le général Vinchant de Gontrœul, le baron de Murray, le feld-maréchal comte de Valengen et beaucoup d'autres; pendant la seconde période, on voit Clairfayt, Beaulieu, Latour, Chasteleer, Van Hoobroeck d'Asper, occuper avec distinction pi'esque tous les commandements importants de l'armée autrichienne. D'ailleurs, si Ton consulte les contrôles de l'Ordre de Marie-Thérèse, on y trouve, à chaque page, deà Belges qui ont mérité cet ordre célèbre, décerné ensuite d'une décision capitulaire, et en parcourant les annuaires de farmée autrichienne pour la période qui comprend la moitié du xviii'' siècle, on constate qu'il y avait dans les cadres plus de vingt-cinq généraux belges, dont vingt étaient revêtus du grade éminent de feld-maréchal.
A partir de la tin du siècle dernier, lorsque la maison d*Autriche cessa de régner sur nos provinces, fhistoire militaire de la Bel- {(ique se trouve confondue avec fliistoire militaire de la Fitince et de l'Autriche.
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Tous les régiments nationaux belges restèrent au service de cette dernière puissance et conservèrent presque seuls le sentiment national , tandis que le sort de leur patrie flottait incertain pendant la révolution et sous la domination française. Ils prirent part à toutes les guerres que TAulriche soutint contre la France, tant en Belgique qu'en Allemagne et en Italie, depuis 1792 jusquen 180 1, et, pendant ces dix années, si remplies de faits militaires, ils ne démentirent pas un seul instant la glorieuse renommée qu'ils s'étaient acquise dans les mémorables combats de la guerre de Sept Ans.
Les Belges qui entrèrent dans l'armée française à l'époque de l'envahissement de notre pays par les troupes républicaines provenaient, à l'origine, des corps auxquels les événements du temps avaient donné naissance. La révolution brabançonne avait amené la création de nombreux corps d'infanterie et de cavalerie; il y eut à cette époque onze régiments d'infanterie, un par province, une légion belgique et une légion liégeoise connue sous le nom de Canaris; quatre corps de chasseurs, l'un composé d'hommes de toutes les provinces, les trois autres désignés sous le nom de chasseurs de Tongerloo, de chasseurs du Brabant et de Flandre, de chasseurs de Luxembourg. En fait de cavalerie, il y eut cinq régiments, un de Flandre, deux de Brabant, un de Hainaut, un de Tongerloo. Ces troupes improvisées avaient fait avec beaucoup de courage la campagne de 1790 aux Pays-Bas, mais elles n'étaient pas parvenues néanmoins à empêcher l'armée autrichienne de rentrer en Belgique et d'y rétablir l'autorité de l'empereur Léopold IL Lorsque cette restauration s'accomplit', les patriotes se dispersèrent et émigrèrent en grande partie dans les villes frontières de France. Ce furent eux surtout qui entrèrent plus tard dans la composition des corps francs que le comte de Bethune-Charost fit organiser, à l'instigation du comité révolutionnaire belge siégeant à Paris. Ces corps francs n'eurent en général qu'une existence éphémère; ils finirent par être incorporés dans l'armée française. En vertu d'un décret du 10 novembre 1793, on en forma cinq bataillons de chasseurs éclaireurs dont les chefs fuirent Jardon, Bouzier, La Hure, Colinet et Dupont. Ces bataillons entrèrent ensuite dans la composition des 28* et 30* demi-brigades de ligne et des 13% 14* et 15* demi-brigades légères.
Les corps de cavalerie furent également amalgamés avec les 17* et 18* régiments de chasseurs à cheval.
L'adjudant général Devaux, qui présida à lexccution de ces
{'M . DELGIULE POLITiUlE ET SOCIALE.
mesures, écrivait au ministre de la guerre : « Dans quelque endroit que Ton envoie les troupes belges, j'en ai la meilleure opinion ; ce sont d'excellents soldats et propres pour un coup de main. Il y a parmi eux des officiers hardis au tëu et qui ont reçu jusqu'à dix-sept blessures. »
C'est dans ces corps que tirent leui's premières armes nos compatriotes qui occupent une place si honorable dans les fastes militaires de la France : Boussard, du Monceau, Evers, Jardon, La Hure, Le Doyen, Osten, Prévost, Ransonnet, Van Merlen, Olivier, etc. Rappelons encore que les Belges eurent une grande part au succès de la journée de Valmy. Ce sont des Belges qui, à la bataille de Jemmapes , enlevèrent aux Autrichiens les fameuses positions de Quaregnon; ce sont des Belges qui, sous du Monceau, s'emparèrent des lignes de Breda ; ce sont encore des Belges qui, sous La Hure, s'emparèrent de la flotte hollandaise engagée dans les glaces da Texel; ce sont enfin des Belges, le 20* dragons, qui en Egypte se couvrirent de gloire.
