ACTE PREMIER
LA TRÉMOÏLLE, de haut.
Je suis le marquis de la Trémoïlle. Et là, Bien que prisonnier, sans défense, Je ne permets point qu'on m'offense...
Cela dit, s'assied-on chez vous ?
LES OFFICIERS, entre eux, avec respect, se montrant le marquis.
L'ami du roi Charles de France!
MIGUEL, à la Trémoïlle, lui désignant un escabeau près de Rysoor.
Là! monsieur le marquis.
LA TREMOÏLLE se dirige vers Rysoor. Les deux personnaL;-os se saluent. Rysoor avance le siège. La Trémoïlle, refusant avec courtoisie :
Monsieur!
RYSOOR, insistant.
Je suis chez moi.
Monsieur, étant Flamand!
LA TRÉMOÏLLE, saluant de nouveau.
Et gentilhomme.
RYSOOR.
Le comte de Rysoor.
(Us se saluent encore et s'asseyent.) LA TREMOÏLLE, après un temps, au comte.
Pardon; quel est ce lieu ?
Où sommes-nous ici ?
La Boucherie.
RYSOOR.
Sur la place qu'on nomme
LA TRÉMOÏLLE, avec ironie.
Ah ! bien trouvé !
(Détonations lointaines. Regardant le comte.)
Des coups de feu !
RYSOOR.
Oui, là-bas, on fusille en masse, Nos frères, nos amis... des hérétiques !
(Il se découvre.) LA TRÉMOÏLLE.
Ah!
Vous êtes calviniste ?
RYSOOR.
Oui, monsieur.
LA TRÉMOÏLLE
Touchez là!
Je suis des vôtres.
(Se découvrant à son tour.)
Dieu les reçoive en sa grâce !
RYSOOR, après un temps.
Hélas ! Qui vous amène en Flandre en ce moment?
LA TRÉMOÏLLE, légèrement.
Mais un voyage... d'agrément.