‹ Patrie, opéra en cinq actes et six tableauxChapitre 63 sur 76 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

0 Justicier, qui t'arrête encore?

Frappe, je t'attends! Je suis un traître, un misérable!

RYSOOR.

Infâme, qui crois m'attendrir !

KARLOO.

N'hésite plus! Je veux mourir!

Frappe enfin! — Sois-moi secourable!

(Il se jetle aux pieds de Rysoor.) RYSOOR, laissant retomber son épée et le regardant avec douleur.

Ah! malheureux que j'aimais tant!

Voilà ce qu'il a fait pourtant... !

Dieu! n'était-ce donc pas assez de cette femme Pour me déchirer l'âme!...

Toi que j'ai chéri comme un fils.

C'est toi... c'est toi qui me trahis!... Ah ! quel poison te vint de cette créature Pour transformer ainsi ta loyale nature !... Hélas! enfin, dis-moi quel mal t'avais-je fait. Pour mériter cette effroyable peine?...

KARLOO.

Ah! parler ainsi, quand mon âme est pleine De la honte de mon forfait!

C'est horrible ! c'est trop qu'une telle torture ! La mort!

RYSOOR.

Que m'iinporto'^ta moil?

Fcrmera-t-elie ma blessure?

^ves de ,a Vide de Bruxelles ^wchtef van de Staw Rr..«.^i

KAKLOO.

Eh bien, décide de mon sort!

RYSOOR.

J'ai niieux à faire ici que venger mon injure.

Ouij ton sang m'appartient; Mais, puis-je l'exiger, et, punissant l'outrage, Ravir à la patrie un bras comme le tien? Non, je ne dois pas plus lui voler ton courage Que tu ne devais, toi, me voler mon bonheur! Relève-toi. Prends cette épée, et sois vainqueur!

•Va! la Flandre t'appelle;

A ton devoir fidèle

Marche! marche au combat Et si tu dois mourir, du moins meurs en soldat!

KARLOO, dont les traits s'illuiiiincnt.

Ah! tu pardonnerais?...

RYSOOR.

Venge-moi de toi-même :

Tu m'as pris mon honneur, rends-nous la liberté!

KARLOO.

Rédemption promise! Espérance suprême!

Ah ! par ma mort enfin que je sois racheté !

RYSOOR.

Va, vis, si Dieu le veut! Mais avant toute chose Triomphe!...

KARLOO, à l'épée qu'il a saisie.

Ah 1 viens donc, toi, viens! gagne-moi ma

[cause

Page 1