Sous l'empire, leurs actions d'éclat sont innombrables. En Allemagne, en Espagne, en Italie, en Russie et même aux Antilles, les régiments belges soutinrent toujours l'éclat de leurs noms. Citoos encore quelques faits d'armes. En 1805, lelOS*; formant brigade avec le 13*" de ligne sous le général Heudelet, déploie la plus giunde intrépidité contre le corps de Meerfeld. Trois drapeaux, seize canoos, 4,000 prisonniers sont le prix d'un exploit que proclame le Bulletin officieL A Austerlilz, le même régiment, où les Belges se trouvaient en majorité, se distingua à l'attaque de Sokolnitz. La bataille d'Auerstadt, en 1806, le voit encore combattre sous les ordres du général Davoust : là, en arrivant sur le champ de bataille, le 108*' enlève au pas de course une batterie de huit pièces et chasse l'ennemi du village de Spilberg. Plus tard, poussé par le courageux colonel Higonet, qui fut tué dans cette affaire, il tourne la position de l'ennemi, s'empare de Popel et des canons qui le défendent. A cette même bataille assistait le brave 21*^ de ligne, qui reçoit le choc de toute Tannée prussienne et ne tire sur la cavalerie qu'à bout portant. Après ce premier succès, le 21* de ligne défend le village de Hassenhausen, résistance héroïque qui eut sur l'issue de la journée une importance immense. A quatre heures, le même jour, quatre cents hommes des 12* et 21'* de ligne prennent vingt-quatre pièces de canon à la baïonnette.
En 18 H, en Espagne, ces corps emportent Oliven^a de vive
HISTOIRE MILITAIRE ET ETAT MILITAIRE. (îsn
force; en 1812, au combat de Valontina, ils s'engagent avec un toi acharnement, que les Russes étonnés croient avoir affaire à la garde même de Napoléon.
Dans cette campagne de Russie, un autre régiment levé en Relgique, à Bruxelles, se couvrit de gloire : c'est le 112% qui déjà précédemment s'était distingué en Italie et à Wagram.
L'Espagne a vu les exploits de trois autres régiments que la Belgique peut revendiquer comme siens : les 7* et 82'' de ligne et le 27*" chasseurs à cheval commandé par le duc d'Arenberg.
Voici du reste comment s'exprimait il y a quelques années un général français, l'un des glorieux débris de l'armée impériale, en s'adressant à nos soldats : « Il y a trente et quelques années, je combattais déjà dans la Haute-Egypte avec le 20** dragons, presque entièrement composé de vos compatriotes. Ce régiment avait la réputation justement méritée d'être l'un des meilleurs dans une armée qui n'en comptait pas de mauvais. Depuis lors, j'ai vu des Belges sur tous les champs de bataille où la France a porté ses armes, et partout ils ont soutenu leur réputation. »
La paix qui succéda aux guerres de l'empire ne permit pas aux troupes du royaume des Pays-Bas de se distinguer après la bataille de Waterloo, où leur conduite fut des plus honorables. Beaucoup de militaires belges trouvèrent néanmoins l'occasion de déployer leur valeur dans les colonies hollandaises, où ils. prirent une belle part aux combats qui amenèrent la soumission des princes indigènes. Ce fut un Belge, le colonel de la Fontaine qui déjà s'était distingué dans les armées impériales, qui obtint la soumission du sultan de Palembang; un autre officier belge, le lieutenant-colonel de Bast, se distingua dans l'expédition de Célèbes ; enfin , une foule d'officiers de moindre grade occupent une place honorable dans l'histoire militaire de la Hollande dans les possessions d'outre-mer. On peut citer, entre beaucoup d'autres, les noms de Joubert, La Hure, Delescaille, Van Casteel, etc., etc.
Depuis qu'elle a conquis son indépendance, en 1830, la Belgique ressent les bienfaits de la paix. Elle jouit avec confiance des richesses inouïes que le commerce et l'industrie lui procurent. Elle ne semble rien appréhender pour l'avenir, et, comme le font trop souvent les personnes habituées à une longue prospérité, elle néglige peut-être les mesures de prudence qui seraient la garantie d'un bonheur durable.
Quoi qu'il en soit, on aurait tort de conclure de cette disposition