ACTE PREMIER
NOIRCARMES.
Ah! VOUS ici, madame, Lorsque le duc vous croit au couvent !
RAFAËLE.
S'il me blâme Je saurai m'excuser.
N OIRCARMES.
Souffrante encor?
RAFAËLE.
Ce soir Je me sens mieux. D'ailleurs, je veux... je veux savoir... Du couvent, j'entendais des coups de feu...
NOIRCARMES, vivement.
Madame, C'est... pour le carnaval.
RAFAËLE.
Je voyais une flamme . ..
NOIRCARMES.
Des feux de joie !
RAFAËLE.
Et puis il montait des clameurs!
NOIRCARMES.
Des cris de fête.
(Appuyant.)
On va danser, cette nuit même, Chez le duc !
RÀ.FAËLE.
Une fête! Et mon père qui m'aime, M'oubliait!... J'ai bien fait de venir. Mais ces pleurs! Ces visages pâlis! Ces enfants et ces femmes, Quelle terreur est dans leurs âmes?
NOIRGARMES.
Des gens qui n'ont pas lu les édits.
RAFAËLE.
Quoi, vraiment!
Et vous les punissez?
LA TRÉMOILLE
Oh ! trop sévèrement.
RAFAËLE.
Même légèrement, je défends qu'on punisse! Bonnes gens, rassurez-vous.
Ici, je réponds pour tous.
Les hommes ont, dans leur justice, Des devoirs bien cruels parfois!
Mais ils aiment qiie l'espérance, L'oubli, le pardon, la clémence Parlent à tous, par notre voix.
Je veux voir partout où je passe
Des visages riants, des cœurs épanouis!
Allez, comme je vous le dis.
Par moi, mon père vous fait grâce.
Vous êtes libres tous!
Allez ! Et priez Dieu pour nous !