ACTE QUATRIÈME
RiNcon. Hélas! monsieur le Comte! il y a cette chambre là-bas! qui est celle de la question!
Rysoor. La torture! Ah! oui... j'oubliais! C’est le duc d’Albe.
Rincon. Et, si j’en crois ce que l’on dit, Monsieur, armez-vous de tout votre courage!
Rysoor. On espère donc que je parlerai?
RiNcon. Onenest sûr.
Rysoor (après un temps). Dieu sait que ce n’est pas la souffrance que je redoute! nous nous connaissons trop bien, elle et moi! Mais qui peut répondre que son corps ne sera pas plus lâche que son âme... et que les tourments ne lui arracheront pas un cri... un aveu... un nom? Ah! Monsieur, la pensée que la douleur peut faire de moi un dénenciateur!.. un traître! La voilà, la vraie torture!
Rixcon (à demi-voix). Et vous aimeriez mieux, n’estce pas, de votre propre main...?
Rysoor (de même). Ah! Dieu! si j'en avais le moyen!
RiNcon (de même). Eh bien, que Votre Seigneurie ne pousse pas un cri... ne fasse pas un geste... on nous regarde! M. le marquis de la Trémoiïlle a prévu le cas!
Rysoonr (avec espoir). Ah!
Rincon. C’est moi qui vous conduirai à la question! … Et dans le couloir. qui est un peu sombre... ouvrez seulement la main de mon côté!
Rysoor (vivement, lui serrant la main à la dérobée). Oui! oui! Ah! Capitaine, merci! merci pour vous et pour lui!
Rincon (haut). Si Votre Honneur désire, auparavant, l’assistance d’un prêtre!
Rysoor. Non! Capitaine! non!—Dieu me suffit!
120 PATRIEI!