‹ patrie!Chapitre 34 sur 116 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Rysoonr (la regardant avec attention). Dolorès…. il s’est passé dans cette maison, pendant mon absence, un fait... Avez-vous entendu dire qu’un homme ait été vu, cette nuit, sortant de votre appartement?

Doors (vivement). De chez moi?

Rysoor. Oui!

Doors (de même). C’est faux!

Rysoor. Non! le fait n’est pas douteux!-—Et il ne s’agit plus, pour votre honneur et pour le mien, que de savoir comment cet homme était là?

Dozorès. Eh! que sais-je?.….

Rysoor. Cherchons ensemble!

DozcorÈs. Quelqu’une de mes femmes peut-être...

Rysoor. Et comment, parlant à une servante, cet homme lui aurait-il crié: «Ce n’est rien... rentrez chez vous. Madame!» (Mouvement de Dolorès.) Car Madame a été dit!

Dozorès (terrifiée). C'est faux!

Rysoor. Dit et entendu?

Doors (s’oubliant). Jamais! cet Espagnol en a menti!

Rysoor (éclatant). Et d’où savez-vous que c’est un

Espagnol?

DoLorès (saisie). Ah!

Rysoor (hors de lui). C’est donc vrai? misérable femme! votre amant?

Dororès. Monsieur!

Rysoor. Osez dire que non! votre amant?

Doors (résolument). Oui!

Rysoor. Ah!

DocorÈs. Ah! vous me forcez à le dire, Monsieur, je le dis!

Rysoor. Et sans remords, créature déloyale et fausse!

… et sans effroi!... et sans honte! Vous n’avez même pas la pudeur de vous en défendre?

Dozorès. Dites que je n’en ai pas l’indignité, Monsieur, et ne me reprochez pas la seule probité qui me reste. celle de l’aveu!.. Oui, c’est vrai. je suis coupable. Et sans excuse pour vous, je le sais; ce qui vous permet d’être sans pitié pour moi!—Tuez-moi donc! vous

en avez le droit, et j'y suis prête! Non, je ne me sauverai pas par de nouveaux mensonges. Non! je suis à bout de fausseté et d’hypocrisiel.. Dieu soit

loué! vous savez tout maintenant... tuez-moi, écrasezmoi, et finissons!

Rysoor (confondu). Et c’est vous qui me parlez de la sorte! vous!

Dozorès. Ah! Monsieur, c’est que vous ne savez pas où j'en suis! Je vous jure qu’il vient une heure où la mort elle-même est une délivrance. Enfin! enfin! … je ne serai plus forcée de masquer mes ennuis d’un éternel sourire. de me prêter à vos effusions qui me révoltent... et de vous grimacer l’amour, où je n’ai que de la haine!

Rysoor. De la haine!

DoLorÈs. Ahl.. c’est encore une de mes joies, tenez, de pouvoir vous le dire!

(Elle tombe assise sur le siège à droite.)

Rysoor. De la haine pour moi? Ah! indigne, ingrate et lâche que vous êtes! Il vous était donc bien à charge, cet amour, qui vous a dit, à vous, orpheline et pauvre: (Voici ma fortune... mon rang... mon nom! prenez. c’est à vous!» J’ai donc été bien coupable le jour où dans la ruelle la plus obscure du plus affreux quartier de cette ville, je vous arrachai à ce toit misérable, à ce foyer sans feu, à cette table sans pain, à ce

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