‹ Patrie, opéra en cinq actes et six tableauxChapitre 20 sur 76 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LES SOLDATSj avec des murmures menaçants ,

Libres !

NOIRCARMES se précipite vers eux.

(A ce moment l'angelus commence à sonner. Impérieusement aux soldats, en se découvrant.)

L'Angelus!... Ave Maria!

LES SOLDAT Sj domptés par le regard de Noircarmcs, s'agenouillant.

Ave, Maria, Gralia plena !

(Ils clianlenL la prière.)

LES HOMMES, LES FEMMES, LES ENFANTS, pendant l'Ave Maria qu'on cliante entièrement.

Seigneur, exaucez nos prières!

Bénissez Tange pur et doux Qui vient consoler nos misères; 0 Dieu sauveur, écoutez-nous.

En songeant au mal qui l'oppresse, La tristesse est dans tous les cœurs ; Ayez pitié de sa jeunesse Comme elle eut pitié de nos pleurs.

RAFAËLE.

Seigneur, entendez la prière De ces cœurs résignés et doux.

Prenez en pitié leur misère Epargnez-leur de nouveaux coups.

Conjurez les périls sans nombre Que je sens grandir autour d'eux,

x\près les jours de deuil et d'ombre, Gardez-leur des jours radieux!

La cloche cesse de tiater. Tout le monde se relève. Rafaële fait un signe. On avance sa litière. Elle salue La Trcmoïlle, et s'éloigne suivie de tous les prisonniers qui niarclient entre les deux haies de pages porleurs de torches, protégés ainsi contre la colère des soldats. Noircarmes s'incline très bas sur le passage de Rafaële.)

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