‹ patrie!Chapitre 45 sur 116 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ALBE. Allez vous reposer. Vous repartirez demain. (Le courrier sort avec l'huissier. Albe ouvre le paquet.) Une lettre pour vous, Vargas, de la propre main de Sa Majesté.

VARGAS (allant au Duc et prenant la lettre respectueusement). Le Roi est trop bon.

ALBE. Et une pour vous également, Delrio.

DELrio (même jeu, baisant le cachet avec componction). Que Dieu garde le Roi!

(Vargas descend vers la table où il prend des ciseaux avec lesquels il coupe la soie du cachet et il lit la lettre à l’avant-scène, tandis que Delrio va au guéridon du fond, et y décachette sa lettre de la même façon que Vargas.)

VARGAS (lisant tout bas). (Seigneur Vargas, vos rapports me sont fort précieux: continuez à me tenir secrètement au courant de tout ce que vous savez de monsieur le Duc, et brûlez cette lettre avec soin-—Dieu avec vous! Puicippe...—Je me méfie beaucoup de Delrio. Surveillez-le!...»

(Il gagne la gauche tout en lisant et revient à sa place en tournant la table.)

Dezrio (descendant au milieu de la scène, en lisant). «Seigneur Delrio, merci de vos bons renseignements. Continuez à me mander secrètement tout ce que vous

savez de monsieur le Duc, et brûlez cette lettre Dieu :

avec vous! Puizrppe.—Je me méfie singulièrement de Vargas. Ne le perdez pas de vue.»

(Même jeu que Vargas pour regagner sa place.) VarGAs (le saluant avant de s'asseoir). Mes compliments!

Dezrto (de même). Les miens!

ALBE. Messieurs, voici un post-scriptum du Roi qui est pour tous. (Monsieur mon fils, don Carlos, est mort subitement dans la nuit de Noël!»

VarGAs ET DELRIO. L’infant?….

ALBE (continuant). (…. J'avais oublié de vous le mander...»

LA TréMoïLLE (à part, toujours à sa lecture). Depuis trois mois. Excellent père!

ALBE (continuant). (... Ce malheureux fils m’a causé tant de tourments, que je ne sais vraiment si nous devons nous affliger de sa fin, ou nous en réjouir!» Messieurs, nous nous associerons à la douleur du Roi en prenant tous le deuil.

Dezrio. Certes, Monseigneur!.….

(Il se rassied ainsi que Vargas.)

La TRÉMoïLLE (à lui-même). Avec plaisir.

Age. Ah! vous êtes toujours là, monsieur le Marquis?

La Trémoïzze. Votre Excellence m’ayant donné son palais pour prison, en attendant qu’il lui plaise de me congédier, je lis, pour me distraire, les campagnes de l’empereur Charles-Quint.

ALBE (railleur). Un grand monarque, monsieur le Marquis Vos Français en savent quelque chose...

LA TRÉMOÏLLE. Un grand mangeur surtout, monsieur le Duc. J’ai eu l’honneur de dîner avec Sa Majesté au couvent de Saint-Just, et je suis encore épouvanté de tout ce qu’elle a englouti devant moi. Tudieu! un appétit!

ALBE. Impérieux!.….

La TréMoïzLe. Impérial!

ÂAzBe. Les grands rois sont grands en toute chose.

La TRéMoïzce. Ahl!le roi Philippe n’a pas la capacité de monsieur son père...

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