‹ patrie!Chapitre 44 sur 116 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le puc D’ALBE, VarGas, DeLrio, MAÎTRE CHARLES,

LA TRÉMoOÏLLE

LA TrRÉMoïLLe (ol se lève, son livre à la main, et descend

vers la gauche). Délicieux intérieur! (A Vargas, à mivoix.) Dites-moi, Messieurs!

VArGAs. Monsieur le Marquis.

La Trémoïzze. Est-ce que monsieur le Duc est tous les soirs d’une humeur aussi folâtre?

Dezrio (bas). Non, monsieur le Marquis, c’est la santé de doña Rafaële qui le rend soucieux à ce point.

Varcas (de même). Dofña Rafaële a dû quitter la table tout à l’heure, après un accès de toux effroyable; et son médecin, maître Alberti, vient de s’entretenir avec Son Excellence, très gravement, je suppose.

LA TréMoïzze. Pauvre enfant!

Dezrio. Il serait question de faire partir la señora pour l’Espagne. Maître Alberti prétend que ce climat des Flandres la tue; qu’il lui faut le ciel bleu et la vie tiède et parfumée de l’Andalousie; et que, dans ce pays humide, elle n’ira pas jusqu'aux premiers soleils d'avril.

VarGAS. Terrible déchirement que cette séparation pour monsieur le Duc, qui n’aime rien tant au monde que cette enfant-là!

Derrio. Ce n’est pas non plus la place d’une jeune fille que cette ville de guerre.

(Un huissier entre sur la pointe du pied, et parle bas à Delrio et à Vargas, tandis que la Trémoille va s'asseoir dans le fauteuil à droite continuant sa lecture.)

DeLrio (se lève doucement, traverse la scène et dit au Duc à demi-voix). Monseigneur, le courrier d’Espagne est là.

ALBE, Ah! des nouvelles du Roi! Qu'il entre.

(Le courrier entre doucement comme l'huissier, s'incline profondément et tire d'un petit sac de cuir les dépêches, qu’il dépose dans un plateau d'argent sur la table.) Vous avez fait diligence, Perez!

Le Courrier. Quinze jours seulement, Monseigneur, par ces neiges! Et encore faut-il éviter toutes ces bandes de rebelles qui tiennent partout la campagne.

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