‹ Patrie, opéra en cinq actes et six tableauxChapitre 71 sur 76 · ENSEMBLE FINAL · texte numérisé non relu

ENSEMBLE FINAL

ALBE, à Rafaële lui montrant Karloo.

Il vivra ! je ne puis t'accorder que sa vie Chère et coupable enfant, j'ai subi ton pouvoir ! Rien de plus maintenant! Leur sanglante folie Impitoyablement m'a dic!é mon devoir ! y

RAFAËLE.

Hélas ! J'ai mis mon cœur dans un cri de détresse ! 0 mon père, ô mon Dieu, pardonnez ma faiblesse. Dans un cloître j'irai, soumise à votre loi. En ma pensée, au moins, j'aurai cette allégresse, Morte pour lui, qu'il va vivre par moi !

86 PATRTE!

LES ESPAGNOLS, NOIRCARMES, etc., autour du duc.

C'est faire tort au ciel qu'épargner un coupable ! Ame trop faible, il cède aux larmes d'un enfant. Point de grâce pour eux ! Justice inexorable ! Oui, sans merci, frappez au nom du Dieu vivant!

LES CONJURÉS, regardant et désignant Karloo.

Il vivra! nous mourrons ! Ne cherchons plus le traître :

Il était parmi nous. Ne le voyez-vous pas?

Il vivra! Le sauver, c'est le faire connaître.

Ah ! sois confondu, lâche, et sois maudit, Judas !

VOIX, dans le peuple, autour des conjurés, voix de femmes dans la masse.

Il vivra ! vous mourrez ! Ne cherchez plus le traître :

Il était parmi vous! Ne le voyez-vous pas?

Lui faire grâce, c'est vous le faire connaître.

Ah ! sois confondu, lâche, et sois maudit, Judas !

KARLOO, à Rysoor, amèrement.

Qu'ils m'appellent Judas et me proclament lâche! Je n'entends que l'arrêt que ta voix m'a dicté. Je vivrai seulement pour accomplir ma tâche. J'imposerai silence à mon cœur révolté!

RYSOOR.

Tu vivras. Tout est dit. Mon âme endolorie. Oublîra dans la mort les misères du jour. Je te pardonne. Adieu ! que la seule Patrie Ait tout ton dévoûment, comme tout ton amour !

(Karloo s'éloigne sur un ordre du duc. — Mouvement d'indignation des conjurés sur son passage. — Tableau.)

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