SCÈNE II
ALBE, RAFAËLE, Femmes de Rafaële.
ALBE, laprenant dans ses bras avec sollicitude. — Modification soudaine de la physionomie du personnage.
Rafaële!...
Quoi! déjà de retour? Qu'as- tu?... Cette pâleur!...
RAFAËLEj s'efForçant de sourire.
Ce n'est rien! c'est fini! — L'émotion... la peur...
ALBEj interrogeant d'un regard terrible les femmes de Raphaële.
La peur?... Ah! vous! Parlez! Qu'a-t-elle?
RAFAËLE.
Aubal... tous ces Flamands se détournant de moi!...
(Pendant ce temps sortent les femmes,) ALBE.
Un tel outrage! A toi?
Ah! lâches!... misérables...
RAFAËLE.
Tant de haine!... Pourquoi?...
Ah! de quel crime enfin sommes-nous donc coupables?... Et quel avenir nous attend !
ALBEj avec une sorte de rage.
T'insulter, toi, toi, mon enfant!...
Tout leur sang me paira cette mortelle injure^
RAFAËLEj comme brisée.
Mon père! je vous en conjure, Pitié pour eux! Toujours ces aveugles fureurs! Hélas! toujours la violence!
Ah! c'est de cela que je meurs.
(Elle tombe dans un fauteuil.) ALBEj doucement.
Eh bien, non! calme-toi !...
(S'agenoulUant pour lui parler.)
Non, rien ! plus de vengeance !
0 douce enfant, mon amour, mon orgueil! Commande, sois heureuse et souris à la vie !
Épargne-moi, je t'en supplie, Ce cri de désespoir qui met mon cœur en deuil!
(Noircarmes paraît discrètement. Le duc se lève.)