‹ Patrie, opéra en cinq actes et six tableauxChapitre 18 sur 76 · LES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

LES PRISONNIERS

Dieu, sauve-nous de leur sanglante rage !

LES SOLDATS, durement.

Debout !

RYSOOR.

Ah ! c'en est trop ! c'est trop de lâcheté ! Il faut venger ceux que cet homuie outrage, Et lui cracher sa honte en plein visage, Pour la justice et pour la vérité !

LA TRÉMOÏLLE, à Rysoor.

Apaisez-vous ! Un regard irrité Peut redoubler cette sanglante rage.

Laissez le soin de venger cet outrage Au Dieu vivant par ce lâche insulté.

KARLOO, regardant Rysoor avec inquiétude.

Il se trahit ! Son regard irrité Va redoubler cette sanglante rage !

Seigneur, rendez le calme à son cœur agité, Domptez son imprudent courage!

SOLDATS et PRISONNIERS, dans la confusion du mouvement.

A mort! Pitié!... Pas de grâce! Arrêtez !

(Soudain, musique douce qui coupe court à ce bruit. Grand éclat de lumière au fond.)

NOIRCARMES.

Qui vient donc? Écoutez?

DES VOIXj en même temps que Noircarmes.

C'est la fille du duc! c'est dona Rafaël e!

(Noircarmes s'interpose entre les soldats et les prisonniers.) NOIRCARMES.

Elle! silence, tous!

(Aux soldats, vivement avec trouble.)

Rien! plus rien devant elle!

Le duc d'Albe Tordonne : elle ne doit rien voir.

(Pendant ce qui précède, les pages de l'escorte de Rafaële ont paru au fond, portant des torches et précédant la litière de la fille du duc. Les soldats se sont écartés sur le passage des pages. La litière est entourée d'une brillante escorte. Noircarmes se découvre. Geste imité par tous. l\ se porte au-devant de Rafaële.)

Page 1